L’entraîneur-chef des Blues de St. Louis, Craig Berube soulève la Coupe Stanley au grand plaisir de ses joueurs.

Les Blues de St. Louis savourent une première Coupe Stanley

BOSTON — Après 52 ans et trois tentatives infructueuses, les Blues de St. Louis peuvent enfin dire «Gloria».

Ryan O’Reilly et Alex Pietrangelo ont fait mouche au premier vingt pour guider les Blues de St. Louis vers une première conquête de la coupe Stanley, mercredi, alors que St. Louis a défait les Bruins de Boston au compte de 4-1, dans un match numéro 7.

Brayden Schenn et Zach Sanford ont complété en troisième période pour les Blues, qui ont vu Jordan Binnington faire 32 arrêts. Comme quoi c’est la qualité et non la quantité, l’avantage pour les tirs a été 33-20 en faveur de Boston.

«Depuis que je suis tout petit, je regardais mes idoles jouer et remporter la Coupe Stanley. Aujourd’hui, c’est mon tour, c’est le plus beau jour de ma vie. J’avais un bon feeling avant le match, je suis vraiment fier de cette équipe-là. On va tous être des champions pour la vie, on est vraiment content. Ma famille a toujours été là pour moi, mon frère, ma sœur, mes amis, la ville de Montmagny, je les remercie pour ça. Je vais ramener la Coupe là-bas, cet été, c’est sûr», disait Samuel Blais sur les ondes de TVA Sports après avoir soulevé le précieux trophée. Il n’oubliait pas non plus le dépisteur québécois des Blues, Michel Picard, à qui il doit sa présence dans la LNH.

«C’est indescriptible, ça n’a pas de bon sens. Combien de fois faut-il que je revienne avec les Blues pour leur montrer que j’aime ça… Première Coupe Stanley pour cette franchise-là, c’est incroyable. Ma famille a toujours été là pour moi, même dans les moments les plus difficiles. Je pensais à eux avant chaque match, je sentais que ça allait être notre année. J’ai vraiment hâte de ramener la Coupe Stanley à Sherbrooke», racontait pour sa part David Perron à la même antenne.


« J’ai vraiment hâte de ramener la Coupe Stanley à Sherbrooke», racontait pour sa part David Perron à la même antenne. »
David Perron

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Il s’est écoulé 16:10 entre les premier et deuxième tirs des visiteurs et leur troisième a été le bon : Jay Bouwmeester a décoché de la ligne bleue, et O’Reilly a fait dévier la rondelle entre les jambières de Tuukka Rask. Puis, seulement 7,9 secondes avant le premier entracte, Pietrangelo a doublé le coussin grâce à un revers, de l’enclave.

Des buts qui ont soulevé une salle comble au Enterprise Center, où plus de 18 000 billets ont trouvé preneurs, en 30 minutes. Il y avait aussi une foule imposante au Busch Stadium, où là aussi on regardait le match sur écran géant.

Schenn en a rajouté à 10:25 en troisième période. Puis Sanford a marqué à 15:22, de l’embouchure gauche. Matt Grzelcyk a déjoué Binnington avec 2:10 au cadran, d’un tir des poignets.

Derniers au jour de l’An

Le Jour de l’An, les Blues affichaient le pire dossier de la Ligue nationale, avant une poussée fulgurante de 30 gains en 49 matchs, en saison régulière. Ils ont ensuite atteint la finale pour la première fois depuis 1970.

Les Blues ont conclu les séries avec une excellente fiche de 10-3 à l’étranger; celle des Bruins au TD Garden a été 7-5.

Binnington a couronné des séries de rêve. L’Ontarien de 25 ans a fait ses débuts dans la Ligue nationale en janvier seulement. Rask a fait 16 arrêts.

Dans la foule se trouvait notamment Charles Barkley, un membre du Temple de la renommée du basket. “Sir Charles” favorisait les Blues, en partie vu la connexion avec Philadelphie de leur entraîneur, Craig Berube. Il était jadis un homme fort des Flyers, à l’époque où Barkley s’illustrait avec les Sixers.

Berube est arrivé en poste à la suite du congédiement de Mike Yeo, en novembre. Au fil des 11 dernières années, il est le quatrième entraîneur à remporter la coupe après avoir débuté à mi-chemin d’une campagne.

«J’ai commencé à y croire à partir du temps des fêtes, on jouait de plus en plus en équipe. J’ai déjà participé à la finale comme joueur et entraîneur, je ne l’avais jamais remportée, je ne peux pas être plus heureux. Mais avant tout, je suis vraiment très heureux pour nos joueurs, ils ont travaillé pour cela et méritent de remporter la Coupe Stanley. Je suis aussi content pour nos partisans et la ville de St. Louis», soulignait l’entraîneur-chef des Blues Craig Berube.

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O’REILLY JOUEUR PAR EXCELLENCE DES SÉRIES

En 26 matchs ce printemps, Ryan O’Reilly a amassé huit buts et 15 aides pour un total de 23 points.

Si Ryan O’Reilly a souvent eu la réputation d’être un perdant, il peut maintenant dire que c’est chose du passé.

L’attaquant des Blues de St. Louis a remporté le trophée Conn-Smythe remis au joueur par excellence des séries éliminatoires, mercredi.

Après avoir été époustouflant lors de la série finale, O’Reilly a marqué le premier but des siens lors du septième et ultime match pour aider les Blues à soulever le précieux trophée de Lord Stanley.

Peu nombreux sont ceux qui n’ont pas écarquillé les yeux en voyant l’étendue du talent d’O’Reilly lors du tournoi printanier.

À 28 ans, l’attaquant a eu la chance de faire taire ses détracteurs lors des séries éliminatoires, menant lentement mais sûrement les Blues à la terre promise.

En 26 matchs ce printemps, il a amassé huit buts et 15 aides pour un total de 23 points.

L’ancien choix de deuxième tour de l’Avalanche du Colorado en 2009, qui avait participé à seulement deux séries en neuf ans de carrière, a porté l’équipe à bout de bras lorsqu’elle en avait le plus besoin.

Après avoir récolté que trois filets lors des trois premières rondes, O’Reilly a donné raison au directeur général de l’équipe, Doug Armstrong, - qui a sacrifié des choix de premier tour (2019), de deuxième tour (2021) et les espoirs Tage Thompson, Patrik Berglund et Vladimir Sobotka, pour l’obtenir - en enfilant cinq buts en sept rencontres.

Alors que les Blues tiraient de l’arrière 2-1 lors de la série finale, O’Reilly a ouvert les écluses après seulement 43 secondes de jeu et a par la suite inscrit le but gagnant pour permettre à la formation de St. Louis de niveler les chances dans la série. Lors du cinquième match, il a de nouveau été le premier à inscrire son équipe au pointage après 55 secondes en deuxième période et s’est également fait complice du deuxième but des Blues dans un gain de 2-1, qui leur a permis de s’approcher à une victoire de leur premier titre en 51 ans d’histoire. Même dans la défaite crève-cœur lors du sixième duel, il a été le seul à déjouer Tuukka Rask.

Et lors du match crucial, O’Reilly a une fois de plus répondu présent pour remettre les Blues en selle, alors que leur destin semblait bien funeste. Après que les Blues eurent été largement menés au chapitre des tirs au but, l’attaquant a fait dévier le troisième tir des siens entre les jambières de Rask, jetant du même coup une douche froide sur la foule réunie au TD Garden.

Ce moment, O’Reilly l’attendait depuis longtemps, après quelques saisons de vache maigre à Buffalo. Après avoir goûté brièvement aux séries éliminatoires avec l’Avalanche en 2010 et en 2014, il a attendu quatre saisons avant de pouvoir y participer de nouveau.

Perdu «l’amour du sport»

À la fin de la dernière saison, alors qu’il vidait son casier dans le vestiaire des Sabres, O’Reilly avait confié qu’il avait perdu «l’amour du sport» et qu’il avait besoin de le retrouver.

La transaction qui l’a mené à St. Louis a tout fait basculer.

À son arrivée, O’Reilly s’est tout de suite taillé une place au centre du premier trio des Blues et a gagné beaucoup de respect de ses partenaires de jeu.

Malgré les moments sombres qu’ont connus les Blues au cours de la campagne, O’Reilly a conclu la saison avec sa meilleure fiche en carrière, grâce à une récolte de 77 points, dont 28 buts, en 82 matchs, aidant la troupe de Craig Berube à se qualifier pour les séries.

«Ça en a valu la peine», a reconnu O’Reilly.