Denis Potvin est de passage dans ses terres à Wakefield. Le membre du Temple de la renommée du hockey originaire de Vanier est dans le coin pour une dizaine de jours, histoire de voir de la famille et des amis.

La deuxième retraite de Denis Potvin

Denis Potvin est de passage dans ses terres à Wakefield. Le membre du Temple de la renommée du hockey originaire de Vanier est dans le coin pour une dizaine de jours, histoire de voir de la famille et des amis.

Mardi matin, il allait jouer une ronde de golf avec une douzaine d’amis de longue date au club Mont-Cascades, qui se trouve près de sa résidence secondaire.

Le célèbre numéro 5 des Islanders de New York commence à profiter de sa « deuxième retraite », annoncée à la fin de juillet. 

Après 30 ans à couvrir la LNH dans un rôle d’analyste à la télévision, Potvin a récemment décidé qu’il était temps de fermer son micro, quittant son poste avec Fox Sports en Floride, où il a été appelé à suivre les Panthers à travers l’Amérique du Nord lors des cinq dernières saisons.

« À 65 ans, le temps était venu, a-t-il confié en entrevue avec le Droit mardi matin. Lorsque j’ai pris ma retraite comme joueur, ce n’était pas parce que je n’aimait plus jouer au hockey. C’était parce que la production n’était plus aussi élevée et que c’était de plus en plus difficile de se préparer mentalement pour la saison. Dans le temps, j’avais l’idée d’avoir une deuxième carrière dans le “broadcasting”, et j’ai été chanceux de travailler dans un autre domaine où le travail d’équipe est essentiel pour connaître du succès. Mais là, la préparation à une nouvelle saison était toute aussi difficile. Ça faisait une couple d’années que j’y pensais et là, c’est le temps. »

Trois fois récipiendaire du trophée Norris de meilleur défenseur de la LNH, Potvin avait accroché ses patins à la fin de la saison 1987-1988, alors qu’il avait 35 ans. 

Il venait de connaître une excellente campagne de 19 buts et 51 points avec un différentiel de plus-26, avec 112 minutes de punition. De nos jours, une telle saison vaudrait un contrat de 8 à 10 millions $ par an à son auteur. 

Pour Potvin, c’était cependant bien en deçà de ses standards établis à la fin des années 1970, quand il a connu quatre saisons de 80 points et plus (incluant une de 101 points en 1978-1979, son sommet en carrière), avant de mener les Islanders à leurs quatre conquêtes de la coupe Stanley consécutives du début des années 1980.

En 1989, il a fait ses débuts à l’analyse des matches des Islanders avec Sports Channel, et il ne pouvait pas se douter que ça le tiendrait occupé pour un autre 30 ans.

« J’ai travaillé pour plusieurs réseaux. Sports Channel New York pour commencer. Fox avec les Panthers quand ils sont entrés dans la ligue. Sportsnet (pour commenter les matches des Sénateurs de 2010 à 2014). ESPN et Radio-Canada, pour les Jeux olympiques de 2006 en Italie (à Turin), en français. Ça fait beaucoup de voyages pour couvrir des matches de hockey et on vieillit avec le temps, ce qui fait que les voyages deviennent de plus en plus difficiles », raconte Potvin, qui avait obtenu congé pour une dizaine de parties la saison dernière, dont le voyage des Panthers en Finlande pour jouer deux matches.

Il aura passé 21 saisons avec les Panthers, suivant d’abord l’ancien d.g. des Islanders Bill Torrey quand il a pris la direction de la Floride en 1993. Il est resté avec eux pour 16 campagnes, avant d’être remercié de ses services, ce qui l’a ramené à Ottawa.

Lorsqu’il était avec Sportsnet, il a pris plaisir à décrire les premiers coups de patins dans la LNH d’un certain Erik Karlsson, qu’il a pris sous son aile pour l’aider à devenir un récipiendaire du trophée Norris lui aussi. De retour avec les Panthers lors des cinq dernières années, il aura assisté aux derniers arrêts du gardien Roberto Luongo.

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PAS INTÉRESSÉ À CONSEILLER DORION

Les plans de retraite de Denis Potvin ne comprennent pas un retour à Ottawa pour combler le poste jamais comblé de président aux opérations hockey des Sénateurs.

«Dans le temps de (feu) Bryan Murray, ça aurait pu être intéressant. Mais je n’ai pas d’intérêt pour un tel travail maintenant. Tout est fini pour moi», a affirmé sans ambages le défenseur membre des Temples de la renommée du hockey et d’Ottawa.

L’ancien des 67’s d’Ottawa aurait pu être un candidat de choix pour venir combler un poste que le propriétaire Eugene Melnyk avait l’intention de combler le printemps dernier afin de mieux encadrer et conseiller le directeur général Pierre Dorion.

Potvin préfère cependant commencer à profiter de sa vie de retraité, passer plus de temps de qualité avec son épouse Valérie, ainsi que ses deux filles et son fils qui lui ont donné quelques petits-enfants.

«Ça va être différent pour Valérie que je ne sois pas toujours parti d’octobre à avril», note-t-il.

En santé lui-même, il veut aussi être là pour continuer à aider son frère Jean, ancien des 67’s et des Islanders lui aussi, qui se remet d’une transplantation du foie subie plus tôt cette année. Le même genre d’opération qui a sauvé la vie de Melnyk il y a quatre ans.

«Il a eu quelques complications, mais Jean est un joueur de hockey, il compose bien avec tout ça. Il est optimiste et on parle d’aller jouer au golf et à la pêche bientôt», confie-t-il.

Parmi ses autres plans pour la première année du reste de sa vie, Potvin entend aider la Fondation des Panthers, pour laquelle son fils Christian travaille. Il acceptera aussi des invitations à différents tournois de golf, comme celui des Islanders en septembre.

«On va aussi revenir à Wakefield en janvier ou février, quand la neige va être belle pour faire du ski ou de la raquette, chose qu’on ne pouvait pas faire pendant la saison de hockey quand je travaillais», souligne Denis Potvin, qui conservera sa résidence principale près de Fort Lauderdale.