Mikaela Tommy va continuer à skier. Elle s’est jointe à l’équipe alpine de l’Université du Colorado, aux États-Unis.

Mikaela Tommy quitte l’équipe canadienne

Mikaela Tommy a pris des décisions importantes et déchirantes ces derniers mois. À commencer par claquer la porte de la formation canadienne de ski alpin dont elle était membre depuis 2013.

La spécialiste des épreuves techniques, qui compte 40 départs en carrière sur le circuit de la Coupe du monde, a confirmé son départ, lundi, au Droit. « Je ne veux plus faire partie de l’équipe », a-t-elle soutenu.

L’athlète de Wakefield, qui a fêté ses 23 ans en mai, n’a pas voulu préciser les raisons exactes qui l’ont poussée à prendre la porte de sortie. « Honnêtement, c’est pas mal compliqué... Je ne veux pas vraiment en parler », a-t-elle ajouté.

Ce qu’on sait ?

La 31e skieuse mondiale en slalom géant avait été écartée de l’alignement olympique en février dernier même après avoir rencontré un des deux critères de sélection. Une blessure à un genou avait alors été évoquée par la fédération nationale pour lui justifier son absence.

Canada Alpin avait toutefois confirmé au printemps son retour au sein de l’équipe en vue de la prochaine saison.

Son départ n’a rien de banal. Son nom de famille est synonyme de royauté dans le domaine alpin en Outaouais.

Mikaela Tommy fait partie de la troisième génération du clan Tommy à briller sur les pentes sur la scène internationale.

Le paternel Mike a participé à deux reprises aux Jeux olympiques durant les années 1980. Le grand-père Andy et ses deux frères Art et Fred étaient membres de l’équipe nationale, il y a plus de soixante ans passés.

Les Tommy ont défriché des pistes pour donner naissance au centre de ski Edelweiss. Ils se sont aussi lancés en affaires avec un partenaire, créant la chaîne de commerces Tommy & Lefebvre.

Skier au Colorado

Que se passera-t-il maintenant avec la skieuse jadis considérée un des plus beaux espoirs au pays ? Elle avait représenté le Canada aux Jeux olympiques de la jeunesse en 2011 en Autriche.

Tommy va continuer à skier. Elle s’est jointe à l’équipe alpine de l’Université du Colorado, aux États-Unis.

Ça ne l’empêchera pas de participer de façon indépendante à quelques étapes de la Coupe du monde avant le début de la saison dans la NCAA en janvier.

La skieuse de l’Outaouais sera du slalom géant de Killington, en sol américain, à la mi-novembre. Elle prévoit aussi un arrêt à Courchevel, en France, quatre jours avant Noël.

Même si elle ne fait plus partie maintenant de l’équipe canadienne, Tommy s’était assuré une place sur le circuit de la Coupe du monde en terminant première du classement du circuit Nor-Am en slalom géant en 2017-2018. Elle compte bien se servir de ce laissez-passer.

Cette dernière compte aussi participer à des épreuves Nor-Am.

Son avenir sur la scène internationale semble toutefois nébuleux pour le reste de ce cycle olympique menant à Pékin en 2022.

Mikaela Tommy avait effectué ses débuts sur le circuit de la Coupe du monde en 2013 à Maribor, en Slovaquie. Elle compte six départs aux championnats du monde de même que 17 en coupe d’Europe. Son meilleur résultat en carrière a été une 22e place au slalom géant des Mondiaux de 2015 à Beaver Creek, justement au Colorado. Deux ans plus tard, elle récoltait ses premiers points en Coupe du monde avec une 27e position à Squaw Valley.

Et il y a aussi cette quatrième position aux championnats du monde juniors en 2015 à Hafjell, en Norvège.

Ironiquement, sa décision de se retirer de l’équipe canadienne survient au moment où elle s’avère enfin en santé après quelques années ralenties par des bobos.

« C’est la première année où je n’ai pas de blessures en début de saison », a-t-elle noté.

Son passage à l’Université du Colorado marque aussi une étape importante dans sa vie.

« Ça fait six ans que je n’ai pas été à l’école. Au début, ce fut difficile, a avoué Tommy, inscrite en architecture environnementale.

«Je n’ai jamais pensé aux études. Je pensais que c’était fini après l’école secondaire. Je ne pensais qu’au ski. Mais là, c’est vraiment intéressant. Je pense à autre chose que moi et le ski. J’étudie comment améliorer la vie des autres personnes, des arbres, des animaux. C’est cool.»

Le mot de la fin lui revient. Le journaliste a pris le soin de lui souhaiter bonne chance dans ses études.

«Merci. Je vais en avoir besoin», a-t-elle répondu du tac au tac.