Les parents de Jean-Gabriel Pageau viendront l’encourager, jeudi, lors de son passage au Centre Canadian Tire dans son nouvel uniforme des Islanders.
Les parents de Jean-Gabriel Pageau viendront l’encourager, jeudi, lors de son passage au Centre Canadian Tire dans son nouvel uniforme des Islanders.

Soirée bizarre pour tous les Pageau

Il n’y a pas que Jean-Gabriel Pageau qui vivra une expérience bizarre en prenant place dans le vestiaire des visiteurs au Centre Canadian Tire jeudi.

Ses parents, Jean et Yda, vont également être un peu perdus dans les gradins probablement, assis dans la section réservée aux parents et amis des visiteurs.

Dix jours après l’échange qui a envoyé leur rejeton aux Islanders de New York, ils s’habituent tranquillement à le voir porter son numéro 44 dans les couleurs bleu et orange de son nouveau club.

« On a été gâtés pendant sept ou huit ans de l’encourager alors qu’il jouait pour les Sénateurs. On aurait aimé ça que ça se poursuive, mais c’est ça la business du hockey. C’est dommage que ça n’ait pas marché. Maintenant, ça va être une autre expérience à vivre. Il ne va venir jouer ici que deux fois par année [aux deux ans, l’autre saison, les Islanders ne visiteront Ottawa qu’une fois] », a confié Jean Pageau en entrevue téléphonique avec Le Droit mercredi.

Pour le paternel, la transition pour devenir un partisan des Islanders est déjà bien amorcée alors que dès le lendemain de l’échange, il a pris le chemin de Uniondale pour prendre part au voyage des pères de l’équipe. Il a assisté au premier match de son fils dans son nouvel uniforme mercredi dernier contre les Rangers, avant de les accompagner à Saint-Louis puis de revenir à Long Island pour la partie et au cours de laquelle l’équipe a retiré de la circulation le chandail de Butch Goring.

« Ça s’est passé très rapidement, J.G. a été échangé et tout de suite après il m’annonçait que les Islanders m’invitaient à leur voyage père/fils. Mon intégration s’est bien passée alors que j’ai pu rencontrer plusieurs parents, dont certains que je connaissais [notamment Pierre Brassard, père de Derick]. J’ai été trempé dans le bain de la rivalité Islanders-Rangers dès le départ, c’était un match avec beaucoup d’atmosphère et d’électricité dans l’air », relate-t-il.

Auteur d’un but dans ce match, Pageau fils a évidemment contribué à mettre du piquant dans cet affrontement en lâchant les gants pour se porter à la défense de son coéquipier Michael Dal Colle, frappé solidement par Jacob Trouba. Une décision approuvée par papa Pageau. « C’était le geste à faire, il était le joueur le plus proche [de Trouba] quand c’est arrivé. Il n’a pas fait ça pour se faire des amis dans l’équipe », estime-t-il.

Pendant les dernières semaines de « l’ère Pageau » à Ottawa, ses parents ont commencé à se faire à l’idée qu’il y avait de bonnes chances qu’il soit obligé d’aller poursuivre sa carrière ailleurs.

« Je me souviens que M. Dorion [Pierre, le DG des Sénateurs] a déjà dit qu’il aimerait que Jean-Gabriel soit un Sénateur ‘à vie’. Mais les choses changent vite dans le hockey. C’est leur décision, leur affaire. Ils ont décidé de prendre un autre virage, dit-il. Pourtant, je pense que Jean-Gabriel a été un bon ambassadeur pour eux pendant qu’il a été ici. Il aurait aimé rester ici, où il a sa maison, sa femme, ses amis... Mais quand ils n’ont commencé les négociations qu’à la dernière minute, on se doutait qu’un échange pourrait arriver. C’était bizarre pourtant parce que même à la dernière journée [date limite du 24 février], on avait encore espoir le matin qu’il reste. Mais ce n’est pas arrivé. »

Jeudi soir au Centre Canadian Tire, les Pageau vont donc encourager une autre formation que les Sénateurs. Et en fin de compte, ça pourrait être un mal pour un bien, puisqu’au lieu d’être avec un club dont la reconstruction va encore prendre quelques saisons, Jean-Gabriel a une chance de gagner, cette saison et lors des prochaines après avoir signé un contrat de six ans avec les Islanders (pour 30 millions $). Et ce, même si c’est assez mal parti, les Islanders ayant une fiche de 0-2-2 avec lui.

« Côté hockey, c’est probablement une bonne affaire, analyse son père. Il se retrouve avec une bonne équipe, une bonne organisation. Quand la poussière va retomber, ça devrait aller mieux. C’est un ajustement quand un nouveau arrive et qu’il prend du temps de glace qui allait à d’autres avant. »

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Pageau «veut gagner»

Jean-Gabriel Pageau revient au CCT dans des conditions loin d’être optimales, avec des Islanders qui ont perdu leurs quatre matches (0-2-2) depuis son arrivée, incluant un revers de 6-2 contre le Canadien mardi alors qu’il a présenté un différentiel de moins-5.

« La bonne chose, c’est qu’on a l’occasion de se reprendre dès [jeudi] à Ottawa, a-t-il indiqué en entrevue avec les médias new-yorkais avant de s’amener à Ottawa. C’est certain que ça va être beaucoup d’émotions, mais ma concentration va aller vers ce que nous devons faire mieux en tant qu’équipe pour jouer avec ardeur et gagner toutes nos batailles. Revenir dans ton patelin pour jouer au hockey... ça va être différent de s’habiller de l’autre côté plutôt que dans mon vestiaire habituel. Mais c’est un nouveau chapitre maintenant, mon ‘focus’ principal est avec cette équipe et je veux gagner... C’est la première équipe qui a cru en moi et m’a donné ma chance, qui m’a développé. Ça va être spécial de revenir, mais je veux gagner le match. »