Le Gatinois Jean-Gabriel Pageau est rentré chez lui, à Ottawa, depuis que la saison de la LNH a été interrompue par la propagation rapide de la COVID-19 à travers le monde.
Le Gatinois Jean-Gabriel Pageau est rentré chez lui, à Ottawa, depuis que la saison de la LNH a été interrompue par la propagation rapide de la COVID-19 à travers le monde.

Pageau est rentré à la maison

Depuis qu’il a été échangé aux Islanders, Jean-Gabriel Pageau a passé plus de temps à Ottawa que dans la région new-yorkaise, épicentre de la pandémie du coronavirus aux États-Unis.

En entrevue téléphonique, le Gatinois de 27 ans a indiqué qu’il commençait à magasiner l’achat ou la location d’une maison dans le coin de Long Island quand la LNH a décrété la pause de ses activités, qui se poursuit pour une période encore indéterminée.

«Je suis à la maison à Ottawa, je suis revenu de New York il y a trois semaines, quand tout a commencé à changer avec le virus. Dans le fond, après l’échange, j’ai été là deux semaines et demie environ (période qui comprend son retour au Centre Canadian Tire pour affronter les Sénateurs le 5 mars), a-t-il relaté cette semaine. C’était beaucoup d’émotions après l’échange. Je commençais juste à être confortable avec les systèmes de jeu, avec les nouveaux coéquipiers, puis tout s’est arrêté. C’est un gros changement, tout le monde est chez eux, c’est assez spécial pour les joueurs présentement. C’est stressant parce que c’est la santé de tout le monde qui est danger, ce n’est pas une affaire reliée au hockey.»

Alors que son ancien club a vu six de ses membres, dont cinq joueurs, être infectés par la COVID-19, l’ancien Sénateur n’a pas été touché de près par la maladie, autant dans sa famille à Gatineau — incluant sa grand-mère qui habite une résidence pour personnes âgées — que chez les Islanders.

Mais en cette période d’isolement, il regarde les bulletins de nouvelles pour se tenir informé des développements dans ce dossier qui préoccupe tout le monde.

«Il faut prendre ça au sérieux. En regardant ce qui se passe à New York, je suis content d’être revenu à la maison tout de suite avant que ça commence (à se propager dans la population)... On était dans le processus de trouver une maison, mais le virus a arrêté le shopping pas mal net. On est revenus alors qu’on ne voulait pas rester à l’hôtel. Là, je suis à la maison et je me tiens occupé avec ma femme. On va attendre plus d’informations à savoir quand on va pouvoir y retourner», mentionne-t-il.


« C’est stressant parce que c’est la santé de tout le monde qui est danger, ce n’est pas une affaire reliée au hockey. »
Jean-Gabriel Pageau

En attendant, Pageau est comme tous les joueurs de la LNH, il cherche à garder la meilleure forme possible en cas de reprise des activités. Avec sa conjointe Camille, il fait beaucoup de course à pied, en plus d’avoir de l’équipement pour faire d’autres exercices dans son garage.

«Elle aime se garder en shape autant que moi, donc c’est bon, on s’entraîne dès qu’on se lève le matin. Comme on a eu du beau temps au cours des dernières semaines, c’est le fun de pouvoir s’entraîner dehors. Ce n’est évidemment pas comme patiner tous les jours, il n’y a rien comme ça», dit-il.

Pageau n’a pas vraiment d’opinion sur les différents scénarios de reprise étudiés par la LNH, comme de tenir des séries dans un endroit neutre, devant des gradins vides. Il souhaite évidemment que son nouveau club, qui occupait le neuvième rang dans l’Est au moment de la pause — mais le huitième pour ce qui est du pourcentage de points accumulés — ait l’occasion de participer aux séries. Les Islanders avaient perdu leurs sept matches après son acquisition à la date limite des transactions, dont quatre en prolongation ou tirs de barrage.

«On a une super équipe et moi, les gars m’ont tellement bien accueilli, tout comme l’organisation et les partisans. Je suis content de vivre de changement-là. C’est certain qu’Ottawa va rester chez nous, je vais revenir passer mes étés ici. Mais de vivre une expérience comme ça, à New York, c’est un challenge pour la suite de ma carrière, d’aller gagner là-bas, avoir une chance de gagner chaque année», affirme celui qui a ajouté deux buts à sa fiche avec les Islanders, pour aller avec les 24 buts et 40 points accumulés à ses 60 derniers matches avec Ottawa.

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Jean-Gabriel Pageau

DU TEMPS POUR «RECONNECTER» AVEC SON MONDE

Jean-Gabriel Pageau est habituellement une personne très sociable, qui aime passer du temps avec ses amis et les membres de sa famille.

En ces temps de distanciation physique, il arrive quand même à garder le contact avec ses proches, juste de manières différentes.

« Tu ne vois pas personne, mais ça ne m’empêche pas de prendre le temps de “reconnecter” avec des gens avec qui j’ai eu moins le temps de parler pendant la saison, et surtout avec mon grand changement. Je prends du temps pour ça aussi, retrouver mon monde, mes amis d’ici et mes anciens coéquipiers, qui sont pour la plupart de bons amis encore. Beaucoup de monde de la famille aussi. C’est bien du FaceTime et bien des appels téléphoniques aussi », a-t-il confié.

Il passe évidemment aussi beaucoup de temps de qualité avec son épouse Camille, relatant qu’ils jouent à des jeux de société ensemble. Peu enclin à regarder les matches de hockey d’autres époques qui sont présentés par les réseaux de télévision de ce temps-ci, le couple se retourne aussi beaucoup vers Netflix pour regarder différents films et séries. « On a regardé Tiger King comme un peu tout le monde. Là, on vient de commencer la série Ozark », raconte-t-il.

L’ancien Olympique a évidemment pris connaissance des grands changements dans l’univers de la formation gatinoise, avec la nomination de Louis Robitaille comme directeur général et entraîneur-chef cette semaine. « C’est dommage, mais des fois, une équipe a besoin de changements comme ça. Il y a tout le temps du changement dans une organisation, je l’ai vu quelques fois à Ottawa. Parfois, ça fait du bien, un nouveau départ », a dit Pageau, content de voir l’implication — pas encore confirmée officiellement de son actuel coéquipier Derick Brassard comme actionnaire dans l’équipe. 

De son côté, il n’y a « rien de concret » dans le bruit qu’il pourrait lui aussi se joindre au groupe de propriétaires.

Aucune décision n’a encore été prise quant à la présentation du tournoi de golf qui porte son nom et celui de Daniel Brière, habituellement présenté en juin, dans le contexte des mesures actuelles pour contrer la pandémie.