Un grand jour pour Groulx

DALLAS — Au repêchage de la LHJMQ de 2016 à Charlottetown, Benoit-Olivier Groulx n’avait pas eu à attendre du tout pour entendre son nom dans les haut-parleurs de l’amphithéâtre.

Le Gatinois avait été le tout premier choix de l’encan, les Mooseheads de Halifax ne perdant pas de temps à l’inviter sur l’estrade.

Deux ans plus tard, le fils de l’ancien entraîneur des Olympiques de Gatineau Benoît Groulx sait qu’il devra être un peu plus patient dans les gradins de l’American Airlines Arena de Dallas vendredi soir.

Considéré comme un espoir qui pourrait aussi bien être sélectionné en fin de première ronde qu’au début de la deuxième, samedi matin, Groulx n’a pas l’intention de se stresser avec ça. Il entend bien profiter du temps qu’il va passer en famille dans les gradins, avec les gens qui l’ont aidé à se rendre jusque là, incluant évidemment son paternel.

«C’est assez excitant, depuis que je suis jeune que je rêve à ce moment-là, être repêché dans la Ligue nationale le 22 juin à Dallas. Je commence à être nerveux... J’ai très hâte», a-t-il confié au Droit avant de prendre le chemin du Texas mercredi.

Interviewé par pas moins de 28 équipes il y a deux semaines lors des évaluations physiques tenues à Buffalo, Groulx ne sait pas s’il devra se prêter à d’autres entrevues dans les heures précédant le repêchage.

Concernant ses chances d’être un des 31 premiers choix (il est le 28e espoir selon la liste compilée par Bob McKenzie, de TSN), Groulx ne s’en fait pas trop avec ça.

«C’est certain que ce serait un honneur pour moi d’être repêché en première ronde, mais je ne veux pas me mettre trop d’attentes pour ça. Comme je le dis à beaucoup de monde, mon objectif est de jouer dans la LNH un jour, pas d’être repêché en première ronde. Je vais être excité de me joindre à l’équipe qui va me faire confiance, elle va devenir mon équipe favorite», souligne-t-il.

L’ancien partisan du Canadien qu’il était en grandissant pense avoir eu des entrevues particulièrement intéressantes avec les Rangers de New York et les Golden Knights de Vegas à Buffalo, mais ces derniers n’ont pas leur choix de fin de première ronde. Les premiers en ont trois, eux, incluant les 26e et 28e.

«Je n’ai pas trop d’idée de ce qui va se passer. Je ne regarde pas les médias sociaux ni les mock drafts. Je veux avoir la surprise, en espérant que ce sera une bonne. Il peut se passer bien des choses au repêchage, il peut y avoir des échanges. On verra bien. Une équipe peut me repêcher sans m’avoir parlé au ‘combine’, aussi. Je n’ai pas d’attentes pour ça», note le jeune homme de 18 ans qui est né à Rouen, en France, lorsque son père y jouait au hockey professionnel.

Parlant de son paternel, l’entraîneur du club-école du Lightning de Tampa Bay, son patron Steve Yzerman a échangé son premier choix (le 28e) aux Rangers, justement.

«Peut-être qu’un jour, je vais jouer contre lui et il va avoir des cauchemars à jouer contre moi. On se taquine un peu avec ça. Ça va juste être un beau moment pour nous deux», souligne-t-il.

Une pensée pour ses proches
Comme notre chroniqueur Sylvain St-Laurent le soulignait samedi dernier, Benoît Groulx a laissé les différents entraîneurs de son fils travailler sans leur offrir son opinion sur la meilleure façon de le développer au fil des ans. Comme son père était accaparé par son travail d’entraîneur, Benoit-Olivier Groulx a vu plusieurs autres de ses proches l’aider à se rendre à l’aréna pendant ses années au hockey mineur, également.

«Ma mère (Nadine, séparée de son père il y a plusieurs années) m’a donné pas mal son caractère, elle est une personne très confiante qui ne se laisse pas abattre par les autres. Mon beau-père (Sylvain) a joué un très grand rôle, il m’a souvent coaché quand j’étais plus jeune et accompagné à des pratiques tôt le matin. Je ne veux pas oublier ma grand-mère (Marie) aussi, elle n’a pas manqué une seule partie de mon hockey mineur. C’est plate qu’elle ne puisse pas être là à Dallas. Je vais avoir une pensée pour elle», souligne-t-il.

Zadina serait un bon choix pour Ottawa, pense Groulx

Foi de Benoit-Olivier Groulx, les Sénateurs ne se tromperont pas s’ils ont l’occasion de mettre la main sur son coéquipier Filip Zadina avec le quatrième choix du repêchage de vendredi soir.

Il a évidemment un parti pris, ayant été son compagnon de trio pendant une bonne partie de la dernière saison avec les Mooseheads de Halifax.

« Fil et moi, on est très proches, c’est un de mes bons amis. Dans la chambre, on était toujours assis un à côté de l’autre. Nous étions aussi toujours dans la même chambre sur la route. On a réussi à avoir une très bonne chimie ensemble, on a joué ensemble pas mal pendant la deuxième moitié de la saison, plus les séries », a raconté le centre de 6’ 1’’ et 190 livres, qui a récolté 28 buts et 55 points en 68 parties la saison dernière.

« Il est un pure sniper, si tu réussis à lui donner la rondelle dans la zone offensive, c’est certain qu’il va compter un but. Comme tous les joueurs au repêchage, il a des choses à améliorer. Mais l’équipe qui va le sélectionner ne pourra pas se tromper. Elle va obtenir un gars qui va compter des buts en masse. C’est un joueur offensif qui peut tout faire, il a même joué un peu en désavantage numérique cette année. Mais sa qualité principale, ça reste son offensive », a-t-il ajouté au sujet de l’ailier droit qui a récolté 44 buts et 82 points en seulement 57 matches avec les Mooseheads.

Les deux compagnons de trio auront de la compagnie à Dallas puisque deux autres joueurs des Mooseheads devraient trouver preneurs. Le défenseur Jared McIsaac devrait aussi sortir tôt, vers le milieu du premier tour, alors que le gardien Alexis Gravel est le troisième espoir chez les cerbères en Amérique du Nord.

« C’est le fun de partager l’excitation du repêchage entre quatre coéquipiers des Mooseheads. C’est le fun aussi d’entrer dans la lignée de tous les gars des Mooseheads qui ont été choisis au cours des dernières années, les Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin, Nikolaj Ehlers et Timo Meier. Ça montre comment les Mooseheads développent bien leurs joueurs », note Groulx, qui partagera une chambre avec McIsaac à Dallas.