Le commissaire-adjoint de la LNH, Bill Daly

Reprise des activités dans la LNH: les possibilités « sont infinies », dit Daly

Au moins, les déplacements de Bill Daly sont beaucoup plus simples.

C’est peut-être le seul avantage du commissaire adjoint de la LNH au milieu de la pandémie de la COVID-19 qui balaie présentement la planète, en malmenant l’économie et en provoquant l’interruption des activités, pour une période indéterminée, des principales ligues sportives.

Daly — le bras droit du commissaire Gary Bettman — a contribué à délier de nombreux conflits, dont deux lock-outs, au cours d’une carrière dans la LNH qui a commencé en 1996. Il y a aussi eu des processus d’expansion, de déménagement et des négociations très dures.

Mais rien qui ressemble à ce qui se déroule présentement.

« C’est différent, a convenu Daly. C’est invraisemblable de nombreuses façons, surtout lorsqu’on se déplace à New York en plein jour, parce qu’il y a très peu de gens dans les rues. Il n’y a pratiquement pas de congestion sur les routes. Ça ressemble vraiment aux scènes dans les films de science-fiction. »

« Ce sont des heures critiques, donc tout le monde veut poser les bons gestes », a-t-il ajouté.

La LNH, comme la plupart des ligues professionnelles, a interrompu ses activités la semaine dernière. Elle pointe loin dans la liste des priorités des sociétés nord-américaines qui sont confrontées au coronavirus, qui a déjà tué des milliers de personnes aux quatre coins du monde.

De nombreuses questions relatives au hockey persistent, et les réponses se font très rares.

Daly a indiqué que la ligue est en communication constante avec l’Association des joueurs de la LNH, ses équipes, ses directeurs généraux et ses experts médicaux. La LNH a aussi confirmé qu’un premier joueur — des Sénateurs d’Ottawa — avait testé positif à la COVID-19 cette semaine, et il ne fait aucun doute qu’il y en aura d’autres.

« À la surprise générale, nous sommes très occupés, a dit Daly à propos de ses journées de travail lors d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Et en ce moment tout porte sur le coronavirus. J’espère que j’atteindrai bientôt le point où je pourrai commencer à m’attaquer à d’autres dossiers. »

« Depuis que nous avons interrompu nos activités, c’est un travail à temps plein... tout porte sur le coronavirus », a-t-il laissé tomber.

Un enjeu — et il y en a plusieurs — consiste à déterminer ce que ça signifie concrètement pour la LNH.

La ligue a annoncé plus tôt ce mois-ci que le plafond salarial de ses équipes pourrait grimper de 6,7 millions $ US la saison prochaine, une annonce qui a de toute évidence plu aux directeurs généraux, aux joueurs et aux partisans.

Tout ça s’est produit avant qu’on déclare une pandémie mondiale, qu’on impose des règles d’éloignement social et des mesures de confinement. Quel impact auront ces nouvelles réalités sur le plafond salarial ?

Daly a répondu que cet enjeu figurait loin dans sa liste de priorités, en précisant cependant que le montant final ne sera peut-être pas lié aux revenus liés au hockey (HRR) en ces temps incertains.

« (C’est) quelque chose d’artificiel, parce que c’est un montant que nous avons déterminé ensemble, avec l’Association des joueurs, a-t-il expliqué. Ce que ça signifie, ce montant-là, c’est qu’il faut déterminer si les contrats existants peuvent s’y arrimer, et il faudra à un certain moment s’asseoir afin d’en discuter. »


« Je n’ai jamais rien vu de tel. Les inquiétudes sont concrètes par rapport à la situation. »
Bill Daly

« C’est important, mais il reste beaucoup d’autres choses à régler avant ça », a-t-il poursuivi.

Parmi les autres priorités se trouvent la santé des joueurs, du personnel et des employés de la ligue, les discussions incessantes sur l’évolution de la situation et son impact sur la date de reprise des activités de la LNH, incluant la possibilité que les séries éliminatoires se déroulent à la fin du mois d’août, et même peut-être en septembre.

« On veut s’assurer que notre solution soit fiable, et équitable pour tous, a mentionné Daly. Ce sont deux points essentiels qu’il faut garder en tête quand tu conçois quelque chose. Quant à savoir si nous ajouterons un astérisque et si nous reprendrons le calendrier régulier, il faut se rappeler que l’équipe qui a disputé le moins de matches cette saison est à 68. C’est une saison significative. »

« Il faudra s’assurer que le format des séries éliminatoires puisse refléter cette réalité », a-t-il ajouté.

La ligue tient aussi mordicus à une saison de 82 matches en 2020-21, bien que les exigences des réseaux de télédiffusion - pour l’instant, les Jeux olympiques de Tokyo sont toujours à l’agenda —, la présence ou non des spectateurs dans les gradins et la disponibilité des amphithéâtres soient encore des variables dans l’équation.

« Après une semaine d’interruption, je ne suis vraiment pas en position de me prononcer, a évoqué Daly. Les possibilités, quant aux prochains développements et aux solutions que nous trouverons pour la fin de la saison 2019-20, sont pratiquement infinies. »

Et, comme on le sait, les événements se succèdent à un rythme infernal.

« Je n’ai jamais rien vu de tel, a reconnu Daly. Les inquiétudes sont très concrètes par rapport à la situation. Mais je ne vois pas comment la situation pourrait se détériorer aussi rapidement qu’elle ne l’a fait entre la fin de la rencontre (du bureau des gouverneurs de la LNH à Boca Raton) et la décision d’interrompre la saison, une semaine plus tard. »

« Ç’a été très rapide. »