Guy Lafleur a été repêché au premier rang du repêchage de la LNH par le Canadien de Montréal en 1971.
Guy Lafleur a été repêché au premier rang du repêchage de la LNH par le Canadien de Montréal en 1971.

Lafleur souhaite Lafrenière au Canadien

En 1971, le Canadien de Montréal a pu réclamer Guy Lafleur au premier rang du repêchage de la LNH grâce à une machination de Sam Pollock.

Voyant bien que le jeune québécois était en train de brûler la LHJMQ, le rusé directeur général du «CH» avait profité de la naïveté de son homologue des Golden Seals de la Californie pour lui soutirer son premier choix dans une transaction à première vue alléchante, mais nettement à l’avantage du Canadien.

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Chez les Remparts de Québec, le «Démon Blond» venait de marquer 130 buts et il avait totalisé 209 points en 62 matches. Vous connaissez la suite. Avec Lafleur, le Tricolore a remporté cinq coupes Stanley.

Il a remporté trois trophées Art-Ross remis au meilleur compteur de la LNH, deux trophées Hart, décerné au joueur le plus utile de la ligue, un trophée Conn-Smythe octroyé au joueur le plus utile des séries et un trophée Maurice-Richard à titre de meilleur franc-tireur du circuit (le trophée n'existait pas encore à l'époque, mais le titre oui). Lafleur a aussi été intronisé au Temple de la renommée.

Quarante-neuf ans plus tard, c’est une loterie controversée qui pourrait permettre au Canadien de mettre la main sur le premier choix du repêchage même si l’équipe va participer aux séries éliminatoires. Mieux encore, c’est justement un Québécois qui est le joueur le plus convoité.

Alexis Lafrenière aboutira dans une des huit équipes qui vont subir l’élimination au premier tour des séries de la coupe Stanley. Guy Lafleur, lui, espère que l’attaquant de l’Océanic de Rimouski pourra faire courir les foules au Centre Bell. Le club n’a jamais choisi de Québécois au premier tour depuis Louis Leblanc en 2009.

«Ça serait l’fun si le Canadien pouvait aller chercher un joueur comme ça. L’équipe a besoin d’un marqueur. C’est un Québécois en plus. Je l’ai rencontré deux fois. C’est un bon kid. J’ai eu du plaisir à lui parler. Il est terre à terre. Je me place dans ses bottines et il doit avoir hâte de savoir où il va jouer.»

Contrairement à Lafleur qui était dans une classe à part dès l’âge moustique, Lafrenière a commencé à se démarquer uniquement à l’âge bantam.

«C’est ça qui est encore plus l’fun avec Alexis. Il a émergé plus tard.»

Peu d’intérêt pour les séries

Le «turbo de Thurso» suivra donc attentivement la deuxième phase de la loterie du repêchage de la LNH parce que soudainement, le déroulement de la première ronde des séries éliminatoires vient de prendre une tout autre importance.

Parlant des séries, le #10 du Canadien comprend que les propriétaires et la ligue veulent tout faire pour déclencher la classique «printanière», mais il ne sera pas très motivé à regarder du hockey des séries à partir de son salon cet été.


« Ça serait l’fun si le Canadien pouvait aller chercher un joueur comme ça [Alexis Lafrenière]. »
Guy Lafleur

«Les droits de télévision, c’est la seule raison qui pousse la LNH à vouloir recommencer à jouer. Personnellement, du hockey d’été, oubliez ça. Je décroche, mais je comprends que les propriétaires ne veulent pas attendre à l’automne parce qu’il y a toujours la possibilité de l’arrivée d’une deuxième ou d’une troisième vague.»

Un huis clos pénible

Pour celui qui avait l’habitude d’entendre les partisans scander les «Guy, Guy, Guy» au vieux Forum de Montréal, le hockey à huis clos n’aura rien d’inspirant.

«J’ai fait bien des pratiques à huis clos! Enlevez les partisans de l’équation pendant les matches et ça va enlever énormément de motivation aux joueurs. Il risque d’y avoir plus de relâchements. C’est la foule qui te permet de donner le maximum dans chaque match.»

D’ailleurs, Lafleur ne pense pas être témoin de grand hockey si les séries viennent qu’à débuter.

«Tu ne peux pas te remettre en forme de match en une semaine. Les trois quarts des joueurs ne seront pas en grande forme après avoir été arrêtés pendant trois mois. Et que va-t-il se passer avec les joueurs qui choisiront de ne pas jouer pour des raisons de santé ou des raisons personnelles? Ils pourraient perdre une partie de leurs salaires ou de leurs bonis. Et face à son équipe, si un joueur décide de ne pas jouer, il va devenir le mouton noir de la gang.»

Tant qu’à parler des malheurs de la COVID-19, Guy Lafleur a préféré trouver un moyen d’en rire.

«S’il faut maintenir la distanciation sur la patinoire, il y a des joueurs qui vont avoir pas mal de fun