Mélodie Bouchard a inscrit 35 buts et 59 mentions d’aide en 86 parties depuis ses débuts dans les rangs universitaires.
Mélodie Bouchard a inscrit 35 buts et 59 mentions d’aide en 86 parties depuis ses débuts dans les rangs universitaires.

Mélodie Bouchard vise le cap des 100 points chez les Gee Gees

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Mélodie Bouchard donne ses derniers coups de patin à l’Université d’Ottawa. L’attaquante de cinquième année pourrait quitter en réussissant un exploit ayant échappé à toutes les joueuses qui ont porté l’uniforme gris et grenat depuis 20 saisons.

Aucune hockeyeuse n’a franchi le cap des 100 points en carrière chez les Gee Gees. Il ne manque que six points à l’athlète originaire de la Côte-Nord pour atteindre cette marque.

Le compteur indique en ce moment 35 buts et 59 mentions d’aide en 86 parties depuis ses débuts dans les rangs universitaires à Ottawa en 2015.

«Je n’étais pas au courant jusqu’au moment où notre préposé à l’équipement me l’a mentionné l’autre jour, avoue Bouchard, sourire en coin.

«Je l’ai dit à mes meilleures amies dans l’équipe. Elles étaient contentes pour moi. Elles parlent de fêter ça. Je leur ai rappelé que ce n’est pas fait encore! Mais j’y pense. Si ça arrive, ça arrive. Sinon, c’est correct.»

Il lui reste huit parties pour y arriver avant la conclusion du calendrier régulier, le 16 février.

Bouchard, qui a récolté 10 points, dont trois buts en 12 matches, cette saison, a été blanchie de la feuille de pointage à ses deux dernières sorties, le week-end dernier.

«Ce n’est pas parce que je pense à ça. Il y a des séquences comme ça. Ça va finir par débloquer et on verra ce qui arrivera.» 

L’entrevue se passait avant une séance d’entraînement des Gee Gees en milieu de semaine.

On voulait jaser à la jeune femme de 25 ans non seulement de l’exploit à sa portée, mais aussi d’un honneur reçu durant la période des Fêtes dans son patelin.

La Ville de Sept-Îles lui a organisé une cérémonie à l’aréna Guy Carbonneau où elle a grandi.

«C’est un bel hommage de voir ta photo sur un mur à côté de celles de Guy Carbonneau, Karl Dykhuis, Steve Duchesne et Ann-Sophie Bettez. De voir plus de modèles féminins, ça va encourager les petites filles qui jouent au hockey.»

Sa famille était sur place pour l’événement, tout comme certains de ses anciens entraîneurs durant ses années au hockey mineur.

La discussion a dévié sur la présente saison des Gee Gees sur la glace. Il y a déjà eu des années plus fructueuses.

L’équipe, qui compte une dizaine de recrues, montre une fiche de 4-8-1. Elle avait mal commencé le calendrier, encaissant trois revers de suite.

Puis l’entraîneur-chef Yanick Evola a quitté ses fonctions après seulement quatre parties, lui qui était à la barre depuis 2010.

«Ce fut dur de le perdre», reconnaît Bouchard, qui avait été recruté par Evola.

Chelsea Grills a pris la relève pour le reste de l’hiver.

Les Gee Gees espèrent accéder aux éliminatoires. Ils occupent en ce moment le quatrième et dernier rang donnant accès aux éliminatoires dans la conférence du Québec.

Ça rallongerait de quelques parties la carrière de Mélodie Bouchard, qui s’attend à accrocher ses patins en l’absence d’un circuit de hockey féminin professionnel.

Délaisser le sport qu’elle pratique depuis l’âge de 10 ans lui fera un pincement au cœur. «Je vais devoir faire un deuil. Ce ne sera pas facile, dit-elle.

«Peut-être que je continuerais s’il y a une ligue qui en vaudrait la peine. Mais je suis prête à me concentrer sur ma vie professionnelle.»

À ce sujet, l’étudiante-athlète n’est pas le pétrin. Elle possède déjà un baccalauréat en sciences sociales et quatre mineures en anthropologie, gestion du sport, loisir et service social.

Ajoutez à cela cet emploi qu’elle occupe déjà à la Ville de Gatineau au service des arts, de la culture et des lettres.

«Des portes s’ouvrent de plus en plus pour moi. J’aime ça», note-t-elle, peu de temps avant de retraiter dans le vestiaire fraîchement rénové des Gee Gees.

Des travaux effectués afin d’aider notamment dans le recrutement de nouvelles joueuses.

Qui sait, peut-être que les Gee Gees pourront attirer un autre produit de la Côte-Nord d’ici quelques années dans leur écurie.