Alain Vigneault se retrouve parmi les trois finalistes pour l’obtention du trophée Jack-Adams, à titre d’entraîneur-chef de l’année dans la Ligue nationale de hockey.
Alain Vigneault se retrouve parmi les trois finalistes pour l’obtention du trophée Jack-Adams, à titre d’entraîneur-chef de l’année dans la Ligue nationale de hockey.

Une année «spéciale» pour Alain Vigneault

Alain Vigneault se retrouve parmi les trois finalistes pour l’obtention du trophée Jack-Adams, à titre d’entraîneur-chef de l’année dans la Ligue nationale de hockey. Il devrait en avoir l’habitude. C’est la cinquième fois que ça se produit, depuis le début de sa carrière.

Ce n’est pourtant pas le cas.

«On vient de vivre une saison spéciale», a indiqué le pilote des Flyers de Philadelphie, mercredi soir, durant une visioconférence organisée par la LNH.

Vigneault était accompagné des deux autres finalistes du Jack-Adams, Bruce Cassidy et John Tortorella.

Alain Vigneault, Bruce Cassidy et John Tortorella ont tenu une visioconférence pour souligner leur nomination au trophée Jack-Adams, remis au meilleur entraîneur de la LNH.

Le Hullois occupait beaucoup de place, dans la discussion.

«Quand je fais le bilan de notre saison, je constate qu’on a plutôt bien survécu à notre difficile mois d’octobre. Nous ne l’avons pas eue facile. Nous avons disputé nos premiers matches en Europe. À notre retour, nous avons été obligés de nous rendre, tout de suite, sur la côte ouest. Ça n’a pas été simple, mais à compter du mois de novembre, nous avons su nous regrouper et nous avons fait partie des meilleures équipes de toute la ligue.»

Les Flyers ont continué à gagner, même quand le malheur a frappé dans le vestiaire.

Quand Vigneault parle d’une saison «spéciale», il pense tout particulièrement à Oskar Lindblom, le jeune ailier prometteur qui a reçu en décembre un diagnostic de cancer.

«Je n’avais jamais rien vécu de tel», raconte Vigneault.

«Je me souviens très bien du jour où nous lui avons annoncé la nouvelle. Nous étions à Denver. Nous avions fait appel à Robert Hagg, qui est son meilleur ami au sein de l’équipe. C’était très difficile. Et il n’a pas été plus facile de communiquer la nouvelle à tous nos autres joueurs.»

«Oskar s’est comporté de façon exceptionnelle, dans tout ça. Il a gardé la tête haute. Nous ne l’avons jamais entendu se plaindre.»

Lindblom a complété au début du mois de juillet ses traitements de chimiothérapie. Il a pu recommencer à patiner. Il pourrait même accompagner les Flyers à Toronto, pour les séries estivales de la coupe Stanley.

«Tout ça rend cette saison vraiment spéciale à mes yeux», affirme Vigneault.


« Nous sommes tous devant l’inconnu. Personne n’a l’habitude de jouer dans des amphithéâtres vides. Ça ne s’est jamais fait! »
Alain Vigneault

Et ce n’est pas terminé.

Il se retrouve en nomination pour la cinquième fois de sa carrière. Il a remporté le trophée Jack-Adams une fois, en 2007, quand il dirigeait les Canucks de Vancouver.

La coupe Stanley manque cependant à son répertoire.

Il a participé à la finale à deux occasions. Chaque fois, ses équipes ont perdu.

Quand il a décidé de relever son prochain défi à Philadelphie, l’été dernier, il a déclaré qu’il voulait d’abord remporter un championnat.

Voilà sa chance.

«Nous sommes tous devant l’inconnu. Personne n’a l’habitude de jouer dans des amphithéâtres vides. Ça ne s’est jamais fait! Même dans les arénas de hockey mineur, les enfants se produisent devant leurs parents et amis.»

«Au moins, je me dis que nous sommes tous plongés dans la même situation. Toutes les équipes viennent d’obtenir un congé forcé d’une durée de quatre mois. Notre équipe dispose maintenant d’un mois supplémentaire pour se préparer avant de jouer son premier match de séries. Ça nous laisse amplement le temps de nous préparer.»

Vigneault veut la coupe. Les partisans des Flyers, aussi. Leur dernière victoire remonte à 1975.

«L’expérience de travail à Philly se rapproche beaucoup à celle d’un marché original de la LNH. Je sais de quoi je parle, j’ai eu le bonheur de faire carrière à Montréal, ainsi qu’à New York. À Philly, il y a de super partisans et la couverture médiatique est intense. Tous les fans veulent gagner. Nous voulons gagner aussi.»

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John Tortorella est aussi en nomination au trophée Jack-Adams.

TORTORELLA N’A PAS ENVIE DE JOUER AU POLICIER

John Tortorella et Alain Vigneault sont du même avis. «Le trophée Jack-Adams, c’est un trophée collectif. L’entraîneur-chef ne peut rien faire s’il n’est pas appuyé par un bon groupe d’adjoints», déclare le vétéran coach des Blue Jackets de Columbus.

À Toronto ainsi qu’à Edmonton, en août, les entraîneurs auront un défi tout nouveau à relever. Ils devront convaincre leurs joueurs de se comporter de façon responsable, alors que le virus de la COVID-19 sera présent, un peu partout.

«Nous avons eu une très grande conversation à ce sujet, au tout premier jour de notre camp», révèle-t-il.

«Les Blue Jackets forment une très jeune équipe. Nous avons beaucoup de joueurs célibataires au sein de notre alignement. Nous allons bien entendu tout mettre en place pour assurer leur sécurité, mais ils devront aussi faire leur part!»

«La maladie continue de faire des victimes, un peu partout. Je respecte beaucoup les vétérans, au sein de notre équipe. Ils veulent nous aider et c’est très bien. Moi, je ne veux pas vivre de mélodrames. On va se réunir dans une ville bulle pour obtenir une chance de gagner la coupe. Les joueurs devront réaliser qu’ils sont privilégiés d’obtenir cette opportunité, dans le contexte actuel.»