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À 59 ans, Alain Vigneault est devenu le 14e entraîneur-chef de la LNH à franchir la barre des 1300 matches dirigés.
À 59 ans, Alain Vigneault est devenu le 14e entraîneur-chef de la LNH à franchir la barre des 1300 matches dirigés.

1300e match pour Vigneault, des souvenirs pour Henry

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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L’une des principales force de Charles Henry quand il était à la tête des Olympiques de Hull/Gatineau, c’était d’identifier des entraîneurs de haute qualité.

«Quand j’engage un coach, je veux qu’il ait le potentiel d’atteindre le prochain niveau», se plaisait-il à répéter.

Le Grand Manitou des Olympiques a eu la main heureuse. Sa première embauche avait été Pat Burns. Sa deuxième, Alain Vigneault. Les deux ont soulevé des coupes du Président devant les partisans du centre Robert-Guertin. Les deux ont ensuite gagné le trophée Jack-Adams, remis à l’entraîneur-chef par excellence dans la meilleure ligue de hockey au monde.

À 59 ans, Vigneault est devenu le 14e entraîneur-chef de la LNH à franchir la barre des 1300 matches dirigés le week-end dernier dans le splendide décor du lac Tahoe. Ses 697 victoires en carrière le placent au neuvième rang de l’histoire de la ligue.

«C’est tout un exploit. Je suis très fier de lui», a réagi Charles Henry lorsque Le Droit lui a demandé de brasser ses souvenirs d’Alain Vigneault mardi.

Bien avant de diriger les Olympiques pendant cinq saisons victorieuses consécutives entre 1987 et 1992, Vigneault avait fait la connaissance de Charlie Henry à l’adolescence.

Charles Henry, à gauche, à l'époque où il dirigeait les Voyageurs d'Ottawa Est. Alain Vigneault faisait partie de son équipe. Il est le plus grand joueur avec le 'A' sur son chandail dans la rangée arrière.

«Il a joué pour mon équipe des Voyageurs d’Ottawa-Est quand il était encore un jeune gamin de 12 ou 13 ans. Ça se voyait tout de suite qu’il était talentueux. Il était haïssable aussi! Un bon vivant. Il venait d’une famille aisée à Hull. Son équipement était toujours ce qu’il y avait de mieux sur le marché. C’était un vraiment bon joueur qui aurait pu faire carrière dans la LNH si les Blues de St-Louis n’avaient pas voulu en faire un dur. Aussitôt arrivé, ils l’ont envoyé se battre.»

Un appel tardif

La carrière de Vigneault s’est limitée à 42 matches dans la LNH comme joueur. À 26 ans, il est devenu l’entraîneur-chef des Olympiques de Hull, mais c’est à Trois-Rivières, chez les Draveurs qu’il avait fait ses débuts derrière le banc d’une équipe de la LHJMQ.

«Je lui avais dit qu’un jour, il faudrait qu’il vienne coacher chez lui. À l’époque, il n’avait pas démontré un grand intérêt. Il m’avait dit que ça allait bien à Trois-Rivières. De toute manière, entre Pat Burns et lui, ce n’était pas le grand amour! Mais quand il a été limogé à Trois-Rivières, je suis revenu à la charge.»

En fin renard, Charles Henry n’avait pas téléphoné à Vigneault immédiatement. Il espérait que Vigneault accepte de revenir à la maison en courant.

«Quand je l’ai appelé, la première chose qu’il m’a dite, c’est que ça m’avait pris du temps avant de l’appeler! Il était arrogant comme ça! C’était son humour.»

Les deux hommes avaient convenu de se rencontrer à Rigaud. Une formalité. Alain Vigneault allait remplacer Pat Burns, devenu entraîneur-chef du club-école du Canadien de Montréal à Sherbrooke.

Franc et direct

Le duo Henry/Vigneault a remporté la coupe du Président dès son premier essai. En cinq ans chez les Olympiques, Henry a découvert un entraîneur chevronné et articulé.

«Alain ne laissait jamais rien traîner. Il disait toujours ce qu’il pensait aux joueurs et à moi aussi. Il était dur, mais il était près des joueurs. Dans nos voyages, il lui arrivait d’aller jouer aux cartes avec les joueurs à l’arrière de l’autobus. Il était bon tacticien. J’étais convaincu qu’il aurait sa chance dans la LNH.»

C’est tout près de la maison que Vigneault a fait ses premiers pas dans la LNH. Pendant quatre saisons, il a été entraîneur-adjoint chez les Sénateurs d’Ottawa, un club d’expansion, mais il a dû revenir dans la LHJMQ pendant deux saisons à Beauport avant de retourner dans la LNH par la grande porte dans le rôle d’entraîneur-chef du Canadien de Montréal.

«Il n’a pas eu peur de se retrousser les manches et revenir dans le junior, deux fois plutôt qu’une. Il est allé à l’Île-du-Prince-Édouard aussi.»

La coupe manquante

Ce qui manque au palmarès de Vigneault par rapport à Burns et Claude Julien, c’est une coupe Stanley. À Philadelphie, avec l’ancien Olympique Claude Giroux comme capitaine, la possibilité existe.

«Ça va lui prendre un gardien en grande forme. Ils ont une bonne équipe à Philadelphie. De nos jours, quand ton gardien fait le travail, tu as des chances. Sinon, ça augure mal. Ce n’est pas comme dans l’ancien temps des Oilers d’Edmonton...»

Charles Henry

Mise à jour santé

Henry dit avoir parlé à Vigneault pour la dernière fois à l’automne. Atteint d’une tumeur lymphatique depuis 2018, l’homme de hockey de 82 ans aura une dernière séance de chimiothérapie mercredi. Il se porte bien. Il était fort enjoué durant l’entrevue avec Le Droit. Assurément, une discussion de hockey soulève encore son enthousiasme.