Canadian Mikael Kingsbury aux Jeux de Pyeongchang, le 12 février 2018

Mikaël Kingsbury termine une année exceptionnelle avec un autre honneur

MONTRÉAL — Mikaël Kingsbury n’a jamais eu autant à perdre que le 12 février dernier au moment de dévaler la piste du parc à neige Phoenix. Archifavori de l’épreuve des bosses aux Jeux de Pyeongchang, le skieur de 26 ans était parfaitement conscient que seule une victoire pourrait combler les attentes.

Avant-dernier à s’élancer en super finale, Kingsbury s’est montré à la hauteur. Pleinement en contrôle, il a réalisé une descente parfaite qui l’a finalement assuré du seul titre qui manquait à son palmarès: l’or olympique.

«J’étais dans la position, c’est l’or ou rien, avoue l’athlète de Deux-Montagnes en rappelant sa deuxième expérience olympique. Pour tous ceux qui suivent mon sport, même une 2e position aurait été considérée comme une contre-performance.

«Oui, il y avait de la pression, mais, en haut de la piste, j’avais vraiment un bon ‘feeling’. Et quand c’est le cas, je suis en confiance et c’est toujours bon signe.»

Si ce couronnement olympique constitue le fait saillant de son année, Kingsbury a poursuivi sa domination sur le circuit de la Coupe du monde, signant sept victoires en 10 épreuves, dont trois d’affilée pour amorcer la présente saison. Il a finalement gagné les deux globes de cristal, celui du classement général de la Coupe du monde de ski acrobatique et celui de sa discipline.

Ses succès l’assurent haut la main du prix Lionel-Conacher décerné par La Presse canadienne à l’athlète masculin de l’année au pays.

Kingsbury a récolté 30 des 56 votes (53,7 pour cent) au scrutin mené auprès de commentateurs et de responsables des sections sportives des médias à travers le pays.

Il a devancé le joueur de centre Connor McDavid des Oilers d’Edmonton (12 votes, 21,4 pour cent), vainqueur du trophée Art-Ross à titre de meilleur marqueur de la LNH et du trophée Ted-Lindsay remis au joueur par excellence de la ligue par ses pairs.

Le jeune phénomène au soccer Alphonso Davies a terminé au troisième rang (8,9 pour cent). Le patineur de vitesse Ted-Jan Bloemen (3 votes), double médaillé olympique, le paraskieur nordique Brian McKeever (3), le hockeyeur Taylor Hall (2) et le receveur de passes Brad Sinopoli du Rouge et Noir d’Ottawa (1) figurent également au palmarès.

«J’aurais pu choisir McDavid, comme on choisissait (Sidney) Crosby à une certaine époque, mais l’or de Kingsbury a été un moment fort aux JO de Corée, entraînant dans sa performance d’autres athlètes canadiens», a écrit Denis Bouchard, rédacteur en chef du journal Le Quotidien pour justifier son choix.

«Aucun athlète canadien ne domine son sport aussi outrageusement que Mikaël Kingsbury», a quant à lui précisé Jean-François Bégin, directeur principal de l’information de La Presse.

Kingsbury devient le premier skieur au pays à remporter le trophée Lionel-Conacher, nommé en l’honneur de l’athlète multisports qui a été sélectionné comme athlète canadien par excellence de la première moitié du XXe siècle.

Mercredi, la golfeuse Brooke Henderson a mis la main pour une deuxième année d’affilée sur le trophée Bobbie-Rosenfeld, couronnant l’athlète féminine de l’année au Canada. Vendredi, ce sera au tour de l’équipe de l’année au pays.

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Mikael Kingsbury à Montréal, le 20 décembre dernier

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Un grand chelem

Plus tôt ce mois-ci, Kingsbury avait reçu un premier honneur lorsqu’on lui a décerné le trophée Lou Marsh, saluant l’athlète canadien par excellence de 2018 du quotidien Toronto Star.

«C’est fou d’avoir connu autant de succès, reconnaît le principal intéressé. C’est une saison presque parfaite. Mon pire résultat en 2018 est une 2e position...

«Comparé à d’autres sports, comme le tennis, c’est comme si j’avais gagné toutes les finales du Grand Chelem.»

Kingsbury domine effectivement sa discipline comme Usain Bolt l’a fait en sprint ou Micheal Phelps dans les bassins. Au début de l’année, il a écrit une page d’histoire en améliorant un record avec sa 47e victoire en carrière sur le circuit de la Coupe du monde. Il en totalise maintenant 52 en 93 départs.

«J’ai comme l’impression d’avoir une aura autour de moi. Sans dire que j’intimide les autres compétiteurs en raison de mes succès répétés, je démontre une grande confiance en mes moyens, je commets peu d’erreurs et ça me permet d’aller chercher de petits avantages sur eux.

«Mais je sais que j’ai une grosse cible dans le dos et qu’ils veulent tous me battre. Ça fait sept ans que j’occupe le premier rang mondial et, chaque année, il y en a quelques-uns qui disent: ‘’Kingsbury, on va le tasser.’’ Ça rend la compétition encore plus intéressante.»

Et il a beau avoir tout gagné, ne comptez pas sur lui pour céder son trône de sitôt. Il trouve encore bien des sources de motivation.

«J’adore gagner et je veux encore gagner. Mais ma motivation ne réside pas nécessairement dans les résultats. Je vise surtout à atteindre mon plein potentiel, d’essayer d’innover dans mon sport, de tenter de nouveaux sauts. J’ai le goût de voir jusqu’où je peux me rendre.

«Bien que la perfection n’existe pas dans mon sport, mon but est de m’en approcher le plus près possible et de repousser les limites, autant en vitesse quand dans l’exécution de mes sauts.»

Que ses rivaux se le tiennent pour dit!