Alexandre Picard, accompagné de son épouse Marika et de ses trois enfants Liam (8 ans), Léonie (5 ans) et Levi (2 ans).
Alexandre Picard, accompagné de son épouse Marika et de ses trois enfants Liam (8 ans), Léonie (5 ans) et Levi (2 ans).

Alexandre Picard s’adapte aux réalités de la pandémie

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Tout le monde doit être prêt à s’adapter rapidement aux nouvelles réalités imposées par la pandémie de COVID-19.

Alexandre Picard commençait à avoir une bonne idée de ce qu’il aimerait faire de son après-carrière de hockeyeur, mais le défenseur gatinois qui a passé 14 saisons chez les professionnels a dû se « retourner sur un dix cennes » en raison de la crise mondiale et de ses effets sur la scène locale.

Alors qu’il espérait se dénicher un poste de dépisteur au Québec avec un club de la LNH après avoir apprécié une expérience à ce titre la saison dernière avec les Voltigeurs de Drummondville, ce projet est maintenant sur la glace alors qu’il a plutôt accepté un poste d’entraîneur-chef d’une des équipes midget espoir de Drummondville, où il a déménagé avec sa petite famille une fois qu’il a accroché ses patins de joueur l’an dernier.

« Mon but est de devenir recruteur dans la Ligue nationale et j’ai évalué que de coacher des jeunes milléniaux, d’avoir vraiment le feeling d’être derrière le banc avec des jeunes de 15-16 ans, ça pourrait m’aider éventuellement à long terme. Savoir comment ces jeunes-là pensent, ce à travers quoi ils passent, même si je l’ai déjà vécu comme joueur... Ça fait longtemps, les choses ont changé », a-t-il confié cette semaine au Droit, après avoir effectué la sélection de son équipe pour la saison 2020-2021.

« J’avais déjà aidé au sein de la structure l’an dernier, surtout avec les défenseurs. Ils m’ont approché cet été et avec la pandémie, je n’étais pas certain. Plus ça avançait et plus j’avais le goût de faire quelque chose pour sortir de la maison. Quand ils sont revenus avec une deuxième offre, j’ai décidé d’embarquer pour plusieurs autres raisons aussi. Pour avoir plus de contacts dans le monde du hockey, ici dans le coin, à “Drummond”, “Victo” (Victoriaville), Sherbrooke et Trois-Rivières », explique-t-il aussi.


« Tu es sur la glace et tu dois essayer de rester à deux mètres des joueurs, ce n’est pas toujours évident. On doit s’adapter avec des mini-bulles aussi. »
Alexandre Picard

Picard, qui a dû annuler son camp estival pour jeunes à Gatineau, avait aussi fait ses premiers pas dans le monde des médias en participant à la diffusion de matches de la LHJMQ par le réseau MATV la saison dernière, une expérience qu’il espère avoir le temps de poursuivre la saison prochaine, si des matches y sont présentés à nouveau.

Mais comme mentionné plus tôt, l’ancien des Flyers, des Sénateurs, du Canadien, du Lightning, des Hurricanes et des Penguins avant de passer sept saisons en Europe vise éventuellement un poste de recruteur.

« J’ai adoré ça la saison dernière avec les Voltigeurs. J’ai eu la confirmation au repêchage de la LHJMQ que c’est vraiment ça que je voudrais faire dans la vie. J’ai vu aller Philippe Boucher (autre ancien défenseur de la LNH), qui a de l’expérience, c’était son 11e repêchage... Ça m’a vraiment donné la piqûre, note-t-il. J’ai envoyé mon c.v. à toutes les équipes de la LNH deux semaines avant la pandémie. Je ne m’attendais pas à me faire embaucher tout de suite parce que c’est tout récent, je voulais juste mettre mon pied dans la porte et faire circuler mon nom, puis il y avait sept-huit équipes qui étaient intéressées à me rencontrer au repêchage, s’il avait lieu au Centre Bell de Montréal comme prévu. Là, ça va être tout à recommencer à zéro un peu. J’essaie donc de me tenir occupé tout en travaillant dans cette direction-là. »

Être entraîneur avec les restrictions actuelles amène son lot de défis, aussi. « Tu es sur la glace et tu dois essayer de rester à deux mètres des joueurs, ce n’est pas toujours évident. On doit s’adapter, avec des mini-bulles aussi. Ça va être comme ça pour un petit bout, semble-t-il, mais ça commence à être lourd », fait remarquer Picard.

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Alexandre Picard a évolué chez les professionnels pendant 14 saisons, dont deux avec les Sénateurs d'Ottawa.

UNE PANDÉMIE QUI A TOUT CHAMBOULÉ

Chez les Picard, les rôles ont été inversés pendant les premiers mois de la pandémie.

Habitué d’être le gagne-pain pendant sa carrière de hockeyeur, Alexandre Picard est demeuré à la maison avec Liam, 8 ans, Léonie, 5 ans et Levi, 2 ans, pendant que son épouse Marika travaillait de longues heures à fabriquer des masques vendus par sa compagnie de vente de vêtements pour bébés et jeunes enfants, Konfo et Tralala. 

« Ça marchait super bien (avant la crise de la COVID) pour elle et son amie avec qui elle a lancé l’entreprise, elles étaient bien reconnues dans le milieu après avoir fait différents salons de maternité. Quand la pandémie a frappé, elles se sont “revirées” de bord. Avec les tissus qu’elles avaient déjà, elles ont commencé à produire des masques, relate Picard. C’est tout fait à la main, elles sont deux couturières, avec ma femme et sa mère qui découpent. Elles travaillent beaucoup, elles ont produit environ 4000 masques depuis le début de la pandémie. »

Les demandes en ligne, à travers le site internet de l’entreprise ou sa page Facebook, fusaient de toutes parts quand la crise a débuté.

« C’était tout un rush quand la panique a pris et que tout le monde cherchait des masques. Il n’y avait pas juste des commandes sur internet, il y avait aussi des grosses compagnies, comme toutes les pharmacies de Drummondville qui cognaient à leur porte. Avec juste deux couturières, elles n’arrivaient pas à répondre à toute la demande. Elle a travaillé très fort alors qu’on a changé de rôle. J’ai vraiment pu voir l’envers de la médaille en étant “Mr. Mom” à la maison avec les trois enfants qu’on n’a pas renvoyés à l’école. Pour elle, ça avait été en Europe lors des sept dernières années, ce n’était pas évident. Je suis vraiment chanceux de l’avoir comme femme et maman de mes enfants », lance Alexandre Picard.

Rappelons qu’après une dizaine d’années à rouler sa bosse en Amérique du Nord (incluant 253 matches dans la LNH), celui-ci avait ensuite joué en République tchèque, en Autriche, en Suisse et en Allemagne avant d’accrocher ses patins à 35 ans.