Connor McDavid se souvient bien lorsque les Oilers d’Edmonton ont prononcé son nom, d’entendre la clameur de la foule, sa marche vers l’estrade, la poignée de main du commissaire Gary Bettman, et le fait de revêtir un nouveau chandail.
Connor McDavid se souvient bien lorsque les Oilers d’Edmonton ont prononcé son nom, d’entendre la clameur de la foule, sa marche vers l’estrade, la poignée de main du commissaire Gary Bettman, et le fait de revêtir un nouveau chandail.

Repêchage de la LNH: un gros manque pour les espoirs de 2020

Connor McDavid se souvient très bien de l’excitation du repêchage de la LNH en 2015.

Lorsque les Oilers d’Edmonton ont prononcé son nom, d’entendre la clameur de la foule, sa marche vers l’estrade, la poignée de main du commissaire Gary Bettman, et le fait de revêtir un nouveau chandail.

«C’est une expérience tellement spéciale», s’est récemment rappelé McDavid.

Auston Matthews a vécu les mêmes frissons un an plus tard lorsque les Maple Leafs de Toronto ont également prononcé son nom au premier rang.

«Incroyable... c’est une énorme réussite et extrêmement surréaliste.»

Les choses seront toutefois bien différentes pour la cuvée 2020.

Le potentiel tout premier choix au prochain repêchage, Alexis Lafrenière, semblait en voie de connaître la même gamme d’émotions le mois prochain au Centre Bell à Montréal, lui qui est originaire de Saint-Eustache.

C’était avant que la pandémie de la COVID-19 ne mette le hockey et une grande partie de la société sur pause.

La LNH a reporté son repêchage et son camp d’évaluation annuel — un événement crucial où les équipes peuvent observer, évaluer et interviewer plus de 100 des meilleurs espoirs du sport — deux semaines après l’interruption de la saison le 12 mars avec 189 matchs à disputer.

Scénario différent

Il reste de nombreuses décisions importantes à prendre, y compris si la ligue peut ou non reprendre ses activités plus tard ce printemps ou cet été. Mais une chose est presque certaine : une fois l’ordre déterminé et une date fixée, ce repêchage sera très différent.

La ligue pourrait opter pour un format virtuel exclusivement en ligne ou une version réduite comme il y a 15 ans, lorsque le repêchage a eu lieu dans une salle de bal d’un hôtel après la fin du lock-out qui a annulé la saison 2004-05.

«Je plaisantais avec mes amis [les futurs repêchés] qui ont la chance de ne pas avoir de camp d’évaluation, a confié McDavid en référence aux tests physiques exténuants. Mais ils vont manquer beaucoup de choses.»

La NFL a effectué les sept rondes de son repêchage à distance la semaine dernière avec quelques pépins.

À une époque d’autoconfinement et de distanciation sociale, les dirigeants du football ont procédé à leurs choix depuis leur domicile, tandis que les joueurs ont partagé l’expérience avec leurs familles dans un environnement similaire.

Lafrenière, l’attaquant vedette de l’Océanic de Rimouski de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, le centre Quinton Byfield des Wolves de Sudbury de la Ligue de hockey de l’Ontario et le reste de la promotion de cette année seront probablement dans la même situation.

«C’est une expérience tellement sympa, a déclaré l’ailier Kyle Connor des Jets de Winnipeg en revenant sur sa sélection au 17e rang en 2015. C’est quelque chose dont je me souviendrai pour toujours. Je pense que pour ces gars-là... ça doit tout simplement se faire.»

«Ç’a été l’un des plus grands moments de ma vie, a ajouté le défenseur Thomas Chabot des Sénateurs d’Ottawa, qui a été sélectionné juste après Connor en 2015. [C’est] une situation différente, cela fait partie de ce que nous vivons en ce moment.»

Avantages

Mais le centre Adam Lowry des Jets a avancé que le fait d’avoir un repêchage virtuel pourrait rendre l’expérience plus agréable pour les joueurs dont le nom ne sera pas nommé rapidement.

Lowry et son frère, Joel, étaient tous deux admissibles en 2011, mais ils ont décidé de rester à la maison et de le regarder en famille.

«Cela enlève un peu de stress, a prétendu Adam Lowry. Pour les gars du premier tour qui peuvent aller sur la scène et enfiler le maillot, c’est très spécial. Pour moi, je savais que ce ne serait pas le cas.»

Lowry a fini par être sélectionné au 67e rang par les Jets, tandis que son frère a été réclamé au 140e rang par les Kings de Los Angeles.

«Vous n’avez pas eu à stresser parce que les rondes passaient, a ajouté Adam Lowry. Tu n’étais pas assis dans les gradins en transpirant dans ton habit.»

L’ailier Brendan Gallagher du Canadien de Montréal est également resté à l’écart en 2010 et n’a appris qu’il avait été le 147e choix lorsque l’équipe l’en a informé au téléphone.

«Je ne voulais pas y aller et ne pas être repêché, a expliqué Gallagher. Cela aurait été un sentiment terrible.»

Spectacle médiatique

L’attaquant Jason Spezza des Leafs, choisi au deuxième rang par les Sénateurs en 2001, est d’avis que le repêchage est plus un spectacle médiatique maintenant qu’il y a près de deux décennies. Tout ce à quoi il pensait à l’époque, c’était de sauter sur la glace pour prouver qu’il avait sa place.

«En tant que jeune joueur, vous êtes toujours concentré sur la prochaine étape, a dit Spezza, qui aura 37 ans le mois prochain. Vous êtes affamé. Je me souviens qu’après avoir été repêché, c’était comme, “OK, c’est quand le camp des recrues et le camp d’entraînement?” Vous essayez seulement de continuellement aller de l’avant. Mais pour votre famille, c’est le bon moment pour réfléchir et être fier de la réussite. Je compatis avec les familles qui ne peuvent pas célébrer de cette façon.

«Mais c’est en fait un léger détail sur la longue liste de choses qui vous arrivent au fil de votre carrière de hockeyeur. Je pense que les gars comprendront le fait que ce qui se passe dans le monde est plus important.»

McDavid est du même avis.

«Beaucoup de gens manquent beaucoup de choses en ce moment... mais nous devons tous faire notre part.»