Une dame bien connue dans la région, Lise Waters délaissera en juin la présidence de Loisir Sport Outaouais. Un poste qu'elle occupe depuis 1988.

Lise Waters quittera la présidence de LSO

Ce n'est pas une page de l'histoire sportive de la région qui sera tournée en juin, mais bien un de ses chapitres importants.
L'entité qui chapeaute les associations à Gatineau, dans la Petite-Nation, le Pontiac et en Haute-Gatineau devra se trouver une nouvelle présidente pour la première fois en trois décennies. Lise Waters a décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat à la tête de Loisir Sport Outaouais (LSO).
« Comme tout le monde, je vieillis », lance l'enseignante à la retraite, qui vient de fêter ses 78 ans.
« Il est temps que quelqu'un autre d'autre prenne la place, ajoute-t-elle au bout du fil. Ma santé ne me le permet plus. Je n'ai pas toujours été disponible récemment et ce n'est pas dans mes habitudes d'être absente à des événements. »
Mme Waters a été élue en 1987 au conseil d'administration de Loisir Sport Outaouais - à l'époque l'Unité régionale des loisirs et des sports de l'Outaouais (URSLO). Une année plus tard, elle aboutissait à la présidence.
« Trente ans, c'est tout un contrat », avoue-t-elle.
« J'ai vu le monde du sport évoluer. J'ai vu presque deux générations de sportifs. Oui, je sais que je vais m'ennuyer. »
Mais il fallait penser à elle.
Son corps a subi une raclée, il y a quatre ans.
La grande dame du sport en Outaouais a dû livrer son plus important combat. Son adversaire n'était pas un fonctionnaire qui tenait les cordons de la bourse.
C'était plutôt une septicémie. Un duel qu'elle a livré en privé, loin des manchettes que font les athlètes. Une infection générale et grave qui peut s'avérer souvent mortelle. « Je suis une des chanceuses qui a réussi à survivre », explique Lise Waters.
« C'est une maladie du sang. Une bactérie. Cela a mené à des problèmes cardiaques. J'ai dû prendre plusieurs médicaments très forts pour m'en remettre. J'ai perdu tous mes cheveux et même une couche de peau. Les médecins m'ont dit que je ne remarcherais jamais. »
Ces gens se sont trompés.
À l'image d'un boxeur, Waters a gagné la bataille de rue. Et elle peut se déplacer à nouveau. « Mais j'ai besoin d'une marchette », précise-t-il.
« Le reste de ma santé va bien. Je ne souffre pas. Les jambes restent quand même faibles. Je ne peux plus aller au centre sportif, même s'il y a un air de stationnement pour personnes handicapées. »
Parlons justement de ce centre sportif qui a ouvert ses portes il y a déjà presque sept ans. Sa construction a été un des beaux moments du passage de Lise Waters à la tête de Loisir Sport Outaouais.
Elle fut une des nombreuses bénévoles « à tellement crier » pour doter Gatineau d'une telle infrastructure. « Regarde tout ce qui se passe là-bas. Je peux te dire que ce n'était pas un luxe d'avoir ça. C'était un besoin majeur », laisse tomber cette ancienne skieuse récréative.
L'entretien aura duré une quarantaine de minutes. Le journaliste l'appelait au départ pour prendre de ses nouvelles. Puis aussi pour jaser de la rumeur qui circulait. Qu'elle avait décidé de quitter la présidence de Loisir Sport Outaouais. Que cette fois-ci, c'était vrai.
Il a été question de ses deux filles, de leurs enfants. De son bénévolat sportif qui a commencé en badminton dans les écoles de l'Outaouais durant les années 1960 pour ensuite déborder dans le ski alpin, la gymnastique et la natation.
Sports Québec a même fait appel à elle au fil des ans. Même chose pour la Ville de Gatineau quand est venu le temps de se battre pour obtenir la finale des Jeux du Québec de 2010.
On retient un commentaire de sa part.
Que l'Outaouais sportif a grandi depuis 30 ans. « Au début, je me souviens que peu de jeunes gagnaient des médailles aux Jeux du Québec. Nous avions même de la misère à trouver des athlètes », s'est souvenue Lise Waters.
« Regarde les récoltes aujourd'hui... La région s'est tellement améliorée. C'est le jour et la nuit. »
Les athlètes sont plus nombreux et meilleurs. Ils sont aussi mieux encadrés par des entraîneurs mieux formés. Et tout ce monde profite de meilleurs plateaux.
En raccrochant, on avait la nette impression que la grand-mère était fière du chemin parcouru par sa région depuis le milieu des années 1980.