Marie-Michèle Gagnon a chuté avant le dernier virage et a terminé sa course dans les filets de sûreté. Elle a été placée sur une civière et s’en est tirée avec une luxation de l’épaule gauche.

Marie-Michèle Gagnon se blesse à l’épaule

LAKE LOUISE — La dernière journée d’entraînement avant la première descente de la saison de la Coupe du monde de ski alpin féminin a été difficile pour l’équipe canadienne. La Québécoise Marie-Michèle Gagnon a chuté et s’est luxé l’épaule gauche, jeudi.

La skieuse de Lac-Etchemin n’accusait que quatre centièmes de seconde de retard sur la meneuse, la Tchèque Ester Ledecka, quand elle a chuté avant le dernier virage et terminé sa course dans les filets de sûreté. Gagnon détenait alors presque sept dixièmes de seconde d’avance sur toutes ses rivales au troisième intermédiaire et «fonçait» à pleine vitesse, a indiqué Manuel Gamper, l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne.

Évacuée du parcours sur un traîneau de sauvetage, Gagnon a été en mesure de remettre elle-même son épaule en place, selon le médecin de l’équipe canadienne. Âgée de 28 ans, elle se préparait à participer aux descentes de Lake Louise pour une première fois en carrière, vendredi et samedi, ainsi qu’au super-G de dimanche. Gamper a toutefois précisé que les premiers signes indiquaient qu’il était «peu probable» qu’elle retourne en piste cette fin de semaine.

Un scénario qui se répète

La Québécoise s’était déjà luxé l’épaule gauche lors d’une descente du super combiné aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014. Elle avait tout de même participé à trois autres courses lors de ces jeux et avait terminé en neuvième position au slalom. Elle a été opérée à l’épaule en 2015.

Gagnon se spécialise dans les épreuves techniques, mais souhaite améliorer ses résultats dans les épreuves de vitesse cette saison dans l’espoir de monter sur le podium lors du super combiné aux Jeux olympiques de PyeongChang, en février.  La Presse canadienne

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Lindsey Vonn espère affronter les meilleurs skieurs de la planète l’hiver prochain, à Lake Louise.

LA REINE VONN RENTRE À LAKE LOUISE

L’Américaine Lindsey Vonn, reine des épreuves de vitesse, retrouve à partir de vendredi à Lake Louise l’étape de Coupe du monde qui lui réussit le mieux et où elle espère défier l’hiver prochain les meilleurs skieurs de la planète dans une «bataille des sexes» sur skis.

Avec son impressionnante collection de 14 victoires en descente et quatre autres en super-G depuis ses débuts en 2001, c’est peu dire que Vonn se sent bien dans la station des Rocheuses canadiennes, surnommée en son honneur «Lake Lindsey».

«Lake Louise a toujours été un endroit spécial pour moi et je veux vraiment commencer la saison en force et encore y augmenter mon nombre de victoires d’une ou deux unités», a expliqué mi-novembre la championne olympique 2010 de descente au quotidien Vail Daily.

«Je veux vraiment bien débuter à Lake Louise et poursuivre, j’espère, sur cette lancée durant tout l’hiver», a poursuivi la skieuse de Vail (Colorado).

Blessée à l’entraînement en octobre 2016 (fracture ouverte de l’humérus droit), elle avait manqué l’hiver dernier l’étape canadienne dominée par la Slovène Ilka Stuhec qui, victime d’une rupture des ligaments croisés au genou gauche, manquera l’intégralité de la saison 2017-2018.

Vonn collectionne les victoires — 77 en Coupe du monde, record du circuit féminin, quatre Globes de numéro un mondiale et deux titres planétaires —, mais aussi les pépins physiques. Ayant manqué les JO-2014 sur blessure, elle a cette fois bien négocié la préparation d’une saison où les Jeux de PyeongChang en février seront sa priorité.

«Ma priorité absolue, ce sont les JO, je les attends depuis huit ans, c’est très long, mais je suis prêt. Je n’ai rencontré aucun problème et je me sens vraiment très bien», a insisté Vonn.

Si elle est obnubilée à 33 ans par les JO-2018, elle garde aussi à l’esprit deux autres objectifs : le record de victoires en Coupe du monde du Suédois Ingemar Stenmark (86), qu’elle peut battre dès cette saison, et surtout sa «bataille des sexes».

Elle veut en effet avant de raccrocher probablement à l’issue de la saison 2018-19 participer à une descente du circuit masculin sur sa piste fétiche de Lake Louise en novembre 2018. La Fédération américaine a déjà fait une demande officielle auprès la Fédération internationale de ski (FIS), qui a promis d’étudier la question lors de son comité exécutif en mai prochain.

Enthousiasme... et critiques

Vonn a reçu le soutien d’un des skieurs vedettes du circuit, Aksel Lund Svindal. «Cela peut être une bonne chose pour faire parler de notre sport, Lindsey est une très grande skieuse», a indiqué la fin de semaine dernière le Norvégien, qui a le même commanditaire principal que Vonn.

Le vétéran autrichien Hannes Reichelt est beaucoup moins enthousiaste. «Une Coupe du monde n’est pas à mes yeux l’endroit pour faire ce genre de choses, ce n’est bien pour personne, ni les hommes ni les femmes, mais son commanditaire pourrait organiser une course sur invitation avec des belles primes», a-t-il avancé.

En attendant, Vonn va faire face à une opposition bien plus dense que les hivers précédents en descente et super-G avec la Suissesse Lara Gut, l’Italienne Sofia Goggia ou encore la Liechstensteinoise Tina Weirather. Sa compatriote Mikaela Shiffrin, spécialiste des épreuves techniques qui l’a détrônée dans le cœur du public américain, tentera elle de grappiller quelques points lors du super-G de dimanche en vue du classement général de la Coupe du monde, qu’elle a remporté l’hiver dernier.  AFP