Michel Therrien se trouvait dans le camp ennemi à l’époque où il a dirigé le Titan de Laval et les Prédateurs de Granby, mais pour la première fois depuis la saison 1992-93, il occupera un rôle d’adjoint à Philadelphie où il a été embauché par Alain Vigneault.

Michel Therrien: un intrus au tournoi Pat-Burns

Les organisateurs de la cinquième édition du tournoi de golf de la Fondation Pat-Burns ont frappé fort en attirant les entraîneurs les plus influents de l’histoire des Olympiques de Hull/Gatineau.

Burns a été le premier à percer la LNH, mais sa succession a suivi dans ses traces. 

Alain Vigneault et Claude Julien sont toujours dans le circuit Bettman à Philadelphie et Montréal. Benoît Groulx est dans la Ligue américaine à Syracuse.

Parmi les entraîneurs invités vedettes, il y avait quand même un intrus. 

Michel Therrien se trouvait dans le camp ennemi à l’époque où il a dirigé le Titan de Laval et les Prédateurs de Granby, mais pour la première fois depuis la saison 1992-93, il occupera un rôle d’adjoint à Philadelphie où il a été embauché par Alain Vigneault.

Deux ans et demi après avoir été congédié une deuxième fois par le Canadien, Therrien était prêt à accepter ce nouveau défi.

« Ça va être une adaptation et c’est sûr que j’en ai parlé avec Alain quand il m’a approché pour devenir son adjoint. J’ai commencé comme adjoint à Bob Hartley à l’époque. Quand j’ai été entraîneur-chef, j’ai eu la chance d’être bien entouré. Vous n’avez qu’à regarder les succès de Gerard Gallant après avoir été mon adjoint à Montréal pour voir comment c’est important d’être bien appuyé. Comme entraîneur-chef, tu veux de nouvelles idées. Tu veux des suggestions. Des fois, tu les prends. Des fois, tu fais à ta tête. Pour évoluer, il faut partager des idées. »

À Philadelphie, il sera surtout très à l’aise de travailler avec des entraîneurs qu’il tient en haute estime.

« J’ai travaillé pendant sept ans avec Mike Yeo (autre nouvel adjoint chez les Flyers) dans l’organisation des Penguins. Je vais me sentir confortable avec Alain et lui. Dans le fond, notre but, c’est de nous donner une chance de gagner une coupe Stanley. Alain a fait deux finales. J’en ai fait une. On veut aller plus loin. »

Même s’il s’est retrouvé en territoire « hostile » à Gatineau vendredi, Therrien a eu du plaisir à partager les souvenirs nostalgiques de sa carrière junior avec les ex-entraîneurs des Olympiques.

« Je ne sais pas s’il y a encore des rivalités aussi intenses que celles du Titan ou des Prédateurs avec les Olympiques aujourd’hui, mais à l’époque, c’était la guerre ! C’était la famille Morrissette contre les Olympiques de Charlie Henry, mais comme les deux organisations ont gagné la coupe Memorial en 1996 et 1997, il y avait quand même un respect qui existait entre les deux. On a gagné à Granby. Charlie et Claude (Julien) ont gagné à Hull. Les rivalités sont bonnes pour le hockey. Elles sont aussi bonnes pour les médias. »

À l’époque, tous les coups étaient permis. Therrien se souvient même d’avoir essayé de déconcentrer le gardien José Théodore en demandant aux arbitres qu’il change ses bas parce qu’ils n’avaient pas la même couleur que l’uniforme des Olympiques !

« C’était des jeux psychologiques ! J’ai dirigé José après. J’ai toujours aimé son côté frondeur. Les Olympiques avaient de bons joueurs, mais nous aussi. L’ambiance et l’énergie à Laval, Granby et Hull étaient incomparables ! »