Guy Lafleur a profité de sa visite à Rockland jeudi pour rencontrer trois espoirs locaux : Bradley Leblanc, Jonathan Melee et Cédrick Guindon.
Guy Lafleur a profité de sa visite à Rockland jeudi pour rencontrer trois espoirs locaux : Bradley Leblanc, Jonathan Melee et Cédrick Guindon.

Rockland: une nouvelle génération rencontre la légende Guy Lafleur

Les temps ont bien changé.

À l’hiver 1962, Guy Lafleur avait 10 ans quand il traversait la rivière des Outaouais pour s’entraîner avec les Boomers de Rockland en prévision du tournoi pee-wee de Québec. À l’été 2020, il a traversé la rivière en voiture à partir de son domicile de l’île Bizard pour livrer lui-même des coffrets de collection de sa propre marque de vins du Niagara.

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En livrant une édition limitée de ses bouteilles numérotées à l’ex-député provincial Jean-Marc Lalonde, à son ancien capitaine des Boomers Denis Roy (aussi l’agent de Claude Julien) et aux hommes d’affaires André Chaput et André Charlebois, « Flower » a profité de sa visite pour rencontrer la future génération des hockeyeurs de Rockland.

Cédrick Guindon, Jonathan Melee et Bradley Leblanc ont tous été sélectionnés rapidement dans la Ligue de l’Ontario cet été. Guindon a été le choix de première ronde de l’Attack d’Owen Sound. Réclamé par les Bulldogs de Hamilton, Melee a été le tout premier choix de la deuxième ronde. Bradley Leblanc a quant à lui été choisi au deuxième tour du repêchage des joueurs de moins de 18 ans par les Frontenacs de Kingston.


« [...] Si vous jouez dans la LNH d’aujourd’hui, c’est comme si vous gagnez à la loterie chaque année. »
Guy Lafleur

En s’adressant aux trois espoirs de la LHO, Lafleur a d’abord rappelé qu’une visite à Rockland lui ramenait tellement de bons souvenirs. Puis, il a souhaité la meilleure des chances aux trois hockeyeurs juniors qui viennent d’être repêchés.

« J’espère que vous vous rendrez à la Ligue nationale. Tous les jeunes hockeyeurs rêvent de faire la LNH et c’est important de pourchasser ses rêves. Utilisez tous les outils dont vous avez besoin pour connaître du succès. Il y a beaucoup de sacrifices à faire pour atteindre la LNH, mais ça vaut le coût, surtout de nos jours. Si vous jouez dans la LNH d’aujourd’hui, c’est comme si vous gagnez à la loterie chaque année ! »

Âgés de 16 ans, Guindon, Melee et Leblanc n’ont jamais vu jouer Guy Lafleur, mais ils le connaissent tous de réputation.

« Je sais qu’il a gagné cinq coupes Stanley », a avancé Leblanc, un défenseur des Nats de Rockland U18.

Quant à lui, Cédrick Guindon s’est empressé de faire des recherches sur Google lorsqu’il a su qu’il allait rencontrer un des meilleurs joueurs de l’histoire du Canadien de Montréal.

« J’ai vu qu’il a été le premier joueur de la Ligue nationale à marquer 50 buts dans six saisons consécutives. C’est impressionnant ! J’étais déjà au courant des histoires où Jean-Marc Lalonde allait le chercher du côté du Québec pour l’amener jouer à Rockland. Quand tu regardes ses statistiques dans la LNH, tu réalises qu’il est dans la même classe que Wayne Gretzky. Une légende, c’est une légende, peu importe les époques. »

Guy Lafleur sourit quand on lui demande de parler de ses relations avec les adolescents d’aujourd’hui.

« Ce qui est bien avec l’Internet et YouTube, c’est qu’ils peuvent nous connaître davantage. Toute l’information est là. Pour nous autres, les anciens de la LNH, c’est l’fun. On voit aussi dans leurs yeux qu’ils ont un rêve. Le même qui m’habitait à l’époque. Je leur souhaite du succès. Jouer dans la LNH, c’est une belle carrière. »

Guindon, Melee et Leblanc étaient parmi les plus jeunes invités de Jean-Marc Lalonde pour sa livraison spéciale jeudi. En raison des règles de distanciation à suivre, Lalonde a dû limiter son rassemblement à une douzaine de personnes pour la visite fort attendue de Lafleur, mais plusieurs fans du « Démon Blond » ont quand même réussi à obtenir des autographes sur des chandails, de vieilles découpures de journaux, des cadres et même des vieux sièges du Colisée de Québec.

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Guy Lafleur reçoit le trophée du meilleur compteur du tournoi pee-wee de Québec de 1962 des mains de l’arbitre Red Storey, qui travaillait habituellement dans la LNH.

LA FOIS OÙ GUY A JOUÉ À LA DÉFENSE POUR BATTRE ROCKLAND

Jean-Marc Lalonde est bien connu pour son rôle de député provincial de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell entre 1995 et 2011, mais il a longuement été impliqué dans le hockey mineur à Rockland en plus d’être associé au hockey junior avec les Nats de Rockland et les Olympiques de Hull où il a gagné le championnat national à deux reprises.

En 1962, à titre d’entraîneur-chef des Boomers de Rockland, il avait eu la bonne idée d’aller chercher Guy Lafleur de l’autre côté de la rivière pour rehausser la qualité de son club en prévision du tournoi pee-wee de Québec. Lafleur avait 10 ans. Les joueurs des Boomers avaient 11 et 12 ans. Le club devait son nom à Bernard «Boom-Boom» Geoffrion, qui était le président honoraire des clubs du hockey mineur de Rockland.

«Guy venait de marquer 45 buts en sept parties avec les moustiques (atomes) de Thurso dans un tournoi à Rockland. J’ai donc appelé son père pour voir si nous pourrions l’intégrer à notre club au tournoi à Québec. Là-bas, à 10 ans, il avait été le joueur le plus utile du tournoi et il nous avait menés au championnat de la classe C, mais aussi de la classe A. Nous avions ensuite perdu dans la catégorie AAA», se souvient Lalonde.

L’année suivante, Thurso avait son équipe pee-wee au tournoi international de Québec. Évidemment, les Boomers ont rencontré l’équipe de Guy Lafleur en finale.

«On menait 2-1 et en fin de match, avec deux minutes à écouler, Thurso a fait jouer Guy à la défense pour essayer de le relancer parce que nous avions deux joueurs pour le surveiller étroitement. Finalement, c’est lui qui avait marqué le but égalisateur. Nous avions ensuite perdu en prolongation!»

Guy Lafleur venait de gagner le tournoi pee-wee de Québec pour une deuxième fois. Il a répété l’exploit une troisième fois en 1964.