Manix Landry
Manix Landry

Manix Landry s’est transformé à l’Académie canadienne et internationale de hockey de Rockland

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Quand Manix Landry a été le dernier joueur retranché de l’Intrépide de Gatineau midget AAA en 2017, un plan B devait rapidement être mis en place.

«J’avais eu un bon camp midget AAA et je pensais que j’étais capable de jouer à ce niveau. Je tenais à jouer dans le midget AAA. Francis Wathier était l’adjoint de mon père chez les Olympiques. Il travaillait aussi à CIHA (Académie canadienne et internationale de hockey) à Rockland. Il a dit qu’il restait peut-être une place pour moi. Je suis allé faire un entraînement. J’ai passé deux jours à l’école. On m’a dit que je pouvais faire l’équipe. Je n’ai plus jamais regardé en arrière», a dit le nouveau capitaine des Olympiques de Gatineau.

À 14 ans, il s’est soudainement retrouvé dans un environnement où il ne connaissait personne, mais il n’était pas le seul dans cette situation.

«Il y avait une forte saveur internationale à l’Académie. Il y avait beaucoup de diversité. Nous avions notamment des Russes et des Chinois. Ils ont fait un très bon travail pour apprendre l’anglais. À la fin de l’année, nous étions capables de tenir des conversations.»

Il a aussi fait partie d’une bonne cohorte. Repêchés dans la LNH en octobre dernier, Dylan Peterson et Donovan Sebrango étaient ses coéquipiers.

«J’ai appris énormément là-bas. Je n’ai pas connu du succès tout de suite, mais après les Fêtes, j’ai pris mes aises et j’ai commencé à produire davantage. Il faut dire que c’était plaisant de jouer dans un club où nous n’avions que trois trios! Il y a des matches où nous avons joué à deux lignes et un joueur. Je ne débarquais presque jamais de la glace. Pour le développement, c’est dur à battre!»


« Je suis devenu le joueur que je suis aujourd’hui à cause de mon passage à CIHA. »
Manix Landry

Le problème dans un club aussi diversifié que le sien, c’était que l’écart était prononcé entre le meilleur joueur et le moins bon joueur de l’équipe.

«Nous manquions de profondeur un peu. Nous avons été chanceux lors de mon année parce que nous avions quelques joueurs d’élite. Ça nous a permis de nous tenir au milieu du peloton, mais à l’Académie, le classement n’est pas prioritaire. Ce qui est important, c’est le développement des joueurs. Il y a moins d’accent sur le système de jeu. Tout est dirigé en fonction de l’apprentissage. On nous encourage à utiliser nos forces et à être créatifs.»

Aujourd’hui, Landry cogne à la porte de la LNH. Si c’était à refaire, il emprunterait exactement le même chemin.

«Je suis devenu le joueur que je suis aujourd’hui à cause de mon passage à CIHA. J’ai réalisé que j’avais plusieurs choses à améliorer dans mon jeu là-bas. Je suis devenu un joueur plus humble et j’ai travaillé mes faiblesses toute l’année avec André Savage. C’est un gars qui a joué dans la LNH et dans la NCAA. Pour moi, c’était impressionnant de le côtoyer tous les jours. Il jouait avec nous. C’était incroyable tout ce qu’il pouvait faire sur la patinoire. Mon style de jeu a beaucoup changé avec lui.»

Landry a aussi aimé la vie de campus à Rockland.

«Je revenais à la maison le dimanche parce que Rockland, c’est proche de Gatineau. Là-bas, c’était comme vivre à l’hôtel dans un environnement de tournoi à longueur d’année. Nous étions deux par chambre dans le dortoir. J’ai suivi mes cours avec Blyth Academy, une des écoles en ligne avec le meilleur taux de placement en Ontario. Tu apprends aussi à bien t’alimenter. Comme tu es loin de la maison, tu prends de la maturité rapidement.»

L’année suivante, Manix Landry devenait le plus jeune joueur de la LHJMQ.

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