Dans la bulle torontoise de la LNH, Alex Menezes, à droite, a travaillé aux côtés notamment d'Andrew Koch, des Growlers de Saint-Jean (Ligue East Coast), et de David Roper, des Maple Leafs de Toronto.
Dans la bulle torontoise de la LNH, Alex Menezes, à droite, a travaillé aux côtés notamment d'Andrew Koch, des Growlers de Saint-Jean (Ligue East Coast), et de David Roper, des Maple Leafs de Toronto.

Un autre Gatinois dans la bulle de la LNH

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Quand l’arbitre Francis Charron a confirmé un but de Jean-Gabriel Pageau que contestait Alain Vigneault lors du deuxième match de la série entre les Islanders de New York et les Flyers de Philadelphie la semaine dernière, ça faisait pas mal le tour des Gatinois se retrouvant au Scotiabank Arena de Toronto, en n’oubliant pas Derick Brassard, dans les gradins pour l’occasion.

Il appert finalement qu’il y avait alors un autre Gatinois dans la fameuse « bulle » de la LNH, un nom pas mal moins connu dans sa région natale : Alexandre Menezes.

Si vous n’avez jamais entendu son nom, c’est que depuis 10 ans, il est un de ces travailleurs de l’ombre qui sont essentiels à toute équipe de hockey dans le circuit Bettman, un assistant au préposé à l’équipement avec les Sénateurs d’Ottawa.

Pendant une saison normale, ce sont ces hommes -- John Forget et Ian Cox sont ses supérieurs -- qui rendent la vie très facile aux joueurs, transportant l’équipement d’un aréna à l’autre, et d’une ville à une autre. Quand leur équipe arrive dans une ville tard le soir après un match, ils vont faire sécher l’équipement et laver les sous-vêtements et chandails à l’aréna pour préparer la journée du lendemain, pendant que les joueurs vont se coucher à leur hôtel cinq étoiles.

Les 24 équipes qui se sont qualifiées pour la ronde de qualification et les séries ont toutes leur propre personnel qui les accompagne à Toronto et Edmonton, mais parce que la logistique des matches au Scotiabank Arena et des entraînements au Ford Performance Centre (FPC), à Etobicoke, nécessitait plus de personnel, Menezes a été recruté en renfort.

« Vu qu’on ne jouait pas, on m’a appelé pour me demander si j’avais du temps de libre, ils pensaient avoir besoin de quelqu’un comme moi pour donner un coup de main. Les ressources humaines ont approuvé ça et ensuite, j’avais besoin de trois tests négatifs pour pouvoir rentrer dans la bulle, où j’ai dû passer un autre test en arrivant, et tous les jours depuis », a raconté Menezes au Droit cette semaine, alors qu’il profitait d’une rare journée de congé.

Le membre de la communauté portugaise du secteur Hull de Gatineau a été fort impressionné par toutes les mesures prises par le circuit Bettman pour que ces séries estivales nouveau genre fonctionnent.

« Wow, c’est incroyable ce qu’ils ont fait. Ils ont pensé à tout. On en jasait entre nous et on se disait que la seule chose à laquelle on pourrait penser qui est proche de ça, ce sont les Jeux olympiques peut-être, avec le nombre d’équipes. Et aux Olympiques, ils ont des années pour planifier ça. Le fait qu’ils ont fait ça en si peu de temps, je leur lève mon chapeau, c’est vraiment impressionnant. C’est “smooth”, tous les tests qu’ils font et les transports dans la bulle, plus une application sur notre téléphone », souligne-t-il.

Parti d’Ottawa le 24 juillet dernier, Menezes relate à quel point les préposés à l’équipement avaient de longues journées au début du tournoi estival, quand il y avait 12 équipes à Toronto pour la ronde de qualification.

« Les premiers quatre-cinq jours, c’était “go, go, go”, des journées de 18 heures. On a établi un système à savoir qui allait être au complexe d’entraînement et qui serait à l’aréna. Quand il y avait trois matches par jour, c’était impressionnant de voir ça aller. »

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Alexandre Menezes a été appelé en renfort dans la bulle torontoise pour prêter main-forte à ses collègues.

MENEZES A PU RENOUER AVEC PAGEAU ET COMPAGNIE

Occupé à travailler dans les coulisses de la bulle torontoise, Alexandre Menezes n’a pas eu trop d’occasions d’assister en personne à des matches.

« Nous avons accès à une loge si on ne travaille pas, mais je n’ai pas encore eu l’occasion d’y aller. Il y a eu une couple de soirées où j’étais libre après avoir travaillé au site d’entraînement, mais je suis allé souper au restaurant à la place et j’ai regardé les matches à la télévision », indique-t-il.

À l’hôtel Royal York Fairmont d’abord, puis ensuite à l’Hôtel X plus récemment, le préposé à l’équipement a eu l’occasion de renouer avec les anciens Sénateurs ayant participé aux séries, comme Jean-Gabriel Pageau, Derick Brassard, Nate Thompson et Derek Grant. Ayant été témoin des exploits en séries de Pageau du temps qu’il était à Ottawa, contre le Canadien en 2013 et les Rangers en 2017, il n’a évidemment pas été surpris de le voir contribuer aux succès des Islanders, eux qui disputeront un septième match dans leur série de deuxième ronde contre les Flyers samedi soir.

« J.G. n’est pas juste un ami de hockey pour moi, c’est un “chum”. Il m’a invité une couple de fois à luncher ou à souper. Même chose pour Derick. Je jase souvent avec Derek Grant, j’avais passé beaucoup de temps avec lui lorsque j’ai passé une saison à Binghamton. J’ai parlé une couple de fois avec Nick Foligno aussi », relate-t-il.

« Pageau, on le sait que c’est son hockey préféré, celui des séries. Il compte tout le temps des gros buts, en plus de faire plein d’autres choses pour aider son équipe », ajoute-t-il.

Menezes s’occupe également de la chambre des arbitres au Scotiabank Arena, ce qui fait qu’il a aussi côtoyé l’arbitre gatinois Francis Charron à quelques occasions. « Je prends soin d’eux quand ils sont ici, c’est intéressant de voir leur routine, comment ils font leurs choses avant et après un match. Ce sont vraiment des bons gars », souligne-t-il.

Menezes dit qu’il a pris des notes sur les façons de faire des autres équipes qui ont participé aux séries, ce qui pourrait aider éventuellement les Sénateurs à composer avec la pandémie. « Ça a été une bonne expérience, je suis content de l’avoir fait. J’étais même prêt à continuer jusqu’au bout et aller à Edmonton, mais je n’ai pas été retenu finalement », mentionne-t-il.