Nicolas Masse-Savard s'est illustré dans le coin des Îles Caïmans.

Natation: Masse-Savard refait surface

Nicolas Masse-Savard ignorait comment il allait se débrouiller à ses premières courses de la saison non loin des côtes des Îles Caïmans. Une mononucléose l'avait cloué au lit pendant le premier mois du printemps.
Finalement, le nageur d'Aylmer a transformé un point d'interrogation en un point d'exclamation. Il a remporté une médaille pour une quatrième journée de suite, lundi, aux championnats d'eau libre panaméricains.
Cette fois-ci, ce fut le bronze à l'épreuve de 10 km. Deux adversaires américains ont été plus vite que lui. « Un d'eux a touché la plaque quelques dixièmes de seconde avant moi au finish... C'était vraiment serré », a relaté Masse-Savard au bout du fil.
La veille, l'athlète âgé de 22 ans avait vécu l'inverse. Il avait doublé un nageur péruvien par seulement deux secondes à l'épreuve de 5 km.
« Deux secondes dans une course qui dure une heure, c'est peu », a-t-il rappelé.
Vendredi, Masse-Savard faisait partie du quatuor canadien qui a empoché l'argent au relais 5000 m. Le lendemain, il a terminé troisième du Flowers One Mile Sea Swim. « La plus grosse course du week-end avec plus de 1100 participants. Ça se passait sur un mile », a raconté l'étudiant-athlète de l'Université de Montréal. « J'ai eu beaucoup de plaisir ici. J'ai pu essayer plusieurs tactiques. »
Il reste que la fin de semaine aura été tout, sauf reposante dans les Caraïbes. Elle a commencé avec des conditions difficiles. Qui dit vent, dit grosses vagues. « C'était dur sur les bras. Mais aujourd'hui, c'était calme en mer », a-t-il souligné.
Nager dans les eaux chaudes et salées n'a plus rien de nouveau pour lui. Sa feuille de route regorge d'arrêts au Mexique, en Guadeloupe et en Floride.
Puis il y a les climats plus nordiques. Tiens, ces courses aux Îles Caïmans servent à le préparer en vue de la Coupe du monde au lac Saint-Jean en juillet. Une course disputée sur cinq kilomètres que Masse-Savard connaît bien. Il a terminé second en 2013 puis troisième en 2015.
L'an dernier, l'événement servait de sélections en vue des championnats du monde. Trois laissez-passer étaient à l'enjeu. « J'ai raté tout juste d'obtenir ma place dans l'équipe. J'ai terminé quatrième. J'ai eu des crampes à un certain moment pendant la course. J'ai perdu le peloton. Quand j'ai réussi finalement à le rattraper, je n'avais plus d'énergie pour me battre vers la fin. »
Un dénouement qui l'a déçu. Mais Nicolas Masse-Savard se console. Il était le plus jeune à cogner si fort à la porte de l'équipe nationale.
Ce n'est que partie remise pour lui dans cette discipline où les athlètes atteignent leur apogée à la fin de la vingtaine.
Plusieurs affectations internationales se trouvent dans sa mire d'ici les trois prochaines années. Que ce soit les Jeux du Commonwealth ou les championnats panpacifiques en 2018, les Mondiaux aquatiques en 2019 ou même les Jeux olympiques en 2020, à Tokyo.
C'est pourquoi la Coupe du monde prévue le mois prochain au lac Saint-Jean sera intéressante pour lui.
« Tu ne sais jamais à quoi ressemblera le peloton. Des fois, je fais partie des favoris. Une autre année, tu peux te retrouver avec plusieurs nageurs olympiens dans l'eau », a expliqué Masse-Savard, un multiple médaillé des Jeux du Québec tenus il y a cinq ans à Shawinigan.