Jean-Gabriel Pageau s’est joint aux Islanders de New York le 24 février dernier, alors que la LNH a interrompu ses activités environ deux semaines plus tard en raison de la pandémie de COVID-19.
Jean-Gabriel Pageau s’est joint aux Islanders de New York le 24 février dernier, alors que la LNH a interrompu ses activités environ deux semaines plus tard en raison de la pandémie de COVID-19.

Pageau a la tête aux séries

Jean-Gabriel Pageau n’a pas attendu qu’on lui tire l’oreille. Il a choisi de rentrer dans la région de New York, quelques jours avant la Saint-Jean-Baptiste.

Pour lui, c’était nécessaire.

Si le projet des séries éliminatoires estivales décolle, les Islanders affronteront les Panthers de la Floride durant la ronde de qualification.

Il n’a surtout pas l’intention de prendre ce défi à la légère. Il a compris, durant ses années à Ottawa, qu’il faut saisir chaque opportunité de participer à un tournoi où la coupe Stanley est à l’enjeu.

Il sentait qu’il pouvait faire un effort pour apprendre à mieux connaître ses coéquipiers.

Pageau s’est joint aux Islanders le 24 février dernier. La Ligue nationale a interrompu ses activités une quinzaine de jours plus tard.

Entre les deux, Pageau a joué sept matches.

Ça fait beaucoup.

«J’ai passé tout mon temps à l’aréna. L’aréna, ce n’est pas le meilleur endroit pour apprendre à connaître les gars», fait-il valoir.

En retournant à New York à la fin du mois de juin, le centre gatinois a pu passer un peu de temps, à l’extérieur de la glace, avec «les gars». «J’en connaissais déjà quelques-uns à cause de ma participation au Championnat du monde. Je connais davantage les autres, maintenant. Nous avons eu des entraînements sur glace et hors glace. J’ai obtenu quelques invitations à souper. J’ai organisé quelques rondes de golf. Tout ça, c’est du temps de qualité. Ma femme est avec moi. Elle s’est fait de nouveaux amis, elle aussi. Tout ça, c’est important.»


« Ce sera différent, sans les fans. L’émotion va se créer entre les deux bancs. »
Jean-Gabriel Pageau

Tous ces efforts devraient rapporter des dividendes, à la fin du mois, lors des premiers matches sans lendemain.

«Vous me connaissez. Quand je suis avec une équipe, je me dédie à fond. Je ne veux pas changer ma mentalité. C’est ça qui m’a permis de connaître du succès depuis le début de ma carrière. Je suis un Islander, maintenant. Et je suis fier de l’être.»

Quand Pageau est arrivé dans la région de New York, une douzaine de joueurs des Islanders s’entraînaient déjà, ensemble. Le groupe a très rapidement grossi. «Presque tout le monde est là, en ce moment.»

Les Islanders ont tout intérêt à se rassembler le plus rapidement possible, pour former une équipe unie. Les choses ne fonctionnaient pas rondement, pour eux, en mars. Ils ont perdu leurs sept dernières parties.

Ils devront maintenant affronter un double vainqueur du trophée Vézina.

En Floride, cet hiver, Sergeï Bobrovsky s’est montré capable du meilleur comme du pire.

Lors de sa dernière participation aux séries, en 2019, il a offert le meilleur. Il a éliminé, en quatre parties, la meilleure équipe de toute la LNH en saison régulière.

«Les Panthers ont de très bons canons, à l’attaque, note Pageau. Parce que notre camp d’entraînement n’est pas encore officiellement commencé, je n’ai pas encore vraiment pris le temps d’étudier leurs tendances. Je les ai quand même affrontés souvent, dans les dernières années. Je les connais. Et je crois en nos chances de l’emporter.»

Les Islanders et les Panthers devront surtout apprendre à jouer dans des amphithéâtres vides.

Pour un joueur émotif comme Pageau, qui se nourrit de l’énergie de la foule dans les matches importants, ce sera un autre défi.

«Ça va demander certains ajustements, croit-il. Ce sera différent, sans les fans. L’émotion va se créer entre les deux bancs. Nous sommes des compétiteurs. Personne n’aime perdre.»

+

UN COUPLE BIEN INSTALLÉ POUR LES SIX PROCHAINES ANNÉES

«J’ai passé le test», lance Jean-Gabriel Pageau avec un sourire dans la voix.

Le hockeyeur nous parle, ici, de l’achat de son pied-à-terre dans la région métropolitaine de New York.

Il n’est pas évident de s’aventurer dans le monde de l’immobilier en pleine pandémie.

Le hockeyeur avait eu l’occasion de visiter quelques endroits, ce printemps, avant de rentrer à Ottawa. Il a complété la transaction à distance.

«Ma femme n’a pas eu la chance de visiter avant d’emménager. Quand je dis que j’ai passé le test, c’est qu’elle trouve que j’ai fait un bon choix. Elle est contente», raconte-t-il.

«On sera bien, ici. On se trouve dans le même complexe que d’autres joueurs. Derick Brassard est ici, Leo Komarov aussi... C’est un endroit sécuritaire. Quand on partira sur la route, je ne serai pas trop inquiet.»

Il n’est pas nécessairement évident de trouver l’endroit idéal où vivre, quand on appartient à l’organisation des Islanders.

Depuis quelques années, l’équipe dispute ses matches dans deux amphithéâtres différents. Le Barclays Center est situé à Brooklyn. Le vieux Nassau Coliseum est
à Uniondale.

Le complexe d’entraînement est situé dans un autre secteur de cette immense région métropolitaine.

Comme si ce n’était pas suffisant, il y a un autre amphithéâtre en construction.

Au début de la saison 2021-22, les Islanders devraient s’installer dans un aréna tout neuf, construit au coût de 1 milliard $US, dans le secteur de Belmont Park.

C’est assez pour vous donner le tournis!

«On a trouvé l’emplacement parfait. On est à 10 minutes de l’aréna de pratique. On est à 12 minutes de l’endroit où on va jouer l’an prochain. C’est vraiment simple. Dans les heures où il n’y aura pas trop de circulation, on devrait être à 25 minutes de Manhattan», résume celui qui est sous contrat jusqu’en 2026 avec sa nouvelle équipe.

Pageau et sa conjointe n’ont pas trop profité de la vie dans la grande ville, jusqu’à présent. Mieux vaut ne pas trop prendre de chances de contracter le coronavirus, à l’approche des séries...