Daniel Brière (48) a connu des séries éliminatoires exceptionnelles en 2010 avec les Flyers et a presque touché à la coupe Stanley.
Daniel Brière (48) a connu des séries éliminatoires exceptionnelles en 2010 avec les Flyers et a presque touché à la coupe Stanley.

Le plus beau printemps de Daniel Brière

Atteindre le plateau des 30 points, dans les séries de la coupe Stanley, ce n’est pas une mince affaire. Une quinzaine de joueurs, à peine, l’ont fait au cours des 30 dernières années.

Mario Lemieux l’a fait, lors des deux conquêtes des Penguins de Pittsburgh, en 1991 et 1992. Wayne Gretzky l’a imité, avec les Kings de Los Angeles, en 1993.

Mark Messier, Doug Gilmour, Pavel Bure, Brian Leetch, Joe Sakic, Sidney Crosby et Evgeni Malkin figurent aussi sur la liste.

Tout comme Daniel Brière.

Il y a 10 ans, presque jour pour jour, la finale qui opposait les Flyers de Philadelphie aux Blackhawks de Chicago débutait.

Les Hawks l’ont emporté en six matches. Leur jeune capitaine, Jonathan Toews, a remporté le trophée Conn-Smythe.


« Si j’essaie de trouver le moment où je me suis trouvé au top de ma game, durant ma carrière, ces deux mois sont durs à battre. »
Daniel Brière

En 2010, le joueur le plus productif de la LNH, pendant quatre rondes, fut le centre gatinois qui venait d’atteindre la trentaine.

« C’est probablement le passage de ma carrière où j’ai joué mon meilleur hockey », a-t-il déclaré, plus tôt, cette semaine, quand nous lui avons tendu une perche.

Les séries de 2010 font partie des moments les plus marquants de la carrière de Daniel Brière dans le LNH.

« J’ai connu de bons matches, à d’autres moments. Mais si j’essaie de trouver le moment où je me suis trouvé au top de ma game, durant ma carrière, ces deux mois sont durs à battre. »

Et, même si la défaite face aux Hawks continue de le chicoter « chaque jour », il a été heureux de nous donner une bonne heure de son temps pour parler de tout ça.

« C’est tout le temps le fun de revivre des beaux moments. »

Pas facile d’atteindre les séries

On dit souvent que le plus difficile, c’est d’atteindre les séries. En 2010, les Flyers l’ont prouvé. Ils ont obtenu leur laissez-passer durant le 82e et dernier match de la saison régulière. Et ils ont été obligés de se rendre jusqu’aux tirs de barrage pour aller chercher leur dernier point.

« Dans le match numéro 82, on affrontait les Rangers de New York. L’enjeu était clair. L’équipe qui gagnait devançait le Canadien de Montréal et terminait la saison au septième rang de l’Association Est. L’équipe qui perdait partait en vacances », raconte Brière.

« Jody Shelley a marqué très tôt, en première période, et les Rangers ont conservé leur avance de 1-0 jusqu’en fin de troisième. Henrik Lundqvist arrêtait tout ! Je pense que nous avons lancé 46 ou 47 fois vers son filet. Il a dit, plus tard, que c’était le match de saison régulière le plus difficile de toute sa carrière. »

Matt Carle a fini par créer l’égalité, en fin de match, sur des passes de Jeff Carter... et de Brière.

« Les Rangers devaient se dire qu’ils étaient à l’aise avec les tirs de barrage, parce que ce n’était pas notre force. Eux, ils avaient Lundqvist. »

Daniel Brière célèbre avec ses coéquipiers après avoir marqué face aux Blakhawks au cours du sixième match de la série contre Chicago.

Les Flyers ont remporté le concours d’habiletés individuelles. Brière et Claude Giroux ont battu celui qu’on surnomme « le King », à New York.

Tout se place

« Plein de choses se passaient, durant cette période, dans ma vie. J’avais vécu des moments difficiles, dans ma vie, à cause de la séparation. J’étais en train de m’en sortir », explique Brière.

« On dit que, pour gagner la coupe, il faut avoir de la chance. Il faut rester en santé. Idéalement, il faut tomber sur les bonnes équipes. Pour moi, cette année-là, ça ne pouvait pas mieux se présenter. En première ronde, nous avons affronté les Devils du New Jersey, qui étaient des adversaires difficiles. Par la suite, nous sommes passés par Boston, Montréal et Chicago. J’avais toujours été à l’aise dans les amphithéâtres de ces trois villes. »

À peu près tous les spécialistes s’entendaient, au début des séries. Les Devils, deuxièmes dans l’Association Est, n’auraient pas trop de mal à disposer des Flyers.

Simon Gagné s’était blessé à un pied, en fin de saison. Histoire de compliquer les choses, Jeff Carter et Ian Laperrière l’ont rejoint sur la liste des blessés assez rapidement.

Après trois matches, les Flyers menaient 2-1, mais les journalistes commençaient à embêter le numéro 48.

« Ça commençait à bavasser parce que je n’avais pas encore commencé à produire. J’avais été obligé de leur dire de rester calmes. Les séries, c’est long. J’étais convaincu que j’allais débloquer. »

Dans les deux parties suivantes, Brière a récolté ses cinq premiers points des séries. Il a marqué les deux buts gagnants.

Une grosse remontée

« Le Canadien nous a fait un très gros cadeau ! »

En première ronde, l’équipe dirigée par Jacques Martin a causé une belle surprise, en éliminant les Capitals de Washington.

Ça faisait en sorte qu’en deuxième ronde, les Flyers et Brière n’avaient pas à passer par la capitale américaine. Ils devaient plutôt passer par Boston.

La série contre les Bruins s’est rendue à la limite. Dans ces sept matches, Brière a inscrit 10 points.

« En 2010, je me sentais bien protégé. J’avais une belle complicité, dans mon trio avec Ville Leino et Scott Hartnell. Le vrai premier trio des Flyers, c’était celui qui réunissait Simon Gagné, Mike Richards et Jeff Carter. On avait aussi Claude Giroux, qui était jeune, comme troisième centre. Je me souviens d’avoir suggéré à notre coach, Peter Laviolette, d’utiliser mon trio tout de suite après celui de Carter. Comme ça, si Zdeno Chara tenait à nous affronter, tous les deux, il devait passer deux minutes consécutives sur la patinoire. »

Les Bruins ont gagné les trois premiers matches de la série. Le dos au mur, les Flyers ont réussi à remonter la pente.

Dans le match numéro sept, après 14 minutes de jeu, les Bruins menaient par trois buts.

« Laviolette a demandé un temps d’arrêt. Je crois qu’il nous a répété 12 fois en 30 secondes qu’il fallait juste marquer un but avant la fin de la période. Moi, je pensais juste à mon père, qui était dans les gradins avec mon beau-frère Roch et leur ami Poncho. J’ai fini par les trouver, trois partisans des Flyers dans une mer de partisans des Bruins, en fin de partie. Je n’ai pas oublié leurs sourires. »

Dans la remontée, Brière a marqué un but et obtenu une mention d’aide.

Un petit détour à Montréal

En quittant Boston, après la victoire dans le match numéro sept, les joueurs des Flyers connaissaient l’identité du club qu’ils devaient affronter en Finale de l’Association Est.

« J’étais assis dans l’avion, avec Simon Gagné, et on parlait du Canadien. C’était incroyable. Même si on avait terminé la saison au septième rang, on se retrouvait avec l’avantage de la glace ! On avait connu beaucoup de succès, durant la saison contre le Canadien. Je ne veux pas avoir l’arrogant, mais à ce moment-là, on savait qu’on avait de très bonnes chances de passer en finale. »

Les deux Québécois voyaient juste. Après avoir éliminé les Capitals et les Penguins de Pittsburgh, les Montréalais ont manqué de carburant. Ils ont marqué seulement sept buts dans une série qui s’est soldée en cinq rencontres.

« Nous étions bien bâtis pour donner du fil à retordre au Canadien. Je parlais de notre attaque, tout à l’heure, mais nous avions probablement le meilleur quatuor de défenseurs de toute la LNH. Notre super vedette, c’était Chris Pronger. Il passait entre 35 et 36 minutes par match sur la patinoire. Et tu ne pouvais pas vraiment envoyer un joueur, sur la glace, pour le couvrir. »

Un adversaire (un peu) trop fort ?

C’est dur, les séries. C’est un vrai marathon, répètent les joueurs qui sont passés par là. Et, comme dans un vrai marathon, les derniers kilomètres sont les plus difficiles à parcourir.

« Moi, honnêtement, je ne ressentais pas la fatigue. J’étais tellement excité de me retrouver en finale ! C’était ma première expérience. Je ne me sentais pas fatigué pantoute », jure Brière. Les chiffres nous laissent croire qu’il dit vrai.

Il a entrepris la ronde ultime sur les chapeaux de roue, avec un match de quatre points dans un United Center survolté.

Dans les cinq parties qui ont suivi, il a ajouté huit points à sa récolte.

« Ça s’est passé exactement comme ça devait se passer, estime-t-il, aujourd’hui. Durant toute cette saison, nous avons joué notre meilleur hockey quand nous étions acculés au mur. Nous avons attendu le match numéro 82 avant de nous qualifier pour les séries. Nous avons composé avec les blessures contre le New Jersey. Nous avons effectué deux remontées contre Boston. Nous avons perdu les deux premiers matches sur la route, en finale. Pour nous autres, cela ne posait pas de problème. »

« Quand je repense à ma carrière, je me dis que nous avons raté une belle occasion de nous rendre jusqu’au bout, avec les Sabres de Buffalo, en 2006. Cette année-là, nous avons perdu le septième match de la demi-finale, contre les Hurricanes de la Caroline. Je demeure convaincu que nous étions la meilleure des quatre dernières équipes en lice. »

« En 2010, quand je regarde ça, je suis fier de notre équipe. J’ai vraiment l’impression que nous avons tout laissé sur la patinoire. Nous avons été battus par une équipe qui était juste un peu meilleure que nous. »

+

TRENTE POINTS ET PLUS DANS LES SÉRIES

  • 2018 : Evgeny Kuznetsov (WSH)
  • 2016 : Logan Couture (SJS)
  • 2010 : Daniel Brière (PHI)
  • 2009 : Evgeni Malkin (PIT)
  • 2009 : Sidney Crosby (PIT)
  • 1996 : Joe Sakic (COL)
  • 1994 : Brian Leetch (NYR)
  • 1994 : Pavel Bure (VAN)
  • 1994 : Mark Messier (NYR)
  • 1993 : Wayne Gretzky (LAK)
  • 1993 : Doug Gilmour (TOR)
  • 1992 : Mario Lemieux (PIT)
  • 1991 : Mario Lemieux (PIT)
  • 1991 : Mark Recchi (PIT)
  • 1991 : Kevin Stevens (PIT)
  • 1990 : Craig Simpson (EDM)
  • 1990 : Mark Messier (EDM)
  • 1989 : Al MacInnis (CGY)
  • 1988 : Wayne Gretzky (EDM)
  • 1988 : Mark Messier (EDM)
  • 1988 : Jari Kurri (EDM)
  • 1987 : Wayne Gretzky (EDM)
  • 1985 : Wayne Gretzky (EDM)
  • 1985 : Paul Coffey (EDM)
  • 1985 : Jari Kurri (EDM)
  • 1984 : Wayne Gretzky (EDM)
  • 1983 : Wayne Gretzky (EDM)
  • 1983 : Rick Middleton (BOS)
  • 1983 : Barry Pederson (BOS)
  • 1981 : Mike Bossy (NYI)