Ridly Greig a été le troisième choix de première ronde des Sénateurs d'Ottawa.
Ridly Greig a été le troisième choix de première ronde des Sénateurs d'Ottawa.

Ridly Greig: un choix qui aurait plu à Bryan Murray

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Dave Lowry croit que les Sénateurs d’Ottawa ont fait un choix judicieux, la semaine dernière, en repêchant un des jeunes hommes qu’il dirige chez les Wheat Kings de Brandon.

Ridly Greig a été le troisième choix de première ronde de l’équipe. Le centre gaucher de 5’11’’ et 162 livres est l’un des quatre joueurs de la Ligue de hockey de l’Ouest (WHL) ayant amassé au moins 60 points tout en passant au moins 80 minutes au banc des pénalités la saison dernière.

«C’est le genre de joueur que Bryan Murray aimait bien, que les amateurs aiment bien, surtout en séries éliminatoires», lance Lowry, qui a disputé 19 saisons dans la LNH avant de se lancer dans le coaching, en 2005. Il a connu le défunt entraîneur et directeur général des Sénateurs à l’époque où les deux hommes étaient en Floride, chez les Panthers.

«Ridly est compétitif en plus d’avoir de bonnes habiletés. Il possède aussi un bon sens du jeu. Surtout, les entraîneurs adorent les joueurs intenses comme lui. Je pense bien que D.J. Smith sera heureux de miser sur lui à Ottawa.»

Des dépisteurs ont comparé le nouvel espoir des Sénateurs à Travis Konecny. D’autres lui trouvent des airs de Brad Marchand.

«Je dirais qu’il ressemble plus à Nazem Kadri», affirme Lowry.

Kadri, que Murray souhaitait repêcher en 2009, avait abouti à Toronto à l’époque. Échangé à l’Avalanche du Colorado avant la saison dernière, il a été un des meilleurs joueurs des siens en séries éliminatoires, récoltant 18 points en 15 matches.

Kadri, rappelons-le, a toutefois été suspendu quatre fois par la LNH depuis le début de sa carrière. Il a notamment asséné un double échec au visage de Jake DeBrusk, des Bruins de Boston, au printemps 2019.

Greig s’est déjà fait taper sur les doigts dans les rangs juniors, écopant de deux suspensions. Mais son entraîneur le défend à ce sujet.

«Une fois, il a frappé solidement un gardien en fonçant au filet. Il ne cherchait pas nécessairement à le blesser. Il cherchait à marquer», fait valoir Lowry.

«Lors de son autre suspension, il tentait de compléter une mise en échec et le joueur adverse à chercher à esquiver le coup. Je ne crois pas que Ridly est ce type de joueur qui franchit la ligne. Il ne fait que jouer avec intensité.»

Greig a terminé la dernière saison avec 26 buts et 34 mentions d’aide en 56 parties. L’année précédente, il avait récolté 35 points en 63 parties.


« Je pourrai toujours dire que j’ai fait partie d’un repêchage unique, une formule qu’on ne reverra pas probablement. Puis j’ai pu vivre ce moment en famille. »
Ridley Greig

«C’est tout à son honneur. Par sa façon de jouer du début de la dernière saison jusqu’à l’arrêt du calendrier régulier en mars, il s’est invité dans la discussion des joueurs susceptibles d’être choisis en première ronde. Il s’est amélioré énormément», note Dave Lowry.

Un match lui vient en tête.

«Ça se passait à Prince Albert. Il y avait beaucoup de dépisteurs sur place ce soir-là. Il y avait quatre joueurs en action qui étaient étiquetés comme possibles sélections de premier tour au repêchage. Beaucoup de doutes planaient jusque-là sur le coup de patin de Ridly. Il avait marqué le but gagnant en fin de présence en prolongation, se rappelle Lowry.

«Non seulement il a inscrit ce but, il avait été le meilleur joueur dans un match qui avait été très robuste. Si vous connaissez l’aréna là-bas, c’est petit. Donc ça brasse toujours.»

Greig, lui, n’a pas oublié non plus cette partie.

«Une de mes meilleures soirées que j’ai connue, avoue-t-il. Il y avait de l’ambiance. La place était pleine à craquer.»

Ce dernier sait déjà ce qu’il doit faire pour connaître un impact similaire éventuellement dans la LNH. «La priorité, c’est de devenir plus fort, dit-il.

«La saison dernière, j’ai perdu la rondelle à quelques reprises en me faisant bousculer. Je dois ajouter à mes muscles.»

Dave Lowry croit que les Sénateurs d’Ottawa ont fait un choix judicieux, la semaine dernière, en repêchant un des jeunes hommes qu’il dirige chez les Wheat Kings de Brandon.

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Un fan des Flyers qui ne voulait pas aboutir à Philadelphie

Les Flyers de Philadelphie étaient l’équipe qui a marqué son enfance. Claude Giroux était son joueur favori.

Ridly Greig a même été un jeune bénévole de l’organisation, à l’âge de 11 ans, sur le plancher du repêchage en 2014. Six ans plus tard, son nom a été appelé par une formation de la LNH quand les Sénateurs en ont fait un choix de premier tour, la semaine dernière.

«À l’époque, j’espérais vivre un pareil moment à mon tour. Que ça devienne réalité, c’est spécial», avoue Greig, dans une conversation téléphonique.

Sauf qu’il n’avait jamais envisagé que la soirée se passe dans le salon familial et non un aréna comme le veut la tradition. Le tout s’est déroulé virtuellement, COVID-19 oblige.

«Je pourrai toujours dire que j’ai fait partie d’un repêchage unique, une formule qu’on ne reverra pas probablement. Puis j’ai pu vivre ce moment en famille.»

Même sa grand-maman et son arrière grand-mère étaient à ses côtés. Il ne manquait que son père, un ancien choix de première des Whalers de Hartford en 1990.

Mark Greig travaillait. Il est dépisteur depuis une dizaine d’années chez les... Flyers.

«Dès la fin du repêchage, il m’a appelé. Nous avons jasé pendant une dizaine de minutes. C’était spécial.»

Durant l’été, Ridly Greig avait supplié le paternel de ne pas le repêcher! Il voulait éviter de se retrouver dans la même organisation que lui, préférant tracer par lui-même son chemin vers la LNH au sein d’une autre formation.

Son souhait a été exaucé quand les Flyers lui ont préféré l’ailier ontarien Tyson Foerster, cinq rangs avant que les Sénateurs parlent une troisième fois en première ronde.

«Je suis heureux de faire partie des Sénateurs. J’ai hâte de gagner la coupe Stanley à Ottawa», dit-il.

Surtout qu’il renouera avec un ami en Jake Sanderson, deuxième choix de première ronde de l’organisation. «Nous avons joué à quelques reprises un contre l’autre durant notre adolescence en Alberta et nous avons même été coéquipiers une fois», relate Greig, natif de Lethbridge.

Dans l’entrevue, nous avons aussi pu apprendre que Greig est un golfeur très doué.

«J’ai réussi un trou d’un coup cet été. C’était d’une distance de 190 verges. J’ai utilisé un fer six. La trajectoire de la balle était en ligne droite. Un de mes coéquipiers qui jouaient avec moi m’a dit qu’il venait d’entendre la balle heurter le fanion. Mais en raison d’une butte devant le vert, nous n’avions rien vu sur le coup. Mon coeur débattait en me rendant en voiturette vers le trou. C’était fou de marcher par la suite vers la coupe et voir ma balle dedans.»