Mikaela Shiffrin était devenue la plus jeune championne olympique de slalom à Sotchi, en 2014, alors qu’elle était âgée de 18 ans.

Mikaela Shiffrin prête à concrétiser son rêve

Il y a quatre ans, Mikaela Shiffrin a fait le rêve un peu fou de remporter cinq médailles d’or aux Jeux olympiques de 2018. Cet objectif semble de moins en moins irréaliste.

Après être devenue la plus jeune championne olympique de slalom aux Jeux de Sotchi, Shiffrin, alors âgée de 18 ans, rêvait à haute voix « des prochains Jeux olympiques (et) de remporter cinq médailles d’or. »

Aussitôt, elle avait reconnu que cette ambition « semble vraiment folle ».

Cependant, moins de cinq semaines avant les Jeux olympiques de Pyeongchang, l’objectif semble de plus en plus à sa portée.

Shiffrin ne gagnera probablement pas autant de médailles d’or, mais c’est surtout parce qu’elle ne participera probablement pas à cinq épreuves différentes en Corée du Sud.

Elle ne décidera qu’à la dernière minute les épreuves auxquelles elle prendra part aux Jeux olympiques.

Contrairement aux précédentes éditions, cette fois-ci les épreuves techniques de slalom géant et de slalom sont les premières au programme olympique chez les dames, permettant à Shiffrin de concourir dans ses disciplines de prédilection avant de décider de sa participation aux épreuves de vitesse — la descente et le super-G — et, en conclusion, à celles du combiné et de l’épreuve par équipes.

Formée comme gagnante potentielle de toutes les épreuves auxquelles elle participe, et même victorieuse pour la première fois en descente en décembre, Shiffrin domine la Coupe du monde de ski alpin depuis des mois.

Sa victoire en slalom en Slovénie, dimanche, constituait sa neuvième de la saison, et sa septième lors des huit dernières épreuves, portant son total en carrière à 40.

Avec ce total, elle n’est plus qu’à une victoire du record absolu de succès en Coupe du monde par une skieuse de 22 ans, établie par la légendaire Autrichienne Annemarie Moser-Proell dans les années 1970.

Alors que la saison de la Coupe du monde approche sa mi-saison, Shiffrin est en tête du classement général ainsi que de toutes les disciplines à l’exception du super-G, la seule épreuve qu’elle n’a pas encore remporté.

Ses statistiques cette saison surpassent même de loin celles de l’année dernière, lorsqu’elle est devenue la troisième skieuse américaine après Tamara McKinney et la quadruple championne Lindsey Vonn à remporter le titre général de la Coupe du monde.

La victoire n’est toutefois pas tout ce qui importe pour Shiffrin.

« Ce n’est pas seulement une affaire de compétition, je profite de chaque virage pour être agressive, a déclaré Shiffrin. En ce moment, j’ai tellement de plaisir à skier que c’est encore plus important que la victoire. »

Elle continue néanmoins à accumuler les victoires.

Avec 100 points pour chaque victoire, Shiffrin a amassé 1281 points en Coupe du monde après 18 des 38 manches de la saison et elle devrait améliorer le record du plus grand nombre de points au circuit de la Coupe du monde en une seule saison — 2414 de Tina Maze que plusieurs estimaient hors d’atteinte.

Dans son épreuve fétiche, Shiffrin ne fait pas que gagner, elle écrase la compétition. Elle a triomphé lors des quatre derniers slaloms par des marges de 1,64, 0,89, 1,59 et encore 1,64 seconde — une éternité dans une discipline que se règle au dixième de seconde.

Victorieuse de 20 des 25 derniers slaloms qu’elle a disputés, il est difficile d’envisager une autre que Shiffrin sur la plus haute marche du podium aux Jeux de Pyeongchang, même si l’Américaine ne se considère pas comme imbattable.

« Chacune des concurrentes peut me battre, a-t-elle mentionné. Cela me motive encore plus à aller de l’avant. »

Avec une épreuve nocturne à Flachau mardi, l’avant-dernier slalom avant les Jeux olympiques, Shiffrin sera désireuse de poursuivre sur sa lancée dans les semaines à venir.

Après la course de dimanche, la Suédoise Frida Hansdotter a félicité l’Américaine pour « avoir amené le sport à un autre niveau. »

Mais Shiffrin, qui se retient généralement de focaliser sur ses statistiques et son palmarès, avoue « ça ne paraît pas aussi insensé. »

Cette fois, dit-elle, « ce n’est pas comme rêver. Et c’est vraiment génial. »