Alors qu'il avait commencé la saison sur une lancée, Maxime Lajoie ralentit la cadence.

Lajoie écarté du jeu de puissance des Sénateurs

Après avoir récolté quatre buts et trois passes à ses six premiers matches en carrière dans la LNH, il était inévitable que Maxime Lajoie ralentisse la cadence éventuellement.

C’est effectivement ce qui s’est passé alors que le défenseur recrue de 20 ans a été limité depuis à un but et une passe lors des 12 matches suivants, dont sept de suite où il a été tenu hors de la feuille de pointage.

L’arrivée en ville de l’attaquant Drake Batherson a amené l’entraîneur-chef Guy Boucher a apporté un changement à sa deuxième unité d’attaque à cinq, le joueur qui a fait sensation à Belleville en début de saison venant prendre la place de Lajoie dans un alignement où Chris Wideman est à la pointe tandis que les quatre autres joueurs sont des attaquants (Matt Duchene, Ryan Dzingel, Mikkel Boedker et Batherson).

Après l’entraînement de mercredi, Boucher assurait cependant que cette décision n’a rien à voir avec une baisse de régime de Lajoie ou une quelconque insatisfaction à l’endroit de celui qui forme un duo régulier avec Cody Ceci.

« Non, c’est le contraire. On veut essayer d’avoir des joueurs qui ont assez d’énergie pour le jeu à cinq contre cinq et le désavantage numérique. En ce moment, on est dans le top de la ligue en offensive et en power play. Défensivement, on le sait depuis le début que c’est une priorité et plus ça va aller, il faut que ça avance quand même, a-t-il expliqué. On sait qu’on ne sera pas exceptionnels défensivement maintenant, mais il faut commencer à être meilleurs. La seule façon d’avoir ça, c’est si nos joueurs ont assez d’énergie pour gérer ça et Lajoie, il joue contre les premières lignes avec Ceci. Pour un flo de première année, être en avantage et désavantage numérique, et jouer contre les premiers trios, c’est quelque chose. En ce moment, c’est d’essayer de répartir les minutes (de jeu) pour qu’il soit à son meilleur dans ses forces. »

Maxime Lajoie est le troisième arrière le plus utilisé par l’entraîneur associé Marc Crawford, après Thomas Chabot et Cody Ceci.

La surprise du dernier camp d’entraînement passe effectivement pas mal de temps sur la patinoire, 20:51 minutes par match en moyenne, ce qui en fait le troisième arrière le plus utilisé par l’entraîneur associé Marc Crawford, après Thomas Chabot (23:16) et Cody Ceci (22:18).

« Notre plus gros problème est en désavantage numérique et contre les meilleures lignes adverses à cinq contre cinq... J’aimerais bien l’avoir en avantage numérique, mais je ne peux pas l’avoir partout », a ajouté Boucher.

Le principal intéressé, bien humble face à ses succès de début de saison, ne se plaindra évidemment pas d’avoir perdu sa place sur l’attaque à cinq, où il a compté trois de ses quatre buts (deuxième au sein de l’équipe après les quatre de Colin White).

« C’est bien correct avec moi. Guy m’a dit qu’on va peut-être changer, Wideman et moi. Ça ne me dérange pas qui est là, il faut juste qu’on continue à compter des buts sur le power play. Mon focus, c’est le désavantage numérique et à cinq contre cinq, donc c’est bien correct », a-t-il soutenu.

Les Sénateurs sont bons derniers, 31e sur 31 équipes, lorsqu’ils jouent à court d’un homme ou plus, avec un faible taux d’efficacité de 67,2 %. Ils ont donc beaucoup de rattrapage à faire par rapport à leur attaque massive, qui est 6e (27,1 %). Le retour en santé du centre Zack Smith devrait aider à ce chapitre.

Lajoie, lui, continue de gagner de l’expérience en s’imposant match après match par son sens du jeu au-dessus de la moyenne.

« Je pense que je me suis ajusté un peu, tout est de plus en plus normal pour moi chaque jour. Il n’y a plus autant de surprises. Je me sens pas mal confortable », a-t-il ajouté.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Pageau progresse

Le centre gatinois Jean-Gabriel Pageau a donné l’espoir d’un retour hâtif à ses nombreux partisans en recommençant à patiner cette semaine. Mais Guy Boucher était prudent jeudi quand il s’est fait demander quel était l’échéancier pour son joueur qui a subi une déchirure du tendon d’Achille au premier jour du camp d’entraînement. «La vérité est que je pensais qu’il ne reviendrait pas cette année. Là, on parle qu’il pourrait pratiquer avec l’équipe dans un mois peut-être. C’est beaucoup plus vite qu’on pensait, mais on ne s’énervera pas avec ça. C’est déjà arrivé que ça progresse vite, puis que ça stagne... C’est le genre de blessure qui est guérie, ou ne l’est pas. Il faut qu’elle soit vraiment guérie avant de pousser au maximum. Pour une date, c’est un minimum de quatre mois, tu n’auras jamais le ‘OK’ avant quatre mois», a-t-il déclaré. Pageau s’est blessé le 13 septembre dernier, il y a donc deux mois presque exactement.

Des appuis pour Batherson

L’attaquant Drake Batherson ne manquera pas de partisans dans les gradins du CCT jeudi soir pour son premier match dans la LNH alors qu’une douzaine de proches sont venus de son patelin d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse, pour l’occasion. «Les grands-parents de ma mère, mes parents, ma sœur, quelques oncles et tantes ainsi que quelques amis vont être là», a-t-il indiqué. Son oncle Dennis Vial, un ancien dur à cuire des Sénateurs, ne pourra pas y être cependant. «Il dirige une entreprise dans notre patelin et il n’a pas pu obtenir congé. C’est certain qu’il va regarder ça à la télévision. Il a eu beaucoup d’influence sur moi, même si on n’a pas vraiment le même style de jeu», a blagué Batherson. Il espère jouer une deuxième rencontre samedi contre les Penguins et Sidney Crosby, avec qui il patine depuis quelques étés, dans un groupe qui comprend aussi Nathan MacKinnon et Brad Marchard.

Entre les lignes

Thomas Chabot aura des pensées pour deux personnes proches de lui jeudi lors du match de la campagne Le hockey contre le cancer. «J’ai la mère de mon père qui est décédée d’un cancer quand j’avais 16 ans, à ma première année junior, et j’ai mon gars d’équipement à St. John, David Kelly, avec qui j’ai passé quatre ans. Ce match, c’est une belle opportunité de jouer pour quelqu’un que tu aimes énormément», a-t-il commenté... Ce match pour le cancer a également une signification particulière pour Guy Boucher. «J’ai mon père qui est décédé du cancer quand j’avais 17 ans, et ma mère en a combattu deux. Je ne peux être touché plus directement que ça. Tout le monde dans notre vestiaire, jeune ou vieux, a quelqu’un près ou autour de lui qui est touché à un moment donné», a-t-il souligné.