Les Gee Gees ont vaincu les Ravens lors du Match Panda disputé devant près de 25000 spectateurs.

Match Panda: une pensée pour Kayembe

Quand Pedro le Panda a fait son entrée dans le vestiaire des Gee Gees d’Ottawa, samedi après-midi, l’entraîneur-chef Jamie Barresi a pris le temps de féliciter et remercier tous ses joueurs. Il a également eu une pensée pour un de ses anciens.

Loïc Kayembe n’a jamais eu la chance de vaincre les Ravens de Carleton dans le gros face-à-face annuel à la Place TD. Il est décédé dans son sommeil, à quelques jours du rendez-vous annuel, en 2017.

On a très peu parlé de lui, la semaine dernière, dans les jours qui ont précédé le 50e Match Panda.

Quand le match fut terminé, quand les Gee Gees ont eu raison de leurs rivaux 38-27 devant une foule record de 24 470 spectateurs, on s’est assuré que le joueur disparu ne soit pas oublié.

Les partisans des Gee Gees ont célébré en grand à la suite de la victoire de joueurs de l'Université de l'Ottawa.

«Loïc était un membre important de notre équipe. Il était aimé de tous. C’était tout un joueur. Il était un bon pass rusher. Il était surtout une bonne personne», a raconté, par la suite, le coordonnateur de la défensive Jean-Vincent Posy-Audette.

«L’année dernière, quand il est décédé, nous avons tous subi un choc. Moi-même, j’avais le coeur brisé.»

Loïc Kayembe est décédé dans son sommeil, en 2017.

«Nous avons vu sa famille, nous avons vu sa soeur, sur le terrain après la partie. Nous avons pris le temps de les serrer dans nos bras. Nous n’avions même pas besoin de parler. C’était un moment émotif pour toute notre équipe. C’était comme un baume. Ça nous a fait du bien.»

Les joueurs de l’unité défensive ont fait honneur à leur coéquipier et ami disparu, samedi. Face à un adversaire redoutable, ils ont gagné la bataille des revirements.

Ils ont intercepté le quart-arrière gatinois des Ravens, Michael Arruda, à quatre occasions.

Deux de ces interceptions ont été réussies par un des joueurs les plus expérimentés de l’équipe.

Le demi défensif québécois Jamie Harry, qui dispute une quatrième et dernière saison en gris et grenat, a notamment freiné les derniers élans des Ravens, vers la fin du quatrième quart.

Il a capté le ballon devant le banc des siens, pour mettre un terme à la dernière tentative de remontée.

«Tous les gars, sur les lignes de côté, disaient que ça nous prenait un gros jeu. Mon numéro a été appelé. J’ai exécuté», d’expliquer celui qui avait été impliqué dans trois défaites face aux Ravens dans le Match Panda. «Je ne voulais surtout pas m’en aller sans d’abord gagner un de ces matches», s’exclame-t-il.

Reste à voir si cette victoire, émotive, pourra donner un coup de pouce aux Gee Gees.

Avec leur fiche de 4-1, après cinq parties, ils occupent une position enviable au classement des Ontario University Athletics (OUA) en prévision du tournoi éliminatoire.

«On verra bien. Souvent, après un match émotif, on assiste à une baisse de régime», affirme Jean-Vincent Posy-Audette. Les Gee Gees ne peuvent pas se permettre de célébrer leur dernière victoire trop longtemps ou trop fort. Ils seront de retour en action, jeudi soir prochain, sur le terrain des Varsity Blues de l’Université de Toronto.

«On voulait gagner le Match Panda. On souhaite encore plus gagner notre dernier match de la saison. Et ce dernier match, ça pourrait être celui de la Coupe Vanier.»

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Un vrai dur qui vient des Prairies

Certains joueurs ont le don d’élever leur jeu d’un cran dans les matches importants.

Le quart-arrière partant des Gee Gees, Sawyer Buettner, avait lancé quatre passes de touché dans ses quatre premières parties de la saison.

Samedi, durant le 50e Match Panda, il en a lancé cinq autres.

«Je n’ai fait que mon travail, a-t-il dit, modeste, après la rencontre. Nous avons un très bon système à l’attaque. Nous avons de bons entraîneurs. J’ai d’excellents coéquipiers. Avec toutes ces conditions, mon travail n’est pas compliqué. Je n’ai qu’à envoyer le ballon dans les airs pour compléter des jeux.»

«C’est essentiellement ce que j’ai fait aujourd’hui.»

Buettner est peut-être un peu trop modeste.

La coriace défensive des Ravens ne lui a pas fait de cadeaux. La pression a été forte, sur lui, tout au long de l’après-midi. Il a encaissé plusieurs coups durs. Il se déplaçait d’ailleurs avec difficulté, dans le couloir qui menait aux vestiaires de la Place TD.

«Je me suis relevé difficilement d’un coup en particulier. Mais je suis un gars de Moose Jaw, en Saskatchewan. Les gars des Prairies sont des durs. Même si je ne me sentais pas très bien, j’ai juré aux gars que je ne quitterais pas le match. Il n’en était tout simplement pas question!»

Recrue

Buettner a complété 16 de ses 28 passes, en fin de compte. Ce qui n’est pas mauvais, pour un type qui commence à peine à s’habituer au football universitaire. Il a passé les trois dernières saisons chez le Thunder de Régina, une formation civile de calibre junior.
«J’ai joué plusieurs matches au Mosaic Stadium au cours des dernières années. J’ai donc l’habitude des grands stades. Je n’avais cependant jamais évolué devant une foule comme celle-là», a-t-il reconnu.

«C’était complètement dément! L’ambiance du Match Panda, c’est quelque chose de particulier. Jouer devant  20 000 étudiants qui sont là pour s’amuser, c’est bien plaisant.»

«Le match de football que nous avons joué aujourd’hui était pas mal agréable, aussi.»