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Mikaël Kingsbury ne craint pas la pression venant avec le titre de favori. «Ça ne sera jamais aussi intense qu’en 2018. Ce ne sera pas la pression de la médaille d’or à tout prix.»
Mikaël Kingsbury ne craint pas la pression venant avec le titre de favori. «Ça ne sera jamais aussi intense qu’en 2018. Ce ne sera pas la pression de la médaille d’or à tout prix.»

Mikaël Kingsbury: le champion prêt à défendre son titre

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Mikaël Kingsbury se pointera à Pékin dans un rôle bien différent que lors de ses deux participations précédentes aux Jeux olympiques.

Le skieur acrobatique détient le titre de champion de l’épreuve des bosses. Les attentes seront encore plus élevées dans un an, en sol chinois.

Ça fait tout, sauf effrayer le meilleur athlète que son sport a connu.

«Mes premiers Jeux en 2014 à Sotchi, je n’avais pas d’expérience», rappelle Kingsbury.

Âgé alors de 21 ans, l’athlète de Deux-Montagnes a gagné l’argent derrière son coéquipier Alexandre Bilodeau, dans un duel passionnant. Quatre ans plus tard, il a remporté l’or à PyeongChang.

«J’avais gagné 13 des 14 dernières Coupes du monde en arrivant à mes deuxièmes Jeux. J’avais pas mal d’expérience. J’avais une médaille d’or à gagner. J’avais aussi une médaille à perdre», relate-t-il.

«Là, j’arrive comme un vétéran. Il n’y aura pas beaucoup d’athlètes qui comptent deux participations olympiques et deux médailles dans leur poche.»

Oui, il y aura de la pression.

«Je risque d’être encore le favori. Mais ça ne sera jamais aussi intense qu’en 2018. Ce ne sera pas la pression de la médaille d’or à tout prix.»

«Mon expérience des deux derniers Jeux va m’aider à gérer tout ça et à sortir une grosse performance. Je pense que je serai plus relax.»

L’exploit qui se trouve dans sa mire? 

«Aller chercher l’or ‘Back to Back’ comme Alex», lance-t-il.

Bilodeau a défendu à Sotchi son titre obtenu quatre ans auparavant à Vancouver. Il a pris sa retraite ensuite.

Est-ce que l’histoire pourrait se répéter?

Est-ce que Mikaël Kingsbury, qui aura 29 ans lors des Jeux à Pékin, sera tenté d’arrêter la compétition après sa troisième aventure olympique?

«C’est sûr que c’est une chose qui me passe par la tête. Je suis probablement plus près de la fin que du début. Je suis dans un sport dans lequel le monde se retire assez jeune. C’est un sport taxant sur le corps.»

«Ce n’est pas facile de dire si je vais continuer pendant plusieurs années. Je ne suis pas prêt à dire que ce sont mes derniers Jeux. Peut-être.... On va voir comment les prochaines saisons se dérouleront. L’important, c’est que j’ai encore la passion et la motivation. Personne n’a besoin de me pousser dans le dos. Je préfère vivre dans le moment présent et terminer en force cette drôle de petite saison que nous avons.»


« Il n’y aura pas beaucoup d’athlètes qui comptent deux participations olympiques et deux médailles dans leur poche. »
Mikaël Kingsbury

Retour fructueux

Ces jours-ci, Mikaël Kingsbury termine sa quarantaine à la maison après un séjour fructueux aux États-Unis. Il a remporté l’or deux fois à l’étape de la Coupe du monde présentée les 4 et 5 février à Deer Valley.

Surtout, il s’agissait de ses deux premières compétitions de la saison après s’être fracturé deux vertèbres dorsales à l’entraînement en novembre dernier.

C’était ses 64e et 65e victoires en Coupe du monde depuis ses débuts sur le circuit en janvier 2010.

«Comme retour à la compétition, c’était mieux que prévu en termes de résultat. Nous avons bien fait les choses pour revenir pendant les deux mois que j’étais absent, même si ça peut paraître un court laps de temps. Nous avons fait les choses par étape. Nous avons rebâti ma confiance afin de pouvoir faire compétition aux leaders de la Coupe du monde», confie celui qui n’avait subi auparavant une blessure majeure.

«C’était un nouveau défi que j’ai pu surmonter.»

Il se souvient encore de ses premières séances d’entraînement à son retour sur la neige. «J’ai dû me concentrer un peu plus avant de faire certains sauts. Ce qui a pris le plus de temps, c’était d’atterrir mes sauts dans le devant de mes bottes.»

«Je ne pensais plus à ma blessure et à mon dos lors de la compétition. J’avais tout surmonté à l’entraînement.»

Kingsbury subira un autre gros test dans deux semaines et demie au Kazakhstan. Il tentera de décrocher un cinquième titre en carrière aux championnats du monde qui auront lieu du 8 au 11 mars à Almaty.

Une conquête qui pourrait forcer la main du Comité olympique canadien et de sa chef de mission Catriona Le May Doan dans les prochains mois. Tout ce monde commencera à dresser sa liste de candidats pour porter le drapeau du Canada lors des cérémonies d’ouverture des Jeux à Pékin.

Y aura-t-il vraiment un autre choix plus évident que le meilleur skieur acrobatique en bosses de tous les temps?