Sydney Crosby

Des Penguins transformés

PITTSBURGH — Les messages de Mike Sullivan peuvent parfois être incessants. L’entraîneur-chef des Penguins de Pittsburgh répète à ses joueurs quelques slogans qui reviennent constamment pendant chaque entraînement, chaque période, et parfois même chaque présence sur la patinoire.

Ça peut aller de « jouez de la bonne façon » à « revenez à notre match » en passant « gardez les choses simples ». Tous des mots-codes dirigés à l’endroit d’un alignement riche en joueurs vedettes qui, lors de récentes saisons, étaient tellement préoccupés par leur talent offensif qu’il pouvait leur arriver d’oublier de faire de petites choses comme, par exemple, jouer de façon responsable aux deux extrémités de la patinoire.

Plus maintenant. Ce groupe de joueurs parfois insouciant qui a été surclassé et dominé en matière de stratégie et d’ardeur au jeu, en route vers un balayage aux mains des Islanders de New York lors de la première ronde des séries éliminatoires le printemps dernier, a été remplacé par une équipe qui est retournée parmi l’élite de la LNH grâce à un mélange de combativité, de résistance et de maturité.

En écrasant le Wild du Minnesota 7-3 mardi soir, les Penguins ont signé une quatrième victoire consécutive et se sont approchés à quatre points des Capitals de Washington et du premier rang de la section Métropolitaine, à une dizaine de jours de la pause du Match des étoiles. Il s’agit d’une avenue enivrante pour une équipe qui a passé les quatre derniers mois à regarder une vedette après l’autre quitter la patinoire en boîtant, en route vers la liste des blessés.

La plus éprouvante des blessures a été celle au capitaine Sidney Crosby qui, en troisième période d’un match contre les Blackhawks de Chicago, le 9 novembre, a péniblement patiné jusqu’au banc des joueurs. Cinq jours plus tard, Crosby a subi une opération pour soigner une hernie.

À l’époque, les Penguins se trouvaient au milieu du classement de l’Association Est et surtout, à un moment charnière de leur saison. Crosby donnait le ton pour s’assurer que les Penguins jouaient le « hockey de 200 pieds » dont raffole Sullivan.

Sans lui, les Penguins auraient facilement pu complètement perdre leurs moyens. Ils ont plutôt retrouvé l’identité qui a fait la marque des équipes championnes de 2016 et de 2017.

Ils savaient que pour demeurer en vie dans la meilleure section de la LNH, ils n’avaient pas le choix.

« Ç’a été un peu l’élément moteur qui explique pourquoi nous avons dû jouer comme nous l’avons fait, davantage axé sur la défensive, moins téméraire et, en fin de compte, pourquoi nous avons accordé moins de chances sur le plan collectif », a avancé l’attaquant Zach Aston-Reese.

A suivi une séquence de 18-6-4 qui a propulsé les Penguins jusqu’au quatrième rang du classement général pendant que Crosby ratait 28 matches. Il s’agit du deuxième meilleur dossier dans la LNH durant cette période, un total inimaginable pour un groupe qui a raté l’équivalent de presque 200 matches à cause des blessures.

Les Penguins sont déterminés à ne pas retomber dans leurs mauvaises habitudes, qui ont parfois surgi depuis leur dernier défilé de la Coupe Stanley. Questionné à savoir si l’équipe peut se permettre de prendre des chances inutiles maintenant que Crosby est de retour, McCann s’est mis à rire.

« Nous ne pouvons pas faire ça. Nous savons que nous ne pouvons pas retourner à la manière dont nous avons commencé la saison. Nous étions une équipe différente au début de l’année. Maintenant, nous avons trouvé notre voie et nous savons ce que nous avons à faire. »