Hugo Carpentier
Hugo Carpentier

LNAH: Carpentier et Jalbert songent sérieusement à la retraite

Sylvain St-Laurent
Sylvain St-Laurent
Le Droit
La Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) a lancé la serviette.

Impossible pour ses six formations d’organiser une saison complète pendant la pandémie.

Cette décision aura un impact sur la vie de quelques hockeyeurs de l’Outaouais.


« Je pourrai dire que la COVID-19 a eu raison de ma carrière. »
Hugo Carpentier

Certains joueurs contactés par Le Droit, au cours des dernières heures, vont en profiter pour accrocher leurs patins.

« Je pourrai dire que la COVID-19 a eu raison de ma carrière », souffle Hugo Carpentier.

Le centre hullois de 32 ans a passé les neuf dernières saisons dans le circuit semi-professionnel québécois.

Il s’est joint aux Marquis de Jonquière, en 2011, au terme d’un court séjour de trois ans chez les pros.

Choix de quatrième ronde des Flames de Calgary, il a essentiellement fait la navette entre la Ligue américaine et l’ECHL.

« J’étais toujours dans mes valises. Ça m’avait un peu enlevé le goût de jouer au hockey. Même si j’ai reçu plusieurs offres du côté de l’Europe, j’ai choisi de rentrer à la maison, à 23 ans, pour me concentrer sur l’après-carrière. J’ai décidé de continuer à jouer, un peu, dans la Ligue nord-américaine. À Jonquière, je peux te dire que j’ai retrouvé le goût de jouer », affirme-t-il.

L’hiver dernier, dans l’uniforme du club de Thetford Mines, Carpentier a connu une saison de 44 points en 33 parties.

« J’ai été le sixième meilleur marqueur de toute la ligue ! Ça me dit que je suis toujours capable de jouer au hockey, même si je suis un peu plus vieux. »

« Pour être honnête, je pensais jouer une dernière saison », dit le jeune père de famille qui vient de se lancer en affaires dans le domaine des revêtements extérieurs et des balcons.

Hugo Carpentier

« Le hockey est passé au deuxième plan, ces dernières années. »

« Mais ça me joue tout le temps un peu dans la tête... »

L’an dernier, quand il quittait l’Outaouais pour aller rejoindre ses coéquipiers, le week-end, Carpentier avait de la compagnie. Deux autres joueurs de sa région – l’ailier Vincent Dunn et le défenseur Dominic Jalbert – comptaient parmi ses coéquipiers.

Jalbert, qui vient de fêter ses 31 ans, songe lui aussi à la retraite.

« Cette année, je me suis impliqué dans le coaching, au niveau collégial, avec les Griffons. Je n’aurais probablement pas été capable de jouer une saison complète. J’aurais peut-être joué entre cinq et 10 matches, selon mes disponibilités. »

Avant de se joindre à la LNAH, à l’automne 2019, cet ancien des Gee Gees de l’Université d’Ottawa avait passé quatre saisons en France.

« J’ai l’impression d’avoir fait ce que j’avais à faire. Je suis très, très content de ce que le hockey m’a donné. Je suis content d’avoir eu la chance de jouer dans le semi-pro. Ça m’a donné une belle opportunité de vivre la transition, après avoir joué à temps complet en Europe. »

Dunn, qui est un peu plus jeune, entend profiter des prochains mois pour s’investir davantage dans ses autres projets. Avec son partenaire, Storm Phaneuf, il s’occupe notamment du volet féminin du programme sport-études de la polyvalente Nicolas-Gatineau.

Chabot continue

Il reste bien un irréductible de la LNAH, dans l’ouest de la province.

L’ancien capitaine des Olympiques de Gatineau, Jean-Philip Chabot, a l’intention de poursuivre sa carrière dans la LNAH, quand ce sera possible.

L’amour du sport le pousse à traverser la province, chaque semaine, pour aller jouer des matches à Rivière-du-Loup.

Il s’impose ce rythme de vie depuis maintenant cinq ans. Il est prêt à le faire pendant un petit bout de temps, encore.

« J’ai la chance d’avoir un emploi et une situation familiale qui me le permettent », commente l’athlète de 32 ans.

« Je vais continuer à m’entraîner, entre trois et quatre fois par semaine. Je ferai de la course, du vélo stationnaire... J’ai un petit gym dans mon sous-sol. Je vais me faire une patinoire dans ma cour. Ma petite fille de trois ans et demi va en profiter plus que moi, mais je vais m’amuser quand même. Quand la santé publique le permettra, je recommencerai à jouer dans mes ligues de hockey, ici et à Ottawa. »