Jean-Michel Ménard souhaite passer plus de temps avec sa famille, mais n’annonce pas sa retraite pour autant.

Ménard ne jouera pas en 2018-2019

Le joueur le plus titré de l’histoire du curling québécois met en veilleuse sa fructueuse carrière.

Jean-Michel Ménard prendra une année sabbatique lors de la saison 2018-2019. Il a fait connaître sa décision longuement mûrie à ses coéquipiers Martin Crête, Éric Sylvain et Philippe Ménard, lundi soir.

« C’était difficile de l’annoncer aux gars. Ça fait sept ans que je joue avec mon frère, 11 ans avec Martin et 15 ans avec Éric, a souligné au Droit l’athlète gatinois et seul skip francophone à remporter le Brier.

«Ça fait plus de 20 ans que je pratique du curling compétitif. J’ai mis beaucoup de temps et d’efforts. Je suis rendu à une étape de ma vie où j’ai de la misère à joindre les bouts de mes vies familiale, professionnelle et sportive. Je n’ai jamais arrêté, a expliqué le père de famille qui vient de fêter ses 42 ans.

«Je ne rajeunis pas. Je suis épuisé. Je prends une pause pour voir si je m’ennuie. Je ne veux pas dire que je prends ma retraite. Je ne veux pas faire comme un Sugar Ray Leonard qui annonce sa retraite et revient à la compétition deux ou trois fois !»

Ménard a été champion québécois chez les hommes à neuf reprises. Il a participé dix fois au Brier, gagnant les grands honneurs en 2006. Un mois plus tard, son quatuor qui était alors composé d’Éric Sylvain de même que de François Roberge et Maxime Elmaleh remportait la médaille d’argent aux championnats du monde à Lowell, au Massachusetts.

Sa dernière partie a été disputée à la mi-février à Dollard-des-Ormeaux. Ses coéquipiers et lui s’étaient inclinés en finale des championnats provinciaux aux mains de Mike Fournier, qui participe en ce moment au Brier à Régina.

«Je jonglais avec l’idée d’arrêter depuis déjà un an, a assuré Ménard. Mais nous avions bien fait au Brier à Saint-Jean de Terre-Neuve. Nous avions accumulé assez de points afin de participer aux préessais olympiques. Nous avions alors décidé de continuer.

«La défaite a simplement confirmé ce que je pensais depuis un certain temps.»

Qu’il veut passer plus de temps auprès de ses deux filles et sa conjointe Annie Lemay, une ancienne joueuse de curling élite. Il compte continuer à jouer pour le simple plaisir sur la scène locale en plus de donner un coup de main au démarrage du nouveau club de curling des Collines, qui ouvrira ses portes à la fin de l’été 2018.

«Ce sera la première année que je ne jouerai pas de façon compétitive. Ça va être bizarre. Est-ce que ça va me manquer ? Ou peut-être que je vais aimer ça.»

Jean-Michel Ménard est né en Abitibi. Plus précisément à Amos. Le travail l’a amené en Outaouais au début des années 2000.

«Quand j’étais adolescent, j’allais souvent jouer seul au club de curling à Amos. J’avais les clés. Je me souviens de la première fois que j’ai regardé le Brier en 1989», s’est-il remémoré.

Le Gatinois Pierre Charette représentait alors le Québec. Le même Pierre Charette qui allait devenir un de ses amis, qui allait devenir substitut au sein de son quatuor ces dernières années au Brier.

«J’étais tombé en amour avec le curling à ce moment-là. Mon rêve était de participer au Brier une fois. Quand je m’entraînais, j’imaginais le coup que je ferais en fin de partie pour y aller. Je n’aurais jamais pensé y participer 10 fois en carrière, encore moins de gagner la finale.»