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Réjean Lemelin était bien placé pour assister aux performances de Ron Tugnutt, le 21 mars 1991. Il était devant le filet des Bruins de Boston.
Réjean Lemelin était bien placé pour assister aux performances de Ron Tugnutt, le 21 mars 1991. Il était devant le filet des Bruins de Boston.

Lemelin a fait le même coup que Tugnutt

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
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Les partisans des Bruins de Boston n’ont pas oublié Ron Tugnutt. Même chose pour Réjean Lemelin, qui était un témoin privilégié à l’époque des 70 arrêts du gardien des Nordiques de Québec.

Lemelin avait obtenu le mandat de protéger le filet des Bruins ce soir contre le pire club de la LNH. Les entraîneurs avaient accordé un repos au partant Andy Moog.

« C’est dur... très dur à oublier ce match, surtout que le réseau NESN (New England Sports Network) le rediffuse au moins deux ou trois fois par année ici. Puis en raison de la COVID-19, on l’a vu encore plus souvent », lance en riant l’ancien joueur maintenant âgé de 66 ans.

Ce dernier habite encore dans la région de Boston avec sa conjointe. Le couple doit recevoir sa deuxième dose du vaccin contre la COVID-19 dans les prochains jours.

« Après, on va pouvoir sortir. Je sais que c’est différent au Québec. Je parle à ma famille qui est là-bas. J’ai une sœur de 73 ans et une autre âgée de 75 ans. Ça prend du temps pour eux. »

Le but de l’appel n’était pas de jaser de pandémie, mais plutôt de hockey. Plus précisément de cette soirée du 21 mars 1991 au Boston Garden.

« Une performance incroyable de Ron. À la fin du match, j’ai patiné jusqu’à l’autre bout de la glace pour lui serrer la main et le féliciter. Je ne faisais jamais ça », s’est rappelé Réjean Lemelin.

Jamais, dit-il, que les Bruins n’ont commencé à douter d’eux-mêmes au fil du match. Même s’ils tiraient 2-1 après deux périodes à la suite de buts de Randy Velischek et Mark Vermette chez les Nordiques.

Lemelin se souvient aussi du dernier arrêt de Tugnutt dans les secondes finales de la prolongation. « Quand il a ramassé la rondelle avec sa mitaine à six pouces de la glace », relate-t-il.

Après son départ chez les Flyers comme coach en 2008, Réjean Lemelin est devenu ambassadeur pour un club de golf.

« Ron avait gardé son meilleur arrêt pour la fin », ajoute-t-il.

Il s’agissait de la 13e des 15 saisons de Lemelin dans la LNH. Il savait très bien ce que son jeune adversaire âgé de 23 ans pouvait ressentir. Dix printemps plus tôt en 1981, l’ancien des Castors de Sherbrooke avait vécu une soirée similaire en Alberta.

« À ma première année à Calgary après le déménagement des Flames d’Atlanta. C’était en séries éliminatoires contre les Blackhawks de Chicago. Tony Esposito était leur gardien. »

Lemelin avait repoussé 61 des 65 lancers dirigés vers lui pour mener les Flames à une victoire de 5-4 en prolongation, éliminant du même coup les Hawks.

Son passage dans la LNH aura été lié avec celui de Tugnutt.

« J’ai été témoin aussi de l’autre performance de 70 arrêts de Ron en 2000. J’étais l’instructeur des gardiens chez les Flyers de Philadelphie à l’époque », tient à souligner Lemelin.

« Dans des parties comme ça, tu essaies juste de continuer à tirer en te disant que tu vas finir par marquer. Et si tu ne gagnes pas, tu ne peux pas te décourager. Ça va arriver de faire face à un gardien qui arrête tout. C’est que nous avions fait en 1991. »

Les Bruins s’étaient fait un chemin jusqu’en finale de conférence contre les Penguins de Pittsburgh. Ils se trouvaient même à deux victoires d’une participation à la finale de la coupe Stanley après avoir gagné les deux premières parties à Boston.

« Nous avons eu quelques blessés. Et il y a Mario Lemieux qui a décidé de prendre le contrôle de la série. Il avait été extraordinaire. C’était l’année de leur première conquête de la coupe. »

Réjean Lemelin profite bien de sa retraite loin du hockey. Après son départ chez les Flyers comme coach en 2008, il s’est joint à un terrain de golf privé du Massachusetts en tant qu’ambassadeur.

« On me demande d’essayer de recruter de nouveaux membres et de les garder bien heureux ! Ce n’est pas trop fatigant comme travail. Ça me permet de rencontrer plusieurs nouvelles personnes. »