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L’ancien joueur des Olympiques de Gatineau, Nicolas Meloche, a participé à son premier match dans la Ligue nationale la semaine dernière.
L’ancien joueur des Olympiques de Gatineau, Nicolas Meloche, a participé à son premier match dans la Ligue nationale la semaine dernière.

Meloche et l’extase d’un premier match dans la LNH

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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Au Québec, tous les jeunes hockeyeurs rêvent d’enfiler un jour un chandail d’une équipe de la LNH. Dans la majorité des cas, la seule véritable façon de s’approcher de cette réalité, c’est par l’entremise des jeux vidéo.

Nicolas Meloche n’est pas différent des autres. Gamin, le défenseur de Rosemère était doué au hockey, mais pour assouvir sa passion à l’extérieur de la patinoire, il se substituait à un joueur de la LNH sur Xbox.

La semaine dernière, il lui a fallu quelques secondes avant de réaliser qu’il n’était plus dans un jeu vidéo quand il s’est retrouvé dans l’alignement partant des Sharks de San Jose pour leur match d’ouverture contre les Coyotes de l’Arizona. Et pourtant, c’était tout comme...

«À ma première mise en jeu, j’étais à côté de Phil Kessel. Ça m’a fait quelque chose! Quand j’étais plus jeune, c’est toujours le joueur que je prenais pour jouer à la LNH sur Xbox! Là, il se trouvait à côté de moi en chair et en os. Nous étions dans la même ligue. C’était un peu irréel!»

À 23 ans, cet ancien choix de deuxième ronde de l’Avalanche du Colorado a vécu son baptême du feu dans le circuit Bettman. Il va conserver des souvenirs de sa soirée du 14 février 2021 pendant toute une vie.

Dans la LHJMQ, Meloche a porté les couleurs du Drakkar de Baie-Comeau, des Olympiques de Gatineau et des Islanders de Charlottetown. Il a ensuite poursuivi son développement pendant trois années complètes dans la Ligue américaine et la Ligue East Coast où il a notamment été échangé aux Sharks avant d’obtenir sa première chance dans la LNH.

En raison de la pandémie, il n’a pas pu partager ce couronnement avec ses parents et ses amis, mais au moins, le Gila River Arena n’était pas complètement vide pour son premier match. L’amphithéâtre pouvait accueillir un nombre limité de spectateurs. Ils étaient 2274 dans les gradins ce soir-là.

Les Sharks ont gagné ce premier match 4-3 en fusillade. Coincé derrière Brent Burns et Erik Karlsson chez les défenseurs droits, Nicolas Meloche a été limité à 5:43 minutes de jeu pendant que les vedettes que sont Burns (27:45) et Karlsson (32:12) ne quittaient pratiquement jamais la patinoire.

«Ce n’est pas moi qui vais me plaindre. Burns et Karlsson sont d’excellents joueurs. Si le club leur verse 20 millions $US à deux, c’est parce qu’il veut les avoir sur la glace!»

Malgré tout, c’est la paire défensive de Meloche et de Nikolai Knyzhov qui s’est retrouvée sur la patinoire pour le premier but à forces égales de la saison des Sharks. Meloche n’a pas récolté de point sur le but de Tomas Hertl, mais c’est lui qui a poussé la rondelle profondément dans le territoire des Coyotes pour amorcer la séquence qui a mené à ce but.

«C’était impressionnant de voir Hertl travailler derrière le filet. Sa protection de rondelle était parfaite. Être sur la patinoire pour un but de ton équipe dans la LNH, il n’y a pas de meilleur sentiment!»

Le match de Meloche s’est résumé à 11 présences sur la patinoire: cinq en première période, cinq en deuxième période et une dans le troisième tiers. Il a terminé le match avec un différentiel de +1. Ses entraîneurs lui ont dit qu’ils étaient satisfaits de son match et qu’il aurait l’occasion de jouer à nouveau. Pour l’instant, il est de retour dans l’escouade taxi du club alors qu’il y a une congestion dans la brigade défensive.

«Je suis motivé à jouer d’autres matches maintenant. Je serai encore plus prêt la prochaine fois. Je serai plus à l’aise avec la confiance acquise dans ce premier match.»

Plus que jamais, Meloche ne regrette pas le sacrifice d’avoir passé Noël seul dans une chambre d’hôtel en Arizona afin d’être prêt pour le premier jour du camp abrégé des Sharks.

«Ça fait neuf mois que je me prépare pour cette saison et que j’attendais cette occasion. J’ai eu un bon camp. Vraiment. Les Sharks me l’ont confirmé en m’insérant dans l’alignement du premier match. Habituellement, ils donnent l’occasion aux joueurs qu’ils s’attendaient à placer dans leur top-6.»

La grande nouvelle

La veille du match d’ouverture de la saison, les entraîneurs des Sharks ont rencontré Nicolas Meloche pour lui annoncer qu’il serait dans l’alignement. Ils lui ont demandé de garder ça pour lui, sa famille et quelques amis, mais dès lors, le défenseur recrue de 6’3’’ a pu commencer sa préparation mentale.

«Ils ont été vraiment sympathiques de m’informer de la nouvelle la veille du match. Ils m’ont dit que je pouvais appeler mes parents pour les avertir. Ils m’ont dit de savourer le moment. Le coeur voulait me sortir du ventre. Ma carrière a été une montagne russe chez les professionnels. Il y a eu des moments de découragement, mais je n’ai jamais abandonné mon rêve.»

Le réchauffement

Que se passe-t-il dans la tête d’une recrue qui va disputer son premier match dans la LNH? Nicolas Meloche avoue avoir eu le trac, mais il trouvé des sources de réconfort.

«J’avais été rappelé par les Sharks avant l’arrivée de la pandémie l’an dernier. J’avais donc participé à quelques réchauffements auparavant, mais là, c’était la première fois où je restais habillé après le réchauffement. J’étais nerveux, mais il y a des choses qui me rassuraient. Il n’y avait pas eu de matches hors-concours. C’était le premier match de la saison pour tout le monde. Il y avait des visages familiers sur la patinoire. Dans mon équipe, le Québécois Marc-Édouard Vlasic a tout fait pour m’assurer un départ en douceur. Derick Brassard était dans le camp adverse. On s’entraîne ensemble à l’été (à Boisbriand). Il m’a dit quelques mots. Ça m’a sécurisé.»

Un vieux rival

En 2016, pendant les séries éliminatoires entre les Olympiques de Gatineau et les Wildcats de Moncton, Nicolas Meloche était le couvreur attitré de Conor Garland. Le défenseur avait réussi à neutraliser complètement le meilleur compteur de la LHJMQ dans les quatre premiers duels de la série. Garland était parvenu à inscrire un premier point dans le cinquième match. À Glendale la semaine dernière, le hasard a voulu que les chemins de Meloche et Garland se retrouvent à nouveau.

Nicolas Meloche poursuivi par un rival familier: Conor Garland

«À ma première présence sur la patinoire, tout ce que je voulais, c’était de ne pas faire d’erreur. Conor Garland était là. C’était un autre visage familier. J’avais déjà eu de bons match-ups contre lui. Ça m’a mis en confiance. Finalement, je n’ai même pas touché à la rondelle à ma première présence, mais la glace était brisée. Mon match pouvait commencer. La nervosité avait disparu.»

Burns, Karlsson, Couture

Pour un jeune qui goûte à un premier match dans la LNH, il peut être intimidant de partager le même banc que les vedettes établies, mais Meloche a été aux premières loges pour épier les Brent Burns, Erik Karlsson et Logan Couture et apprendre des meilleurs. «Burns amène tellement d’énergie à notre club. C’est un fanatique du hockey. Il donne toujours l’effort supplémentaire quand il est sur la glace. J’ai essayé de reproduire son intensité. Karlsson est vraiment un bon gars. Il m’a juste dit de garder les choses simples, de sortir la rondelle de notre zone et de laisser les attaquants travailler. Couture est un véritable pro. Il joue de la bonne manière. Il bloque des tirs. Il mène par l’exemple. Ce ne sont pas des vedettes pour rien.»