«C’est un terrain inconnu pour nous tous», a reconnu Marc Bergevin, le directeur général du Canadien de Montréal.
«C’est un terrain inconnu pour nous tous», a reconnu Marc Bergevin, le directeur général du Canadien de Montréal.

Les directeurs généraux de la LNH face à une réalité économique difficile

Joshua Clipperton
La Presse Canadienne
TORONTO - Les directeurs généraux de la LNH ont quitté leurs réunions annuelles en mars pleins d’optimisme.

Le plafond salarial devait atteindre au moins 84 millions $ US en 2020-2021 - une augmentation de 2,5 millions $ par rapport à la saison en cours - et pourrait atteindre 88,2 millions $ si l’Association des joueurs de la LNH maximisait la clause d’indexation prévue à la convention collective.

Les séries éliminatoires étaient à l’horizon. Les directeurs généraux élaboraient des plans pour le marché des joueurs autonomes, le repêchage et la suite des choses.

C’était avant la pandémie de la COVID-19. Tout est maintenant très différent de ce que quiconque aurait pu imaginer il y a six mois et demi.

La LNH a relancé sa saison cet été dans les villes «bulles» de Toronto et d’Edmonton sans spectateurs après la suspension de son calendrier le 12 mars. Mais avec peu de revenus aux guichets, les équipes font face à une nouvelle réalité économique difficile.

Le plafond devrait demeurer à 81,5 millions $ US dans un avenir prévisible, et il est probable qu’un certain nombre d’équipes chercheront à descendre en dessous de ce chiffre en dollars réels dépensés.

Marché des joueurs autonomes

Alors, comment cela influence-t-il le travail des 31 directeurs généraux de la LNH en vue du repêchage prévu les 6 et 7 octobre et le marché des joueurs autonomes qui devrait s’ouvrir deux jours plus tard, le 9 octobre?

«C’est sans précédent, a reconnu Brad Treliving des Flames de Calgary. C’est un monde très différent. Il y aura beaucoup de mouvements, il y aura beaucoup de discussions. Nous avons beaucoup de travail devant nous.»

Le directeur général des Maple Leafs de Toronto, Kyle Dubas, a avoué que la vitesse à laquelle tout se passera après la remise de la coupe Stanley à la Place Rogers à Edmonton sera incroyable.

«C’est vraiment difficile à envisager, dit-il. Les inconnues en ce moment sont à un niveau encore bien au-delà du hockey.»

Terrain inconnu

Dubas a procédé au premier mouvement important de l’intersaison - les équipes éliminées des séries éliminatoires sont autorisées à procéder à des échanges les unes avec les autres - lorsqu’il a envoyé l’ailier Kasperi Kapanen aux Penguins de Pittsburgh dans le cadre d’un transfert qui a permis à Toronto de mettre la main sur un espoir, le 15e choix au repêchage et, peut-être plus important encore, de l’espace nécessaire sous le plafond salarial.

«C’est un terrain inconnu pour nous tous», a reconnu Marc Bergevin, le directeur général du Canadien de Montréal, qui a obtenu les services du gardien substitut Jake Allen dans un échange avec les Blues de St Louis le mois dernier avant d’acquérir le défenseur Joel Edmundson des Hurricanes de la Caroline en fin de semaine.

«Avec le plafond inchangé et sans savoir quand les équipes pourront avoir des spectateurs dans les gradins et les revenus qui viennent avec, cela affecte le plafond salarial. Ce n’est pas quelque chose que nous inventons. C’est la réalité. Tout le monde va en subir les conséquences.»


« C’est sans précédent. C’est un monde très différent. Il y aura beaucoup de mouvements, il y aura beaucoup de discussions »
Brad Treliving, directeur général des Flames de Calgary

Le défenseur Alex Pietrangelo de Blues de St. Louis et l’ailier Taylor Hall des Coyotes de l’Arizona sont les noms les plus connus susceptibles de se retrouver sur le marché des joueurs autonomes sans compensation. Ils seront les joueurs les plus en demande, mais il est difficile de prévoir ce que seront les modalités et les montants en jeu dans une période aussi incertaine.

«Il n’y aura pas beaucoup de liquidités dans le système, a soutenu le directeur général des Flyers de Philadelphie, Chuck Fletcher. Il sera intéressant de voir comment les joueurs autonomes voient ça, comment les équipes abordent ça. Vous verrez peut-être plus de transferts - des échanges dollar contre dollar - où les équipes doivent s’améliorer ou combler certaines lacunes dans certains domaines et vous n’avez peut-être pas la capacité d’entrer sur le marché des joueurs autonomes sans compensation. Il faudra être créatif pour trouver des solutions avec d’autres équipes.

«Ça va être très intéressant.»

Moins d’argent disponible

Le directeur général des Jets de Winnipeg, Kevin Cheveldayoff, dit qu’il s’attend à ce que certains joueurs autonomes avec compensation à travers la ligue en fassent les frais.

«Il y aura des décisions et des discussions intéressantes - des décisions auxquelles certaines organisations vont être confrontées et qu’elles n’ont pas anticipées, a-t-il expliqué. Il va y avoir des décisions difficiles, certainement au sein de notre organisation, mais aussi dans d’autres organisations.»

Le défenseur Tyson Barrie des Leafs semblait en mesure d’obtenir un salaire important en tant que joueur autonome sans compensation à la même époque l’an dernier après avoir été acquis de l’Avalanche du Colorado. Mais une saison difficile jumelée à la pandémie ont complètement changé la donne par rapport à il y a 12 mois.

Il met toutefois sa situation en perspective.

«Tout ce que j’envisageais avant a évidemment changé, et cela a changé pour beaucoup de gens d’une manière bien pire que moi, a confié Barrie. Je dois juste être reconnaissant et heureux de la situation dans laquelle je suis et du fait que je puisse pratiquer un sport pour gagner ma vie.

«À l’avenir, ce sera un peu différent de ce que cela aurait probablement été, mais ce n’est pas grave. Tout le monde doit s’adapter.»

Le directeur général des Capitals de Washington, Brian MacLellan, a affirmé qu’il serait difficile pour les équipes au niveau ou près du plafond salarial de compléter leur formation.

«Ça va être serré. Il va y avoir des décisions difficiles à prendre. Nous essaierons de faire de notre mieux pour prendre les bonnes.»

Aucun directeur général n’avait vu ça venir quand ils ont quitté la Floride en mars.