Patrick Roy pose avec Jonathan Marchessault, qu’il a dirigé chez les Remparts de Québec.

Le court été de Marchessault

Pas facile de se remettre d’une défaite en finale de la Coupe Stanley. Même si personne ne vous voyait là.

Jonathan Marchessault et les Golden Knights de Vegas ont écrit l’un des plus improbables chapitres de l’histoire du sport, en 2017-2018. Mais les dernières phrases sont tombées à plat pour l’équipe d’expansion : une défaite en cinq rencontres face aux Capitals de Washington pour l’obtention du célèbre trophée.

Ça fait encore mal, a admis Marchessault, mardi, en marge de la quatrième «Soirée des Étoiles» organisée par Marc-Édouard Vlasic et sa conjointe, Martine Auclair, au profit du Patro Laval. Les images de la défaite sont encore bien vives dans la mémoire du hockeyeur de Cap-Rouge.

«Je ne pense pas que c’est quelque chose que tu peux vraiment oublier. Quand tu passes si près et que t’es pas capable de clutcher au bon moment, ça fait un court été», a affirmé le petit attaquant de Vegas, auteur de 96 points en 97 matchs, saison et séries confondues.

Déjà de retour au gym

Marchessault a pris des vacances en famille pour décompresser après la défaite. Trois semaines plus tard, il était déjà de retour au gym pour préparer la prochaine saison. «Ça recommence vite, mais je pense que c’est le temps de passer à autre chose.»

Toutefois, pas question d’oublier complètement cet échec. «Il faut que tu y penses. C’est ce qui te rend plus fort», lance-t-il d’un trait. Et les Golden Knights ont bien l’intention d’être plus forts, même s’il semble y avoir plus de place pour une régression que pour une amélioration, après une saison de 109 points prélude à une place en finale.

«On sait à quel point ça va être dur de répéter ce qu’on a fait. C’est quelque chose de rare. Mais sincèrement, avec le talent qu’on a là-bas, on est capables d’avoir une franchise exceptionnelle», soutient l’ex-Remparts.

Si Vegas a été si bon, c’est en partie grâce au sentiment de vengeance éprouvé par les joueurs, reconnaît Marchessault. Car la majorité de ses coéquipiers, comme lui, ont en quelque sorte été abandonnés par leur ancien club lors du repêchage d’expansion. «On devait tous prouver qu’on pouvait avoir une organisation de la Ligue nationale qui veut de nous. On n’a jamais été satisfaits avec ce qu’on a accompli.»

Malgré leurs incroyables débuts, les Golden Knights vivent déjà un petit vent de changement, à leur première entre-saison. James Neal (Calgary) et David Perron (St. Louis) ont signé des contrats ailleurs; Paul Stastny s’est amené depuis Winnipeg. S’il apprécie l’acquisition du fils de l’ancien Nordiques, Marchessault admet que le départ de Neal et de Perron représente de «grosses pertes».

«Je pense que l’organisation le sait. J’ose espérer qu’elle a de plus grands plans après avoir perdu deux joueurs de deuxième ligne. Je suis sûr qu’ils n’ont pas fini de s’améliorer», espère Marchessault.

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L’OMBRE DE JOHN TAVARES...

L’ombre de John Tavares planait au-dessus de quelques hockeyeurs présents à la Soirée des Étoiles, mardi. Autant Marc-Édouard Vlasic que Patrice Bergeron ont vu l’ex-Islanders leur passer sous les yeux, en quelque sorte, avant d’aboutir à Toronto. Sharks comme Bruins faisaient partie de la poignée de formations avec lesquelles le joueur de centre a discuté. Tavares s’est d’ailleurs entretenu avec Bergeron pendant le processus menant à sa décision d’opter pour les Maple Leafs. L’attaquant de L’Ancienne-Lorette a répondu à quelques questions de Tavares au cours d’une «conversation rapide au téléphone», ce qu’il a fait avec d’autres joueurs, croit Bergeron. «La seule chose qui est décevante, c’est qu’il s’en va dans une équipe rivale. Mais autrement, c’est sa décision et on la respecte, évidemment.» De son côté, Vlasic n’a pas été surpris de voir Tavares tourner le dos à San Jose. «C’est très rare qu’un joueur sur le marché signe avec les Sharks. Il y a d’autres équipes plus agressives que nous.»

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UN ANCIEN DU PATRO

Le moins connu des hockeyeurs présents au Terminal de croisières du port de Québec avait toutes les raisons d’y être. Frédéric Allard a grandi dans le quartier Saint-Sauveur et a fréquenté le Patro Laval, pour lequel plus de 100 000 $ ont été amassés pendant cette soirée regroupant quelque 350 convives. «J’ai fréquenté le Patro à partir de trois ans, j’ai été moniteur, mes parents y sont allés quand ils étaient jeunes. Alors pour moi, redonner au Patro, c’était très important. […] J’y ai appris de belles valeurs, le partage, l’amitié. Ce que je suis aujourd’hui, c’est entre autres grâce au Patro», a souligné le défenseur appartenant aux Predators de Nashville. Choix de troisième ronde (78e) en 2016, Allard vient de terminer sa première saison chez les professionnels. Après trois rencontres dans la Ligue de la côte Est, l’ancien des Saguenéens de Chicoutimi en a joué 55 avec les Admirals de Milwaukee de la Ligue américaine, récoltant 24 points en 55 rencontres.

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CE QU'ILS ONT DIT...

«On voit clairement que Marc [Bergevin] s’enligne sur la jeunesse pour construire, j’imagine.» – Philip Danault, commentant les décisions prises par son directeur général dans les dernières semaines.

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«Vous parlez à la mauvaise personne aujourd’hui.» – Patrick Roy, souriant, a préféré ne pas commenter les changements effectués par le Canadien, un récent voyage l’ayant empêché de suivre les derniers développements.

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«En ce moment, les Sharks n’ont pas pris de direction. […] Je n’ai aucune idée ils s’en vont vers où.» – Marc-Édouard Vlasic, commentant l’inaction de son équipe dans les derniers jours.