Louise Poirier, qui a presque toujours été associée de près ou de loin à la Loppet, reprend du service.
Louise Poirier, qui a presque toujours été associée de près ou de loin à la Loppet, reprend du service.

Louise Poirier: une présidente d’expérience en temps de crise

L’été débute à peine. Les organisateurs de la Gatineau Loppet ont déjà de la neige plein la tête.

Dans le contexte qu’on connaît, sera-t-il possible de présenter le plus important événement de ski de fond au Canada en 2021?

Parce qu’il faudra trouver une réponse définitive d’ici la fin du mois d’octobre, on a décidé de confier la présidence du conseil d’administration à une dame d’expérience.

Louise Poirier, qui a presque toujours été associée de près ou de loin à la Loppet, reprend du service.

«Nous avons présentement trois approches», confie l’ancienne politicienne, au bout du fil.

«La première option serait de tout annuler. Mais cette décision ne sera pas la nôtre. Ce sont les gouvernements qui vont décider. Nous ne sommes pas rendus là», dit-elle.

«En ce moment, nous étudions deux différents scénarios qui nous permettraient de présenter l’événement. Dans le premier scénario, on présenterait une Loppet modifiée, en fonction des normes de santé qui seront en vigueur à l’hiver. Dans le deuxième scénario, par miracle, un vaccin serait disponible. On pourrait peut-être songer à présenter notre événement, comme d’habitude, dans sa forme habituelle.»

La Gatineau Loppet permet habituellement à 2500 skieurs de se réunir, le temps d’un week-end, sur les sentiers du parc de la Gatineau. Près du quart des participants proviennent de l’étranger.

«Les participants étrangers, en ce moment, ça pose un problème. S’ils doivent respecter une période de quarantaine, ils pourraient avoir de la difficulté à venir nous visiter.»

En ce moment, Mme Poirier et son équipe gardent un oeil sur ce qui se passe ailleurs.

La Gatineau Loppet fait partie de la World Loppet, un circuit mondial qui regroupe une vingtaine d’événements dans une vingtaine de pays.

Déjà, deux événements qui devaient avoir lieu en août, en Argentine ainsi qu’en Australie, ont été annulés.

La Merino Muster, qui doit être présentée en Nouvelle-Zélande du 29 août au 4 septembre, est toujours à l’affiche. «Mais il y a des cas de COVID-19, en ce moment, en Nouvelle-Zélande», note Louise Poirier.

La Gatineau Loppet doit avoir lieu du 19 au 21 février 2021.

La World Loppet doit visiter une douzaine de pays d’Europe ainsi que les États-Unis, durant sa prochaine saison.

Les responsables de l’événement en sol canadien disposent d’un peu de temps. Mais pas trop.

«Si on doit annuler l’événement, il faudra que notre décision soit prise avant la fin du mois d’octobre. Il y a d’importants coûts associés à une annulation.»

En santé

Louise Poirier se réjouit de prendre les commandes dans une période où la Loppet se trouve dans une bonne santé financière.

Il y a quelques années, à peine, ses dirigeants s’inquiétaient pour sa survie.

Si la pandémie nous était tombée dessus il y a trois ans, la situation aurait été plus dramatique.

«Il y a trois ans, nous n’avions pas vraiment de réserves financières, fait-elle valoir. Depuis, nous avons réussi à présenter quelques éditions, dans de meilleures conditions, avec de bons taux de participation. Nous avons réussi à dégager de légers surplus. Nous avons des réserves, sur lesquelles nous pouvons miser.»

La COVID-19, en somme, ne devrait pas porter le coup fatal à cet événement qui a vu le jour en 1977.

Louise Poirier ignore si son séjour à la présidence s’étirera au delà de 2021.

Elle dit que «la relève se prépare». Des jeunes seraient intéressés à relever le défi. «Ils se retrouvent en télétravail, cette année. Ça complexifie leurs journées. Moi, je suis plus libre... Pour la prochaine année, mon retour à la présidence, c’est une bonne alternative.»