Les Bruins de Boston seront de la finale de la Coupe Stanley pour une troisième fois depuis 2011, quand ils avaient remporté la Coupe Stanley en sept matchs contre les Canucks de Vancouver.

Patrice Bergeron en mission pour une deuxième Coupe Stanley

La prochaine fois qu’il participera à un but de son équipe, il deviendra le 100e joueur de l’histoire de la Ligue nationale de hockey à franchir le cap des 100 points en séries éliminatoires. Mais ce n’est pas ce qui anime Patrice Bergeron à l’approche de la finale de la Coupe Stanley. Le centre des Bruins de Boston a plutôt la tête à remporter le précieux trophée pour la seconde fois de sa carrière.

Pour l’instant, les Bruins sont dans l’attente de connaître leurs prochains adversaires pour la finale qui se mettra en branle au TD Garden de Boston, le lundi 27 mai. Les Blues détiennent une avance de 3-2 sur les Sharks de San Jose à l’approche du sixième match de la finale de l’Association de l’Ouest, mardi, à St. Louis.

«Pendant les séries, chaque journée de congé est bénéfique. Ça nous permet de nous reposer, de soigner les petits bobos de la saison et de bien nous préparer pour la prochaine ronde. Mais on ne change pas notre approche pour autant : on reste dans le moment présent, même à l’entraînement, et on ne regarde pas trop loin devant. Notre objectif est de toujours être prêts pour affronter n’importe qui. Peu importe qui on affrontera, on sait qu’il sera un rival de taille», a dit Bergeron en entrevue avec Le Soleil, lundi matin, tout juste avant une réunion d’équipe et une séance d’entraînement.

Les Bruins ont eu la main heureuse, en finale de l’Association de l’Est, en balayant les Hurricanes de la Caroline en quatre matchs. Ils ont aussi vaincu les Maple Leafs de Toronto en sept et les Blue Jackets de Columbus en six. Leur dernière sortie remonte à jeudi dernier. Ils auront bénéficié d’une pause de 10 jours entre leur dernier match et le premier de la finale. Après deux journées complètes de repos, en fin de semaine, ils sont retournés sur la glace, dimanche.

Troisième présence en finale

Il s’agira de leur troisième présence en finale depuis 2011, année où ils avaient remporté la Coupe Stanley en sept matchs contre les Canucks de Vancouver sur un but vainqueur de… Patrice Bergeron. En 2013, ils s’étaient inclinés en six contre les Black­hawks de Chicago.

«Je vois plusieurs similitudes entre les Bruins de 2011 et ceux de 2019. C’est la profondeur qui nous a amenés ici. Tout le monde contribue, chacun met l’épaule à la roue et n’a qu’un but, l’emporter.»

Il se fait élogieux à l’endroit du gardien Tukka Rask, véritable forteresse devant le filet. «Il est responsable en grande partie à notre présence en finale. Il est vraiment dans sa zone, il a volé des matchs en notre faveur dans les séries. Il joue de l’excellent hockey, c’est toujours très important de compter sur un gardien comme lui», estime celui qui avait vu le gardien Tim Thomas être nommé joueur le plus utile des séries lors de la conquête de 2011.

Trio dominant

Bergeron pivote pour sa part l’un des meilleurs trios des présentes séries entre Brad Marchand et David Pasternak. Ses deux ailiers figurent parmi les plus productifs pointeurs de la Ligue, ce printemps, tandis que Bergeron vient au quatrième rang avec huit buts.

«Il y a beaucoup de communication entre nous. On regarde souvent des vidéos pour voir ce qu’on peut améliorer. La chimie ne s’explique pas vraiment, mais sur la glace, on se trouve, on se voit, on réussit à se repérer. Et comme il n’y a pas beaucoup de temps pour créer des choses, ça nous aide», estime celui qui est en nomination pour la huitième fois au trophée Frank-Selke du meilleur attaquant défensif. Il l’a déjà remporté quatre fois depuis le début de sa carrière.

«Fort esprit de corps»

Mais les honneurs individuels et les statistiques personnelles ne le préoccupent pas du tout, par les temps qui courent. «Je ne pense pas du tout à cela, ça n’a aucune importance. Je suis juste fier de la manière que l’on joue. J’ai rarement vu un aussi fort esprit de corps. Nos jeunes m’impressionnent beaucoup. Ils ont beaucoup de caractère, ils réalisent de gros jeux, et les plus vieux, on fait notre travail, on se sert de notre expérience.»

Pour le reste, le vétéran de 15 saisons dans la LNH qui a disputé son 1000e match au cours de la dernière campagne ne crie pas victoire.

«Notre approche depuis le début a été de prendre les étapes une à la fois. Notre mot-clé est de vivre dans le moment présent, de remporter la bataille devant nous. En faisant cela et en ne regardant pas trop loin devant, on ne perd pas notre concentration. L’objectif n’était pas d’atteindre la finale; le plus gros reste à venir.»

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UNE VILLE DE CHAMPIONS

Le numéro 37 des Bruins est l’un des 10 joueurs canadiens à faire partie d’un club sélect ayant remporté la Coupe Stanley, la médaille d’or olympique et celle du Championnat mondial.

Après les Red Sox (baseball) en octobre 2018 et les Patriots (football) en février 2019, les Bruins pourraient offrir à la région de Boston son troisième championnat en l’espace de huit mois. Décidément, ça coûte cher de confettis en Nouvelle-Angleterre.

«On apprécie beaucoup le fait d’avoir l’occasion de se battre pour un championnat, mais il faut garder notre sang-froid et rester sur la tâche qu’on a à accomplir. On est confiant, mais on n’a encore rien gagné», indique Patrice Bergeron, l’un des sportifs les plus adulés dans l’État du Massachusetts.

Avec raison, puisqu’il a toujours été fidèle au club qui l’avait sélectionné en deuxième ronde (45e) du repêchage de la LNH en 2003. En début de saison, il confiait d’ailleurs au Soleil son désir de passer toute sa carrière dans le même uniforme.

Il apprécie d’ailleurs l’appui des joueurs des Patriots et des Red Sox dans cette grande aventure printanière.

Le gérant des Red Sox, Alex Cora, et le receveur de passes des Patriots Julian Edelman, pour ne nommer que ceux-là, ont été aperçus au TD Garden de Boston, qui sera le théâtre des deux premiers matchs de la finale, la semaine prochaine.

«C’est vraiment le fun de voir le soutien des autres clubs professionnels de Boston. On avait fait la même chose pour les Patriots», se rappelle Bergeron.

Une culture de la victoire

La culture de la victoire est aussi importante que celle des fèves au lard, à Boston. Depuis le début des années 2000, les quatre sports majeurs (baseball, basketball, football et hockey) du coin se partagent 12 championnats, soit ceux des Red Sox (2004, 2007, 2013 et 2018), des Celtics (2008), des Patriots (2002, 2004, 2005, 2015, 2017 et 2019) et des Bruins (2011).

«On ne pratique pas les mêmes sports, mais on sait tous par où l’on passe pour arriver au bout. Ils savent ce que ça prend pour remporter le titre de sa ligue», précise Bergeron à propos de cette camaraderie sportive.

Le numéro 37 des Bruins est l’un des 10 joueurs canadiens à faire partie d’un club sélect ayant remporté la Coupe Stanley, la médaille d’or olympique et celle du Championnat mondial. Il a aussi savouré la victoire au Mondial junior ainsi qu’à la Coupe Spengler, l’année du lock-out de la LNH en 2012.