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Jean-Philippe Tourigny à gauche et son jumeau Félix-Antoine terminent leur dernière année de hockey junior chez les Nats de Rockland.
Jean-Philippe Tourigny à gauche et son jumeau Félix-Antoine terminent leur dernière année de hockey junior chez les Nats de Rockland.

Papa à Edmonton, fistons à Rockland

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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Au cours des prochaines semaines, André Tourigny sera l’homme de hockey le plus en vue au pays.

En l’absence de hockey de la LNH, Équipe Canada junior (ÉCJ) occupera toute la place et deviendra la fierté d’une nation. Les séries de la coupe Stanley ont pris fin le 28 septembre. Trois mois plus tard, le Championnat mondial junior d’Edmonton, disputé à huis clos, va ramener le hockey au «petit écran».

À 3500 kilomètres de la capitale albertaine, Jean-Philippe et Félix-Antoine Tourigny seront des téléspectateurs attentifs dans le domicile familial de Kanata. Leur père a réalisé un rêve en accédant au poste d’entraîneur-chef d’ÉCJ. Le Mauricien de Nicolet a fait d’énormes sacrifices pour se rendre où il est, surtout en cette année de pandémie.

«Il a gagné l’année dernière comme entraîneur-adjoint. Nous voulons le voir gagner comme entraîneur-chef. Il y a mis toute son énergie depuis six mois. Nous sommes ses fils. Il veut que nous ayons nos propres rêves, mais lui, ce qui s’en vient, c’est le sien. Ça nous a fait du bien de le voir travailler avec acharnement tout l’été. Nous sommes tellement excités pour lui», ont-ils raconté la semaine dernière après un match des Nats de Rockland, dans la Ligue centrale junior A (CCHL).

Les jumeaux Tourigny ont été réunis à nouveau dans la même équipe cette saison. Âgés de 20 ans, ils ont été échangés des Lasers de Kanata aux Nats afin de compléter leur carrière junior ensemble. Félix-Antoine, un attaquant, a eu la chance de faire partie de l’édition électrisante des 67’s d’Ottawa la saison dernière. Jean-Philippe, un gardien, a fait une «saucette» devant le filet de l’équipe numéro un au Canada. Il a bloqué le seul tir qu’il a eu à affronter dans ses quatre minutes en relève à Cédrick Andrée.

Non seulement ont-ils gravité autour de l’organisation des 67’s, les jumeaux Tourigny ont aussi oeuvré momentanément dans l’ancienne organisation de leur père chez les Huskies de Rouyn-Noranda. Jean-Philippe a passé une courte minute dans l’uniforme des Huskies à titre de joueur affilié pendant la saison 2017-18. Félix-Antoine avait quant à lui percer l’alignement cette saison-là, mais une blessure à l’épaule avait mis fin à sa saison après seulement sept matches.

«Nous sommes choyés d’avoir pu faire partie de deux organisations où notre père a travaillé», a avancé Jean-Philippe, un gardien comme son père.

Félix-Antoine signale de son côté qu’il pourra toujours se vanter auprès de ses enfants d’avoir fait partie de la même équipe que Jack Quinn, Marco Rossi et Graeme Clarke à Ottawa.


« Il faut que je reste dans un environnement de hockey afin de préparer ma prochaine saison. J’aurai à faire de la physiothérapie. Je peux compiler des statistiques et aider l’équipe de plein d’autres façons. »
Félix-Antoine Tourigny

«Juste en s’entraînant avec ces gars-là, tu deviens un meilleur joueur. Marco Rossi est une machine. Il me choisissait souvent pour les exercices de batailles à un contre un. C’est tout un compétiteur et tu apprends beaucoup à batailler avec lui.»

Saison terminée

Malheureusement, la saison de Félix-Antoine est déjà terminée. Il a subi une blessure au genou gauche le 13 novembre. Il devra être opéré au début de la nouvelle année. Il a toutefois l’intention de rester dans l’entourage des Nats à Rockland.

«Il faut que je reste dans un environnement de hockey afin de préparer ma prochaine saison. J’aurai à faire de la physiothérapie. Je peux compiler des statistiques et aider l’équipe de plein d’autres façons.»

Félix-Antoine vise une carrière au hockey universitaire canadien. Parce qu’il a évolué dans la Ligue de l’Ontario (OHL) la saison dernière, il reçoit des appels. Jean-Philippe, lui, voudrait profiter de la prochaine saison pour générer le même intérêt.

«Il y a beaucoup d’incertitude sur la saison de hockey en Ontario. Au moins, nous pouvons jouer des matches hors-concours. Notre père avait fait quelques appels quand les Lasers sont déménagés à Renfrew. C’était un peu loin de nos écoles. Nous voulions un bon endroit pour disputer notre dernière saison junior ensemble. Rockland, c’était parfait. Ils ont de bons entraîneurs, une culture gagnante et c’est un milieu francophone», a signalé Jean-Philippe.

Les frères Tourigny sont comme tout le monde. Ils espèrent une saison de hockey à partir de janvier.

«Nous avons une jeune équipe, mais elle travaille tellement fort. Je pense que nous pouvons aspirer au championnat», ajoute le gardien, qui a déjà gagné le championnat U18 de Hockey Eastern Ontario avec son frère.

Noël sans papa

En attendant, les Tourigny vont passer Noël à Kanata, avec leur soeur de 17 ans et leur mère infirmière. Quant à l’absence du père, ils y sont habitués.

«Ce n’est pas la première fois qu’il est absent à Noël. Il a été plusieurs fois avec ÉCJ. Au Colorado, il rentrait à Noël et partait le lendemain. Quand il était à Halifax, il a été séparé de nous pendant un an. Je pense que c’est plus difficile pour lui que pour nous», ont résumé les jumeaux.