Le défenseur Kristopher Letang ne croit pas devoir changer son style de jeu pour aider à nouveau les Penguins à gagner.

Que feront les Penguins?

PITTSBURGH — Jim Rutherford s’est posé une question dont la réponse, si le directeur général des Penguins de Pittsburgh parvient à en obtenir une, déterminera de la façon dont cette équipe se relèvera de son élimination en quatre rencontres aux mains des Islanders de New York.

« Les gars sont-ils trop heureux d’où ils se trouvent à ce stade-ci de leur carrière après avoir gagné deux coupes Stanley? », s’est demandé Rutherford jeudi, alors que son club s’apprêtait à affronter sa plus longue saison morte en 13 ans.

Vingt-deux mois seulement après être devenue la première équipe depuis des lunes à gagner deux coups consécutives, les Penguins arrivent à la croisée des chemins.

« C’est décevant d’avoir un si long été devant nous, a déclaré le capitaine Sidney Crosby, qui après sa sixième saison de 100 points en carrière, n’en a récolté qu’un face aux Islanders. Ça fait bien longtemps qu’on n’a pas eu autant de temps devant nous. »

De perdre en six rencontres contre l’éventuel champion et grand rival, comme les Penguins l’ont fait l’an dernier contre les Capitals de Washington, est une chose. De ne marquer que six buts et de voir une équipe menée par un nouvel entraîneur, un gardien qui n’a pas été capable de s’établir partout où il est passé, et d’avoir été dominé sur tous les aspects du jeu en est une autre.

« (Les Islanders) ont joué de la bonne façon, a expliqué Rutherford. Ils ont joué avec détermination. Pas nous. »

Peut-être que cette fin en queue de poisson n’aurait pas dû paraître aussi surprenante. Bien que les Penguins eurent porté à 13 leur séquence de participation aux séries, ils n’ont pas été en mesure de respecter le plan de match intelligent et responsable mis en place par Mike Sullivan depuis son arrivée en poste, en décembre 2015.

Des blessures, comme celles subies par Evgeni Malkin et Kristopher Letang, n’ont pas aidé, tout comme les nombreux changements à la formation. Malgré tout, les Penguins ont connu leur meilleure séquence — 10-3-3 — en mars, alors que Malkin et Letang n’ont été que sporadiquement disponibles.

Quand ils sont revenus, à temps pour les séries, la cohésion a fait défaut.

Le capitaine des Penguins Sydney Crosby se désole d’avoir un si long été devant lui.

Malkin a conclu son année en dents de scie en étant incapable de trouver le niveau de jeu qui lui a permis de dominer sur la patinoire dans le passé. Quant à Letang, il a commis une poignée d’erreurs contre les Islanders qui ont la plupart du temps mené à des buts de ces derniers.

La question est maintenant de savoir si Letang, Malkin, ainsi que les attaquants Patric Hornqvist et Phil Kessel — qui auront tous 32 ans ou plus la saison prochaine — peuvent apporter les ajustements nécessaires à leur jeu au cours des six prochains mois, car Rutherford insiste : la fenêtre d’opportunité des Penguins est toujours ouverte.

Ces quatre joueurs ont eu de grandes carrières et ont fait partie intégrante du noyau qui a aidé à remporter les deux coupes Stanley. Les quatre ont aussi tendance à prendre des risques. Ils avaient cette marge de manœuvre, car leur talent leur permettait de reprendre le dessus quand les choses allaient moins bien.

Cette marge de manœuvre est disparue. La preuve en a été faite dans cette série face aux Islanders, au cours de laquelle les Penguins ont eu l’avance que pendant cinq minutes.

Crosby est toutefois persuadé que ses coéquipiers peuvent s’adapter.

Letang n’est pas convaincu qu’il a à le faire. Questionné à savoir s’il allait adopter une approche plus défensive, le défenseur qui disputera sa 14e saison s’est braqué.

« C’est certain que j’aurais aimé faire des choses différemment, mais je ne crois pas avoir à changer complètement de style, s’est-il défendu. Je ne vais pas changer mon style pour trois jeux dans ma saison. »

La direction aussi à des questions à se poser. Les Penguins doivent décider s’ils changent de personnel ou de style de jeu. Ou les deux. Leur capacité à trouver preneurs pour des vétérans ayant gravé leur nom sur la coupe Stanley en quelques occasions, mais dont les lucratifs contrats ont cours pour encore quelques saisons sera un grand facteur.

Peu importe les choix qui seront faits, Sullivan croit que son équipe devra adopter une nouvelle attitude en septembre.

« Le défi sera de s’assurer que tout le monde achète le plan de match, a-t-il affirmé. On doit retrouver notre identité. Être de nouveau difficile à affronter. »