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Petr Svoboba en 1984, à son arrivée à Montréal. «Le Canadien a été très bon pour moi, mais il y a un bout de chemin que j’ai dû faire seul», se souvient le premier Tchèque à avoir disputé 1000 matchs dans la Ligue nationale.
Petr Svoboba en 1984, à son arrivée à Montréal. «Le Canadien a été très bon pour moi, mais il y a un bout de chemin que j’ai dû faire seul», se souvient le premier Tchèque à avoir disputé 1000 matchs dans la Ligue nationale.

Petr Svoboda sait ce que vit Romanov

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
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Premier joueur d’origine tchèque à porter les couleurs du Canadien, Petr Svoboda avait à peine 18 ans lorsqu’il est débarqué à Montréal, en 1984, après avoir fui son pays et avoir été repêché par Serge Savard. Et s’il y a quelqu’un qui peut comprendre ce que vit le jeune défenseur russe Alexander Romanov, c’est bien lui.

À 21 ans, Romanov est un peu plus vieux que Svoboda l’était à son arrivée dans la Ligue nationale. Tout de même, la comparaison se tient : deux défenseurs, deux Européens de l’Est, un jeune qui a dû s’adapter à un nouveau style de jeu et à une nouvelle culture et l’autre qui doit le faire.

«Je ne suis pas inquiet pour Romanov parce que c’est un défenseur de grand talent, explique Svoboda, joint en Suisse cette semaine. Il va faire son chemin, c’est sûr, mais il y a une adaptation, c’est clair. Heureusement, il semble bien entouré.»

Aujourd’hui âgé de 54 ans, Svoboda est directeur des opérations hockey du Lausanne HC, de la Ligue nationale de Suisse, où on retrouve plein de noms familiers. Craig MacTavish est l’entraîneur en chef, Cristobal Huet est un de ses adjoints alors que Charles Hudon, Mark Barberio et Tim Bozon, tous des anciens de l’organisation du Canadien, font partie de l’alignement.

Mais revenons à Romanov et aux défis qui l’attendent.

«Quand tu te retrouves dans la Ligue nationale, tu dois d’abord faire avec les petites patinoires d’Amérique du Nord, reprend Svoboda. Le partisan qui regarde les matchs à la télé ne voit pas la différence, mais pour le joueur, c’est autre chose, surtout pour un défenseur. Et qu’on le veuille ou non, c’est plus robuste dans la LNH, c’est une autre game

Dès sa première saison, Svoboda avait amassé 31 points en 73 matchs. Et preuve qu’il n’avait pas froid aux yeux, même s’il n’était pas le défenseur le mieux bâti à 6’1’’ et 160 livres, il avait passé 65 minutes au cachot.

«J’ai été chanceux. Des gars comme Larry Robinson et Bob Gainey ont pris soin de moi, ils m’ont aidé énormément. L’entraîneur Jacques Lemaire aussi. Ils m’ont aidé à mieux comprendre comment on jouait au hockey en Amérique du Nord. Croyez-moi, ça a fait une énorme différence. Car si c’est le même sport, ce n’est pas la même façon de jouer d’un continent à l’autre. Ce l’était encore moins à l’époque.»

Il faut dire aussi que Svoboda, que le Canadien avait caché à l’hôtel avant qu’il ne soit repêché en première ronde, ne manquait pas de détermination.

«Je voulais, je voulais beaucoup. Je n’avais pas fui mon pays pour rater mon coup.»

Les temps ont changé et pour le mieux. Romanov, lui, n’a pas eu à fuir son pays, à se cacher, etc.

«Le Canadien a été très bon pour moi, mais il y a un bout de chemin que j’ai dû faire seul. J’étais peut-être un peu inconscient, je ne sais pas. Mais sur la glace, j’avais cette confiance en moi que ça prend pour réussir.»

Svoboda aura finalement disputé huit saisons à Montréal et il a gagné la Coupe Stanley en 1986. Premier Tchèque à jouer 1000 matchs dans la Ligue nationale, il s’est aussi arrêté à Buffalo, Philadelphie et Tampa Bay.

Plus de 35 ans après Petr Svoboda, Alexander Romanov tente à son tour de faire sa place dans la Ligue nationale.

Repartir à zéro

Quand il s’est retrouvé à Montréal, Petr Svoboda repartait à zéro. Vraiment à zéro.

«En partant, je ne parlais pas un mot d’anglais et encore moins de français, raconte-t-il. J’ai habité chez Serge Savard pendant quelques mois et ensuite chez la famille Wilson, qui a fait beaucoup pour l’adolescent que j’étais encore. C’était complètement une nouvelle vie. Ça aurait pu me faire peur.»

Et lorsqu’on découvre une nouvelle vie, on a toujours besoin d’un bon conseil ou deux. Et Svoboda en a pour Romanov.

«La première chose que je lui dirais, c’est qu’il doit se faire confiance, car c’est son talent qui l’a amené jusque-là. Apprendre à devenir un professionnel, ce n’est pas facile, mais il va réussir. Ensuite, je lui dirais de ne surtout pas écouter ce que les journalistes disent à son sujet. Que ce soit après un mauvais match ou même après un bon match, il ne faut pas écouter les journalistes!»

Et Svoboda qui riait de bon cœur…