Le directeur général des Maple Leafs de Toronto,  Kyle Dubas
Le directeur général des Maple Leafs de Toronto,  Kyle Dubas

Relance de la LNH: une expérience unique pour les directeurs généraux

Joshua Clipperton
La Presse Canadienne
Kyle Dubas a passé suffisamment de sa jeune carrière comme dirigeant dans la LNH à songer à la loterie pour le repêchage.

Il a rejoint les rangs des Maple Leafs de Toronto comme directeur général adjoint alors que l’équipe était en reconstruction et il faisait déjà partie de la direction quand l’équipe a sélectionné Mitch Marner au quatrième rang en 2015. Environ un an plus tard, les Leafs ont gagné le tirage et ont pu choisir Auston Matthews au premier rang.

Dans la chaise principale depuis deux ans, Dubas se concentre sur la préparation de l’équipe lors du retour au jeu, si la campagne peut reprendre avec un tournoi à 24 équipes malgré la pandémie de coronavirus.

Mais comme 15 autres directeurs généraux, Dubas se retrouve dans une situation peu familière. Nous sommes en juin et les Leafs peuvent toujours espérer remporter la coupe Stanley. À l’inverse, ils ont aussi des chances de gagner le premier droit de parole au repêchage.

«C’est difficile d’anticiper ce qui va se produire, a dit Dubas. Il y a beaucoup de choses à préparer. Ce ne serait pas une catastrophe de gagner le premier choix, mais je préfère être optimiste.»

Selon le plan de relance de la LNH dévoilé la semaine dernière, les équipes classées entre le cinquième et le 12e rang de chaque association selon le pourcentage de points joueront une série de qualification au meilleur de cinq matchs avant de commencer les quarts de finale d’association.

«Je pense qu’il pourrait y avoir beaucoup de résultats intéressants pendant la ronde de qualification, a dit Dubas. C’est normal puisque les équipes seront différentes en raison du délai, qui a permis à certains joueurs de panser leurs blessures.»

Les huit équipes éliminées lors de la ronde de qualification pourraient recevoir un prix de consolation inattendu – le droit de choisir Alexis Lafrenière au premier rang du repêchage.

Alexis Lafrenière

La LNH effectuera trois tirages le 26 juin pour déterminer les trois premiers droits de parole. Les choix des sept équipes exclues – les Red Wings de Détroit, les Sénateurs d’Ottawa (qui possèdent aussi le choix des Sharks de San Jose), les Kings de Los Angeles, les Ducks d’Anaheim, les Devils du New Jersey et les Sabres de Buffalo – seront dans le boulier, en compagnie de huit choix représentants les perdants de la ronde de qualification.

Le nombre de boules varie selon la position au classement et favorise les équipes exclues. Cependant, les huit équipes qui perdront en ronde de qualification ont des chances de se retrouver dans le top-3.

«Je pense que la décision a été réfléchie, a dit le DG des Oilers d’Edmonton, Ken Holland. Je crois que c’est un plan juste pour toutes les équipes.»

Si les trois boules tirées n’appartiennent pas aux équipes exclues, un deuxième tirage aura lieu au terme de la ronde de qualification pour déterminer à qui ira ou iront ce ou ces choix.

Le DG des Jets de Winnipeg, Kevin Cheveldayoff a admis qu’il avait dû réviser ses notes pour s’assurer d’avoir bien compris le processus.

«Ça démontre à quel point ils sont entrés dans les détails pour choisir la meilleure formule», a-t-il dit.

Il aurait été impossible de faire plaisir à toutes les équipes puisqu’il restait 189 matchs au calendrier régulier quand le jeu a été suspendu le 12 mars.

Certaines équipes en position confortable pour participer aux séries devront maintenant disputer la ronde de qualification. D’autres étaient résignées à ne pas être du tournoi printanier puis obtiendront un second souffle si le jeu reprend.

«Je ne songe pas au passé. Je cherche plutôt à maximiser nos chances de réaliser notre plein potentiel basé sur le talent au sein de notre équipe», a dit Dubas.

Le DG des Predators de Nashville, David Poile, a affirmé que le plan le rendait optimiste après quelques mois passés à douter de la possibilité que la coupe Stanley soit remise à une équipe en 2020.

«Il y a un plan, a dit Poile. Nous avons l’impression de travailler vers quelque chose.»

En réalité, le chemin est encore long avant la reprise des activités dans la LNH.

La ligue souhaite pouvoir rouvrir les centres d’entraînement pour des exercices en petits groupes au cours des prochaines semaines. Les camps suivraient en juillet et si tout se passe bien, le tournoi à 24 équipes commencerait vers la fin juillet ou le début août. Les enjeux en matière de santé sont nombreux et deux villes-bulles devront être choisies.

Mais si le chemin est encore semé d’embûches, il y a au moins un peu de lumière au bout du tunnel.

«Je pense qu’il faut attaquer ce défi de face et voir ça comme une expérience unique, mais aussi une belle occasion, a dit Dubas. Je me concentre là-dessus.

«Et j’espère ne plus avoir à parler de la loterie!»