Le maire de Sherbrooke Steeve Lussier a tenu à féliciter personnellement David Perron pour la conquête de la coupe Stanley.

David Perron présente la coupe Stanley aux Estriens

Le 3 janvier dernier, les Blues de Saint-Louis occupaient le dernier rang du classement général de la LNH. Qui aurait cru que quelques mois plus tard, ils remporteraient la coupe Stanley? Jamais repêché dans le midget AAA, ayant dû passer par le midget B, qui aurait cru que David Perron non seulement deviendrait un jour un choix de première ronde dans la LNH, mais qu’il remporterait aussi la coupe Stanley 12 ans plus tard?

L’enfant prodigue était de retour à Sherbrooke mardi, avec la coupe Stanley, remportée en sept matchs face aux Bruins de Boston, il y a quelques semaines.

Comme c’est la coutume, le trophée dédié à la mémoire de Lord Stanley se promène pendant tout l’été suivant sa conquête chez les joueurs et entraîneurs de l’équipe victorieuse.

Et mardi, c’était au tour de l’Estrie. Perron et la coupe Stanley se sont promenés à Sherbrooke et à Magog, mais le crescendo de cette journée fut assurément le rassemblement populaire au Palais des sports, dès 13 h.

Ce sont plus de 1000 amateurs qui ont fait la file, parfois depuis 5 h mardi matin, afin de s’assurer un cliché avec la coupe et le joueur étoile des Blues.

Une journée fort bien remplie pour Perron, qui rêvait à cette journée depuis des années.

« C’est vraiment l’fun de voir la réaction des gens. Ils nous voient avec la coupe, ils klaxonnent, ils encouragent, c’est vraiment touchant. C’est ce que je voulais faire vivre aux gens. C’est énorme pour moi, tout ça. C’était mon rêve de revenir à Sherbrooke, d’apporter la coupe et d’aller manger une poutine dedans chez Louis Luncheonnette! » a rigolé Perron.

Les entraîneurs des gardiens chez les Hawks de Chicago, Stéphane Waite et Jimmy Waite, ont également présenté la coupe Stanley aux Sherbrookois, lors des dernières années.

Perron est cependant le premier joueur sherbrookois, depuis Mathieu Dandenault en 2002, à remporter la coupe comme joueur actif.

« Je sais qu’il y a des gens qui l’ont apporté à Sherbrooke lors des dernières années, mais il n’y a pas énormément de joueurs de Sherbrooke qui ont gagné la coupe Stanley. On veut faire vivre ça à tout le monde. C’est un moment inoubliable que je veux faire partager », a dit celui qui été un facteur important dans les succès des Blues en séries, en récoltant 16 points en 26 matchs.

« C’est l’fun de voir la réaction des gens, surtout les jeunes. Ils sont importants pour moi, c’est pour eux que j’ai démarré une fondation. Pour les aider. J’essaie de relativiser les choses chaque fois. Oui j’ai gagné la coupe Stanley, j’ai réalisé mon rêve. Mais c’est aussi la preuve que tu peux y arriver si tu y crois vraiment. C’est inimaginable, tout ce qui m’arrive. En même temps, je sais les efforts que j’ai mis pour me rendre ici. »

Cette conquête de la coupe Stanley était la première dans l’histoire de la concession des Blues de Saint-Louis.

Un triomphe qui, de l’extérieur, n’était qu’un mirage au début du mois de janvier.

Mais les joueurs des Blues, eux, croyaient en leurs chances.

« C’est toute une histoire, oui, mais surtout pour les médias. Pour nous dans la chambre, on y a toujours cru. On savait qu’on avait joué cinq ou six matchs de moins que les autres équipes, à cette époque, et que si on pouvait les gagner, on aurait une chance de se classer en séries. Notre but, c’était de faire les séries et à partir de là, tout est possible », s’est rappelé Perron.

L’équipe a changé d’entraîneur et a décidé de faire confiance à un jeune gardien sans expérience dans la LNH, en Jordan Binnington.

À Magog, David Perron a profité de son passage avec la coupe Stanley pour signer le livre d’or de la municipalité.

Des changements qui furent salutaires.

« Craig (Bérubé) nous a donné confiance en nous, moi le premier. J’ai joué beaucoup de minutes, des minutes de qualité, et j’ai eu la chance de jouer avec le gars qui a finalement gagné le trophée Conn Smythe (Ryan O’Reilly). On s’entend lui et moi sur la glace. »

C’était la deuxième année consécutive que David Perron participait à la finale de la coupe Stanley.

Dans l’uniforme des Golden Knights de Vegas, il a plutôt vu les Capitals de Washington remporter le précieux trophée.

« J’ai dû surmonter des blessures, parfois importante, dans ma carrière. J’ai passé par certaines équipes où le fit était un peu moins bon. Je viens de connaître deux de mes meilleures saisons offensives en carrière et ça fait du bien. Surtout, d’avoir eu un impact dans le septième et décisif match, c’est tellement incroyable », a dit celui qui a obtenu une passe sur le but de Zach Sanford, qui a fait 4-0 Saint-Louis, en route vers une victoire de 4-1.

Malgré les festivités, Perron a déjà repris l’entraînement.

« J’ai quelques bobos qui m’empêchent d’aller à fond, mais je serai prêt pour la saison. Ça fait deux ans de suite que je vais en finale, je sais à quoi m’attendre. »

L’ancien porte-couleurs des Blues de Saint-Louis Roger Picard, a fait le voyage depuis Montréal afin de rencontrer David Perron et d’ainsi toucher à cette coupe Stanley que l’édition 1967-68 des Blues n’a pu gagner en grande finale.