Alain Vigneault
Alain Vigneault

Le trophée qui manque à Vigneault

Elles sont trois des huit équipes déjà assurées d’une place dans la ronde des 16 des séries éliminatoires de la LNH. Les Flyers de Philadelphie, les Bruins de Boston et les Stars de Dallas sont dirigés par des entraîneurs-chefs bien connus dans la région.

Alain Vigneault, Bruce Cassidy et Rick Bowness possèdent une autre chose en commun. Ils chercheront tous à soulever la coupe Stanley pour la première fois de leur carrière derrière un banc.

Vigneault, lui, est passé près à deux reprises. D’abord en 2011 quand il dirigeait à Vancouver. Les Canucks s’étaient inclinées en sept matches en finale contre les Bruins de Boston.

Trois ans plus tard à New York, le coach originaire de Gatineau menait les Rangers à la série ultime, voyant toutefois les Kings de Los Angeles gagner le trophée tant convoité.

Est-ce que son quatrième arrêt dans la LNH sera le bon pour Vigneault ? Les Flyers étaient une des formations les plus redoutables quand la saison a été suspendue à la mi-mars. Leur entraîneur-chef n’a pas lésiné sur la préparation depuis le retour sur la glace afin de mener la franchise à une première conquête depuis 45 ans.

«Alain est un coach professionnel dans tous les sens. Il communique bien. Il est organisé. Il n’oublie aucun détail. On l’a vu encore dans les deux dernières semaines, a soutenu son patron et directeur général des Flyers, Chuck Fletcher.

«Il avait dit aux joueurs que les séances d’entraînement aller durer 42 minutes... Elles ont effectivement duré chaque fois 42 minutes. Les joueurs respectent ce qu’il leur dit. Ils respectent aussi sa feuille de route.»

Fletcher parlait de Vigneault en début de semaine lors des conférences vidéo quotidiennes organisées par la LNH, à Toronto.

«C’est remarquable de le regarder aller», a soutenu le DG en parlant du travail accompli jusqu’ici par l’instructeur âgé de 59 ans.

Vigneault, lui, semble de bonne humeur dans la bulle torontoise. Son équipe a été la première à se pointer dans la Ville-Reine, dimanche dernier.

«Notre arrivée s’est passée en douceur, beaucoup mieux que nous l’avions anticipé, a-t-il dit. Plusieurs personnes nous attendaient et faisaient respecter les consignes sanitaires. Santé Canada avait des gens qui ont expliqué ce que nous pouvions faire et ne pas faire dès que nous avons atterri ici.»

Autre raison pour laquelle il était heureux ? «J’ai déjà trouvé les martinis. Ne t’en fais pas», a lancé Vigneault, sourire en coin, à une question d’un journaliste de Philadelphie.

L’entraîneur des Flyers est revenu sur son court parcours de joueur de hockey professionnel. Il a disputé un total de 42 parties dans la LNH de 1981 à 1983 chez les Blues de St-Louis.

«Je n’ai pas eu une longue carrière. Mais j’ai eu la chance d’avoir de bons coaches dans les rangs juniors en Michel Bergeron et Marcel Pronovost, a rappelé l’ancien des Olympiques de Hull et des Draveurs de Trois-Rivières.

«J’ai tenté de retenir les aspects positifs chez eux, que ce soit au chapitre de la communication, de la pédagogie ou l’importance de tisser des liens avec les joueurs. Ça m’a permis d’avoir une bonne fondation quand j’ai arrêté de jouer à l’âge de 23 ans, quand j’ai commencé à diriger à l’âge de 25 ans.»

Cassidy et Bowness

Bruce Cassidy, lui, a appris de Brian Kilrea à l’époque où il jouait chez les 67’s d’Ottawa. Il avait gagné la Coupe Memorial en 1984.

L’an dernier, ses Bruins se sont inclinés à domicile lors du septième match de la finale de la coupe Stanley contre les Blues de St-Louis.

Ce dernier ne semble pas inquiet de passer les deux prochains mois en vase clos. «C’est comme un séjour permanent sur la route. Mais je préfère voir le positif. Nos joueurs s’aiment déjà bien un et l’autre», a-t-il dit au sujet de l’esprit d’équipe qui règne chez les Bruins.

Quant à Bowness, le doyen des entraîneurs-chefs de la LNH à l’âge de 65 ans, il a passé la semaine à tenter de relancer l’attaque des Stars. «Notre offensive a été irrégulière durant la saison. Durant certaines parties, nous paraissions très bien, a-t-il souligné.

«Nous pouvions marquer trois à quatre buts durant une partie puis être blanchis une ou deux fois de suite. Nous manquons de synchronisme.»

À quel point l’attaque a-t-elle connu des ratées malgré les nombreuses victoires ? Les Stars n’ont misé sur qu’un seul marqueur de 20 buts en 2019-2020. Ce n’était pas Tyler Seguin, Jamie Benn, Alexander Radulov, Joe Pavelski ou Corey Perry, mais plutôt... Denis Gurianov.

+

Le défenseur des Bruins de Boston, Zdeno Chara

CHARA TOUJOURS AUSSI AFFAMÉ

Zdeno Chara disputé ses premiers matches éliminatoires dans la LNH au printemps 2002 dans l’uniforme des Sénateurs. Est-ce que le grand défenseur slovaque s’apprête à jouer ses dernières parties, 18 ans plus tard ?

Chara cache bien son jeu. Le capitaine des Bruins de Boston a fêté ses 43 ans en pleine pandémie en mars dernier.

Ce qu’on sait ? La motivation ne fait pas défaut chez lui.

Et ce n’est pas parce qu’il se rapproche peut-être de la retraite.

«Ça n’a rien avec l’âge. Que tu aies 20, 35 ou 40 ans, tu veux obtenir la chance chaque année de batailler pour la coupe. Je ne pense pas qu’un jeune joueur soit moins motivé car il se dit qu’il a plusieurs autres années devant lui pour gagner. Peu importe l’âge, tu prends ça au sérieux», a affirmé Chara durant une conférence vidéo de la LNH tenue dans les derniers jours.

Après avoir passé à une victoire de gagner la coupe Stanley en 2019, les Bruins ont répondu cet hiver en remportant le trophée du Président, conservant la meilleure fiche de la LNH en saison régulière. Ils misent sur le co-vainqueur du trophée Maurice-Richard en David Pastrnak, auteur de 48 buts en 70 parties.

Boston possède aussi l’alignement ayant le plus d’expérience en séries éliminatoires. Ses joueurs ont disputé un total de 1191 parties.

Les Penguins de Pittsburgh (1187), les Capitals de Washington (1134), le Lightning de Tampa Bay (1047), les Blues de St-Louis (1036) et les Predators de Nashville (1007) suivent derrière.

À l’opposé, les Flames de Calgary (323), les Canadiens de Montréal (334), les Oilers d’Edmonton (379) et les Blue Jackets de Columbus (390) possèdent les alignements les plus verts de la LNH.