N’eût été une entorse sévère à la cheville qui lui a fait rater cinq semaines cette saison, Kevin Mandolese aurait pu fracasser le record de matches disputés par un gardien de la franchise.
N’eût été une entorse sévère à la cheville qui lui a fait rater cinq semaines cette saison, Kevin Mandolese aurait pu fracasser le record de matches disputés par un gardien de la franchise.

Kevin Mandolese, meilleur gardien de la LHJMQ

Plusieurs chemins mènent à la Ligue nationale de hockey (LNH).

Ceux d’Ondrej Pavelec et Marc-André Fleury ont commencé au Cap-Breton, dans l’uniforme des Screaming Eagles. Kevin Mandolese espère aussi emprunter la même voie.

Mardi, le triple champion de la coupe Stanley a lui-même annoncé à Mandolese qu’il était le récipiendaire du titre du gardien par excellence de la LHJMQ. Avec son dossier de 26-8-1, une moyenne de 2,33 buts alloués et un pourcentage d’arrêt de ,925, l’espoir des Sénateurs d’Ottawa a aussi été élu dans la première équipe d’étoiles du circuit Courteau.

«Félicitations Kevin. Je te souhaite bonne chance pour la prochaine saison et à ton camp d’entraînement à Ottawa. Je suis très fier de toi et de ta façon d’avoir représenté les Eagles cette saison», a dit Fleury dans son annonce vidéo du gala des Rondelles d’or.

Étrangement, Fleury a disputé 151 matches de la saison régulière avec les Screaming Eagles du Cap-Breton. Mandolese en a disputé exactement le même nombre. Un hasard qui n’avait pas échappé à l’attention du gardien de Boisbriand.

Marc-André Fleury

«À mon 151e match à Halifax, j’avais vu qu’il me manquait juste un autre match pour surpasser la marque de Fleury. Ç’a tombé que c’était la dernière de l’année. La saison a pris fin abruptement après ça.»

Fleury et Mandolese ont joué au Cap-Breton pendant quatre ans chacun. Ils partagent même le même entraîneur d’été: Marco Marciano. Pourtant, ils n’ont pas encore eu la chance de se rencontrer. En séries éliminatoires, Mandolese a défendu la cage des Eagles à 16 reprises. Avec une équipe puissante devant lui, il aurait aimé rattraper la marque de 26 matches des séries de Fleury ce printemps.

«Sur papier, il y avait des équipes comme Moncton, Sherbrooke, Rimouski et Chicoutimi qui paraissaient mieux que nous, mais j’ai toujours cru que sur la glace, nous formions un club difficile à affronter. Nous avions une grosse équipe physique, qui frappait beaucoup. Nous avions aussi du talent. Le meilleur s’en venait. Nos acquisitions commençaient à rapporter. Tout commençait à cliquer. Nous avions traversé des années difficiles au Cap. C’est dommage que tout se soit arrêté au moment où c’était notre tour de foncer.»

Records à la portée

N’eût été une entorse sévère à la cheville qui lui a fait rater cinq semaines cette saison, Mandolese aurait pu fracasser le record de matches disputés par un gardien de la franchise. Olivier Roy a gardé les buts des Eagles 155 fois. Mandolese est aussi deuxième dans l’histoire de l’équipe avec 86 victoires, huit de moins que Roy, maintenant un gardien en première division allemande.

Au fil des ans, cette équipe a été une pépinière de gardiens. Y aurait-il quelque chose dans l’air de cette île de la Nouvelle-Écosse pour produire des gardiens élites?

«C’est difficile de connaître le secret de la recette. Ondrej Pavelec et Marc-André Fleury n’ont pas eu les mêmes entraîneurs. Même moi, j’en ai eux deux ici. Je pense plutôt que l’organisation a le flair pour prédire l’avenir! C’est Jacques Carrière (de Gatineau) qui m’a repêché. On m’a toujours dit qu’il excellait dans l’art d’identifier les meilleurs espoirs de la LNH. Par exemple, il n’a pas raté son coup avec Drake Batherson, un choix de quatrième ronde (des Sénateurs).»

Inspirations

Justement, à l’inverse de Fleury qui a été le tout premier choix du repêchage de la LNH en 2003, Mandolese a été un choix tardif. Il a été sélectionné en sixième ronde en 2018, mais il s’inspire de gardiens repêchés autour de son rang pour garder sa fixation sur son objectif. Connor Hellebuyck (5e ronde), Pekka Rinne (8e ronde), Petr Mrazek (5e ronde) et Henrik Lundqvist (7e ronde) ont tous été repêchés dans les rondes tardives avant de connaître du succès dans la LNH.

«Il ne sert à rien de se décourager. Ces gars-là sont une source d’inspiration et ils prouvent que ça prend plus de temps pour développer les aptitudes d’un gardien. Nous n’avançons pas tous au même rythme, surtout sur le plan de la force mentale. C’est là que j’ai le plus progressé cette année.»

Mandolese n’a jamais été aussi confiant qu’au cours de la dernière année. D’ailleurs, les Sénateurs viennent de le récompenser en lui octroyant un généreux contrat.