Jacques Laperrière (A) rigole dans le vestiaire des Canadiens junior de Hull-Ottawa avec ses compagnons Bob Olajos, Serge Filion et Norm Wimmer durant la saison.
Jacques Laperrière (A) rigole dans le vestiaire des Canadiens junior de Hull-Ottawa avec ses compagnons Bob Olajos, Serge Filion et Norm Wimmer durant la saison.

Une fabuleuse histoire qui a commencé à Hull pour Jacques Laperrière

À 16 ans, un talentueux hockeyeur de l’Abitibi est débarqué dans le vestiaire des Canadiens de Hull-Ottawa avec son sac de hockey. Cinq ans plus tard, il repartait avec la femme de sa vie et un contrat de la LNH.

Cet adolescent, c’est Jacques Laperrière. Admis au Temple de la renommée de la LNH en 1987, ce défenseur à la fiabilité d’une montre suisse a gagné le trophée Calder décerné à la recrue de l’année dans la LNH en 1963-64. Il a gagné le prestigieux trophée Norris remis au meilleur défenseur de la ligue en 1965-66. Avec le Canadien de Montréal, il a gagné six coupes Stanley entre 1965 et 1973.

Quand il a accroché ses patins, il a d’abord été un fidèle entraîneur-adjoint avec le « CH » pendant 16 saisons avant de passer les neuf saisons suivantes comme adjoint chez les Bruins de Boston et les Devils du New Jersey. Maintenant âgé de 78 ans, il a été consultant avec les Devils jusqu’à cette saison.

Depuis quelques années, il n’accorde plus d’entrevues aux médias, mais son fils Martin, un entraîneur-adjoint de Patrick Roy chez les Remparts de Québec, a bien accepté de refiler les questions du Droit à son père le week-end dernier. Grâce à lui, nous avons pu revenir sur les souvenirs d’une des premières vedettes québécoises du hockey junior dans la région d’Ottawa/Hull.

C’est à Ottawa, à Hull et aussi à Brockville que Jacques Laperrière a passé ses cinq premières saisons dans l’organisation du Canadien de Montréal. D’abord avec l’équipe junior et ensuite avec l’équipe de la Ligue professionnelle de l’Est (l’équivalent de la Ligue américaine d’aujourd’hui). Souvent, il jouait pour les deux clubs en même temps.

« Guertin, c’était neuf dans ce temps-là et l’ambiance était toujours au rendez-vous. J’adorais jouer là. À Ottawa, l’Auditorium était plus vieux. C’était moins intimidant. Le déménagement à Brockville en 1961-62, c’était pour jouer dans la Ligue junior de l’Ontario. Il n’y avait pas de ligue junior au Québec à ce moment-là. On jouait surtout des matches hors-concours pour nous préparer à la coupe Memorial », dit-il.

Les Canadiens de Hull-Ottawa ont gagné la coupe Memorial en 1957-58 avec Scotty Bowman aux commandes, mais ils n’ont pas pu répéter l’exploit pendant les années de Laperrière.

« Les équipes de l’Ouest étaient trop fortes. Nous avons atteint la finale une fois, mais les finalistes de l’Ouest avaient le droit d’ajouter six joueurs du reste de leur ligue pour nous affronter. Le club est devenu plus fort après mon départ avec les arrivées de Réjean Houle et Marc Tardif, entre autres. »

Une photo d’action avec Jacques Laperrière près du but défendu par Serge Aubry.

Même si l’équipe partageait ses matches entre Hull et Ottawa, Laperrière a habité à Hull « chez Mme Cousineau » pendant ses cinq années dans la région.

« On ne s’aventurait pas trop loin de l’aréna à Hull. On aimait aller manger dans un restaurant au coin des rues Eddy et Maisonneuve. Je ne me souviens plus du nom. »

Une belle patineuse

C’est aussi à Hull qu’il a fait la rencontre de son épouse, Élaine Gagnon, la mère de ses trois enfants (Daniel, Michèle, Martin). L’aîné, Daniel, a lui aussi joué au hockey professionnel à Ottawa en disputant 19 matches avec les Sénateurs entre 1994 et 1996. Il est maintenant recruteur avec l’Avalanche du Colorado. Michèle est ingénieure à Toronto.

Pour parvenir au cœur d’Élaine, une professeure de patinage artistique d’Eastview (Vanier) à Ottawa, Jacques Laperrière a eu besoin de l’aide de son soigneur.

« Ma mère enseignait le patin le dimanche matin, raconte Martin, le bébé de la famille. Elle était la seule prof d’Ottawa qualifiée pour enseigner à Hull parce qu’elle était bilingue. Les Canadiens jouaient en après-midi. Mon père avait envoyé le soigneur demander le numéro de téléphone de ma mère ! Mes parents se sont fréquentés pendant cinq ans et demi et ils sont maintenant mariés depuis 52 ans. Le mariage a été célébré à Eastview. »

Le Guertin d’aujourd’hui

Aujourd’hui, quand Jacques Laperrière regarde des matches présentés à la télévision entre Remparts et les Olympiques au centre Robert-Guertin, il trouve que l’aréna n’a pas trop changé ! S’il aimait l’ambiance des matches du « nouveau Bob », Jacques aimait encore plus les duels du dimanche dans le vieux Maple Leafs Garden de Toronto.

« Il y avait toujours deux matches. Un contre St. Mikes et l’autre contre les Marlboros. Il y avait 15 000 personnes dans les gradins pour voir nos matches. C’était toujours plein. »

De son passage en Outaouais, Laperrière conserve de bons souvenirs de ses coéquipiers Bobby Rousseau, Gilles Tremblay et Jean-Claude Tremblay. De nos jours, la famille de son épouse est toujours installée dans la région et vient voir les Remparts quand ils sont de passage au « Vieux Bob », là où la fabuleuse histoire de Jacques avec la « Sainte-Flanelle » a commencé.