«Avoir un impact sur les gens, ça a été une très grande motivation pour moi pendant ma bataille. Je voulais guérir pour moi, bien sûr, mais je voulais aussi démontrer que c’était possible de passer à travers une épreuve comme celle-là en conservant une bonne attitude», explique Maxence Parrot.
«Avoir un impact sur les gens, ça a été une très grande motivation pour moi pendant ma bataille. Je voulais guérir pour moi, bien sûr, mais je voulais aussi démontrer que c’était possible de passer à travers une épreuve comme celle-là en conservant une bonne attitude», explique Maxence Parrot.

Maxence Parrot: «Je suis impressionné par François Legault»

Il y a à peine un an, Maxence Parrot se battait encore contre le cancer. De retour sur sa planche, une fois en rémission, il a ensuite connu une de ses meilleures saisons en carrière. Rencontre avec un athlète d’exception, mais aussi avec un homme qui cherche à avoir un impact sur les gens.

Maxence, on me dit que tu es loin de t’être tourné les pouces pendant le confinement. On raconte même que tu es maintenant copropriétaire d’un restaurant !

En effet ! Ça s’appelle Le Numéro 7, Brasserie moderne et c’est situé à Saint-Jean-sur-Richelieu. Et en fin de semaine, comme on fait la livraison en ces temps de pandémie, je serai livreur en compagnie de mes amis Maxime Talbot, Bruno Gervais et Étienne Boulay et nous remettrons nos pourboires à différentes œuvres de charité. Essentiellement, nous proposons de la bouffe de partage, axée sur les styles japonais et portugais, ainsi que des bières de microbrasserie. Je suis emballé par cette nouvelle aventure.

Tu es un athlète, mais tu as manifestement aussi l’esprit d’entrepreneur.

Absolument ! Je suis jeune, je suis loin d’en avoir fini avec le surf des neiges, mais je regarde en avant et je veux tranquillement préparer mon après-carrière. Comme j’ai la chance de pratiquer un sport où nous sommes payés et qui nous permet de bien gagner notre vie, j’essaie d’en profiter pour investir quand l’occasion qui se présente est intéressante. L’immobilier m’intéresse aussi.

Si j’ai bien compris, la crise de la COVID-19 n’a pas interrompu ta saison.

En fait, je n’avais pas d’autres compétitions à l’horaire à la suite des X Games de Norvège, qui étaient présentés début mars (et où il a remporté une médaille d’or, une autre d’argent et où il a conclu une saison exceptionnelle). Là-bas, on nous demandait de se laver les mains plus souvent, mais nous n’étions pas encore dans les grosses mesures sanitaires. Les X Games terminés, je suis rentré à la maison… et j’y suis depuis.

Dans le contexte actuel, à quoi va ressembler ta prochaine saison, selon toi ?

C’est difficile à dire. Il y a des choses qui ont déjà été annulées, comme une compétition en Nouvelle-Zélande prévue au mois d’août ainsi que le US Open, qui devait avoir lieu au Colorado en mars 2021. La prochaine saison est importante puisqu’il s’agit d’une année préolympique. Je suis les développements. En même temps, je me dis qu’il est facile dans notre sport de respecter la distanciation sociale. On verra bien.

Crains-tu pour les Jeux d’hiver de Pékin en 2022 ?

Il est encore tôt pour avoir peur, je pense, mais c’est clair qu’il y a encore beaucoup d’incertitude par rapport au monde du sport.

Tu as vaincu le cancer et tu es un être résilient et optimiste. As-tu confiance qu’on finisse par vaincre le virus ?

Oui, j’ai confiance. Au Québec, la situation est encourageante. À cet effet, j’ai été impressionné par la façon dont le premier ministre Legault a géré la crise. Comme Québécois, je me sentais entre bonnes mains.

On parle du virus, on parle de santé. Toi, comment te sens-tu après tout ce que tu as vécu ?

Je me sens très bien. Mes dernières prises de sang indiquaient que tout était sous contrôle. J’ai suivi à la lettre les directives du gouvernement au cours des derniers mois, mais je n’étais pas plus à risque que les autres puisque mon système immunitaire est maintenant OK. Les examens de suivi qui étaient prévus ce printemps ont toutefois été reportés en raison de la crise que l’on vit. Mais je me sens bien.

Tu sais ce qu’est se battre contre la maladie. Quand tu regardes ce qui se passe à travers le monde présentement, comment réagis-tu ?

Mon sport me permet de faire le tour du monde et c’est très spécial de voir que la planète en entier est touchée par la même affaire, par le même virus. C’est grave ce que nous vivons, même s’il y a lieu d’être encouragé présentement. Et c’est certain que moi, je sais que la santé, c’est ce qu’on a de plus précieux.

Bien des gens ont été inspirés par le combat que tu as mené. Tu es devenu un modèle pour plusieurs. Tu en es conscient ?

Oui, j’en suis conscient. Et tu sais quoi ? Avoir un impact sur les gens, ça a été une très grande motivation pour moi pendant ma bataille. Je voulais guérir pour moi, bien sûr, mais je voulais aussi démontrer que c’était possible de passer à travers une épreuve comme celle-là en conservant une bonne attitude.

D’ailleurs, j’ai appris que tu nous présenteras avant longtemps un documentaire sur le combat que tu as mené.

En effet. Et j’ai très hâte de vous montrer ça. Lorsque j’ai appris que j’avais le cancer, un de mes premiers réflexes a été de me dire : j’ai besoin d’un projet, j’ai besoin d’un défi. Pendant toute la durée de mes traitements, une équipe m’a suivi à tous les jours et on m’a filmé pendant quatre ou cinq heures quotidiennement. Finalement, ça raconte les hauts et les bas de ma bataille. Je pense que ça va être intéressant. On jase actuellement avec des distributeurs afin de voir comment est-ce qu’on va présenter ça.

Tu as passé le confinement à ta résidence de Shefford. Même si tu fais le tour du monde, tu sembles être demeuré très attaché à ta région.

Ma région, mon coin, c’est important. C’est ici que j’ai grandi, c’est ici que ma famille et mes amis vivent, c’est ici que sont mes racines. Ça ne veut pas dire que je n’aurai pas un pied-à-terre ailleurs à un moment donné, mais mon chez-nous, mon vrai chez-nous, sera toujours ici. J’aime ma région et je suis bien ici.