Lars Eller, l’ancien du Canadien, joue un rôle important chez les Capitals de Washington depuis le début des séries.

Eller, l’arme secrète des Caps

LAS VEGAS — Lars Eller dit que plus il joue, mieux c’est.

Le polyvalent joueur de centre des Capitals de Washington l’a démontré lors du match no 2 de la série finale de la Coupe Stanley, et il pourrait obtenir davantage d’opportunités de le faire dans les moments cruciaux puisqu’il est présentement l’un des favoris parmi les siens pour l’obtention du trophée Conn Smythe.

Eller a marqué un but et amassé deux mentions d’aide mercredi, dans la victoire de 3-2 des Capitals contre les Golden Knights de Vegas. La série est donc égale 1-1, et se transporte maintenant dans la capitale fédérale américaine.

Le Danois âgé de 29 ans est passé du troisième au deuxième trio après que le joueur de centre no 1 des Caps Evgeny Kuznetsov eut été ébranlé par une mise en échec du défenseur des Golden Knights Brayden McNabb en première période. Kuznetsov, qui domine la LNH avec 11 buts et 14 passes en séries éliminatoires cette saison, a quitté la patinoire en se tenant le bras gauche, et il n’est pas revenu au jeu par la suite en raison d’une blessure « au haut du corps ».


« Ce gars-là est en quelque sorte notre arme secrète. »
Alex Ovechkin, au sujet de Lars Eller

Ce coup du sort a semblé fouetter les Capitals, qui tiraient de l’arrière 1-0 à ce moment-là. Eller a créé l’égalité avant de mettre la table pour le filet en avantage numérique d’Alex Ovechkin et le premier du défenseur Brooks Orpik en 220 matches. C’était alors 3-1 en faveur des visiteurs. « La finale de la Coupe Stanley – tu veux être sur la patinoire, pas sur le banc, a mentionné Eller. Je savoure chaque instant. »

Et il a de bonnes raisons de le faire : il totalise six buts et 11 mentions d’aide en 21 rencontres éliminatoires, après avoir marqué six filets et récolté 17 aides lors de ses 50 premiers matches éliminatoires en carrière – tous avec le Canadien de Montréal.

« Il a été extraordinaire, s’est exclamé le joueur de centre des Capitals Nicklas Backstrom. Il connaît de très bonnes séries éliminatoires. C’est agréable à regarder. C’est ce qu’il nous fallait. Il faut que tout le monde hausse son niveau de jeu d’un cran, et il (Eller) l’a vraiment fait. »

Acquis du Tricolore au repêchage de 2016 contre deux choix de deuxième ronde, Eller a retrouvé ses repères avec les Capitals et signé en février une prolongation de contrat de cinq ans d’une valeur de 17,5 millions $ US. Cette entente a déjà l’air d’une véritable aubaine.

« Ce gars-là est en quelque sorte notre arme secrète, a évoqué Ovechkin. Lorsqu’il est au sommet de sa forme, et qu’il a de bonnes sensations avec la rondelle, ce gars-là est difficile à freiner. »

Prendre la relève

L’entraîneur-chef Barry Trotz n’a fourni aucune mise à jour sur l’état de santé de Kuznetsov jeudi autre que de dire qu’il sera réévalué de manière quotidienne. Mais la confiance des Capitals ne semble pas affectée. 

«Nous avons eu des gars qui ont raté des matches ici et là pendant les éliminatoires, a rappelé Backstrom. Il est difficile de remplacer Kuznetsov, mais si nous devons le faire, il faut juste que d’autres joueurs prennent la relève.»

Les Golden Knights aimeraient aussi voir leur premier trio composé de Jonathan Marchessault, William Karlsson et Reilly Smith augmenter la cadence. Puisqu’ils joueront à l’étranger, l’entraîneur-chef Gerard Gallant ne pourra pas imposer des confrontations avantageuses à sa première unité et il comptera sur ses meilleurs joueurs pour élever leur niveau de jeu d’un cran.

«Je ne me soucie pas de savoir contre qui ils jouent, a déclaré Gallant. Nous allons bien jouer et travailler dur. (Mercredi soir) ils n’ont pas eu les explosions offensives qu’ils ont en général. Vous n’allez pas être à votre meilleur tous les soirs. Je m’attends à ce qu’ils soient bons pour nous, comme ils l’ont fait toute la saison.»

Gallant a donné crédit aux Capitals, disant qu’ils méritaient de gagner le deuxième match grâce à leur performance après avoir perdu Kuznetsov. Il aurait dû être plus difficile pour eux de maintenir cet effort pour une partie entière sans Kuznetsov, mais ils ont passé ce test avec succès, comme ce fut le cas pendant l’absence de Backstrom plus tôt dans les séries éliminatoires.

«Ce sera une grosse perte, mais comme vous l’avez vu dans la série contre les Penguins de Pittsburgh quand Nick s’est blessé, parfois ce genre de situation motive d’autres joueurs à prendre le relais et à faire quelques jeux», a déclaré Oshie.

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DES PARTISANS COMBLÉS

Miguel Narvaez se tient dans la chaleur écrasante à l'extérieur du domicile des Golden Knights de Vegas, quelques heures avant que ne s'amorce le match no 2 de la finale, portant un veston fait sur mesure arborant les signatures brodées de ses joueurs favoris.

À quelques mètres de là se trouve Chris Gawlik, coiffé d'un chapeau orné d'une lumière de but, qui complète la plaque d'immatriculation «CUP 4LV» qu'il porte à son cou.

Ce ne sont là que deux exemples parmi tant d'autres de ces partisans, qui sont tombés en amour avec leur club d'expansion au cours de leur improbable parcours éliminatoire, et du lien qui unit maintenant cette ville à l'équipe.

«J'attends une équipe depuis toujours, a déclaré Narvaez, qui est natif de Las Vegas. D'obtenir ce que nous avons eu est incroyable. Ces gars sont fantastiques. Tout ce que nous voulions, c'est quelque chose d'intéressant à aller voir une fois par semaine, quelque chose qui nous changerait de la Strip.»

Ils ont eu bien plus que cela.

Un lien très fort unit déjà les partisans des Golden Knights à leur jeune équipe.

Le propriétaire, Bill Foley, a payé 500 millions $ US pour se porter acquéreur de l'équipe. En conséquence, les règles du repêchage d'expansion ont été modifiées afin de donner l'occasion aux Knights d'être compétitifs dès cette saison. Mais même le plus optimiste des partisans n'aurait pu prévoir une présence en grande finale.

«On ne voit ça qu'une fois dans une vie, a lancé Nick Constantin, un Californien déguisé en roi. Une équipe d'expansion formée de joueurs dont personne ne voulait.»

Gawlik n'est d'ailleurs pas d'accord avec ceux qui affirment que ce qui arrive aux Knights est injuste ou mauvais pour le hockey.

«C'est plutôt amusant de voir tous ceux qui croyaient que ne serions pas bons en début de saison se plaindre maintenant que les dés ont été pipés en notre faveur. (...) Ça dépasse les rêves les plus fous ce qui est en train de se passer.»

L'équipe a même eu un autre effet sur la ville. Avant même leur première rencontre, l'équipe et la ville se sont retrouvées en plein cauchemar, alors qu'un tireur fou planqué dans une chambre d'hôtel a fait 58 victimes, le 1er octobre.

«Ils nous ont aidé à guérir, affirme Stephanie Rayl-Hayes, qui est déménagée à Las Vegas il y a cinq ans. Si on peut les appuyer comme ils l'ont fait quand on avait besoin d'eux, c'est la moindre des choses. C'est pour ça que nous sommes ici.»

«Ça a signifié beaucoup pour cette ville, ajoute Constantin. Leurs victoires ont rapproché les gens. Ça a été super pour la ville.»

Pour Narvaez, le lien qu'a tissé l'équipe avec la ville ne sera jamais rompu..

«Ils ont été là dès le début. Ils ont appuyé cette communauté. Ce sont de bons gars. Ils travaillent fort pour nous, alors on travaille fort pour eux.

«On se foutait du hockey il y a un an, ajoute Constantin. Soudainement, nous sommes en finale de la Coupe Stanley. C'est complètement fou.»