Le camp d'entraînement de l'Impact donne la chance à des jeunes joueurs de se faire valoir.

L’Impact fait rêver six membres de l’Académie en les invitant au camp

MONTRÉAL — Jonathan Sirois n’a que 18 ans, mais pour son âge, il est un jeune homme déjà assez lucide. Au point où il a pris les moyens au cours des dernières semaines pour ne pas revivre ce qu’il a vécu il y a un an, alors qu’il participait à un premier camp d’entraînement de l’Impact de Montréal à titre de porte-couleurs de l’Académie.

Sirois, un gardien de but, était de retour parmi les «grands» cette semaine au Complexe Marie-Victorin, muni d’un bagage de connaissances beaucoup plus vaste qu’en 2019 et avec des objectifs bien définis en vue de 2020.

«C’est sûr que je suis un peu moins stressé, évidemment, mais ça m’a aussi permis de venir ici avec une mentalité un peu différente», a déclaré Sirois, au sujet de ce qu’il a retenu de son expérience de 2019.

«L’année passée, je ne savais pas trop comment tout allait être. C’était beaucoup d’apprentissage, analyser comment ça fonctionne, comment réagir. Cette année, je suis arrivé davantage avec une mentalité ‘Je veux prouver que j’ai ma place’, tout faire pour décrocher un contrat. C’est un peu entre mes mains, et je contrôle ce que je peux contrôler», a-t-il évoqué.

À écouter Sirois parler de son expérience au camp de l’Impact il y a un an, on peut facilement conclure que rien n’a été facile. En fait, on pourrait résumer son expérience à l’aide d’un seul mot: souffrance. Il l’avoue : il a peiné au niveau cardio-vasculaire.

«J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup souffert. Je n’étais pas vraiment à niveau, je n’étais pas assez prêt. C’est ce point-là qui m’a vraiment fait mal, physiquement. J’avais de la misère à suivre le groupe, à suivre le rythme», a-t-il admis.

«Cette année, on a un nouveau préparateur physique et on ne sait pas comment ça va être, ce qu’il va faire. Mais j’ai pris des mesures pour me préparer, peu importe ce qui arrive. Je me suis pris un préparateur physique personnel. À l’Académie, on a aussi une sorte de calendrier à suivre pendant la période des Fêtes pour garder la forme. Normalement, c’est pour se maintenir, mais moi, je me poussais vraiment dans ces séances-là pour essayer d’aller chercher le plus de gains que je pouvais dans le peu de temps que j’avais», a aussi raconté le jeune homme.

Sirois veut profiter du camp qui s’amorce, et qui déménageait ses pénates vers Orlando, en Floride à compter de jeudi, pour gravir une marche de plus dans son cheminement de carrière et mériter un contrat avec la première équipe.

«Ce que je contrôle, c’est sur le terrain. Ce sont mes performances, comment je me prépare, comment je performe et comment je récupère, après. Si je démontre ce que j’ai à démontrer, je démontre mes talents, mes qualités, après c’est au staff de prendre les décisions», a-t-il dit.

«Je donne tout en ce moment pour que ça se fasse le plus vite possible, a ajouté Sirois, en parlant d’une signature potentielle avec le club de la MLS. Mais je ne me précipite pas. Si ça vient plus tard, ça vient plus tard. Je ne m’impose pas plus de pression.»

Fierté

Sirois est l’un des six membres de l’Académie invités au camp d’entraînement de l’Impact, bien que seulement quatre étaient sur place, mardi. Les deux autres prendront part à la seconde portion du camp, à partir du 3 février.

Parmi les quatre «Académiciens» présents mardi se trouvait Keesean Ferdinand, un défenseur de 16 ans qui peut autant jouer au centre que sur les flancs. Ce dernier ne pouvait cacher sa fierté.

«C’est la somme de beaucoup d’efforts qui, maintenant, portent fruit. J’ai travaillé pour ça, et voilà que je suis récompensé. Je suis vraiment honoré», a affirmé Ferdinand, qui a appris la bonne nouvelle vendredi.

Par ailleurs, Ferdinand sait très bien qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

«Je suis loin d’être arrivé au point final, je dois encore beaucoup travailler et faire mes preuves. C’est comme le début pour aller vers ce chemin-là», a poursuivi celui qui a fait partie de l’équipe canadienne U17 qui a pris part à la Coupe du monde U17 au Brésil en 2019 et qui évolue aussi avec l’Impact U19.

Ce mélange d’humilité et d’ambition est un des éléments-clés du quotidien de l’Académie, a d’ailleurs laissé entendre son directeur, Philippe Eullaffroy.

«Pour eux, je ne veux pas dire que c’est un aboutissement parce qu’ils savent que c’est loin d’être un aboutissement, c’est simplement une étape. Mais ça représente une validation montrant qu’ils sont sur la bonne voie et que jusqu’à présent, ils ont plutôt bien fait les choses», a-t-il noté, en parlant des joueurs invités au camp.

«Les conseils qu’on peut leur donner, c’est d’être eux-mêmes, mais surtout, de continuer à faire les choses qui leur ont permis de vivre ces moments-là et de continuer à mettre en avant les valeurs qu’on leur a enseignées, c’est-à-dire être toujours respectueux, bien élevé, être proactif au niveau du coup de main qu’ils doivent donner au staff en permanence. Donc, d’avoir cette humilité, car c’est super important, mais également être ambitieux dans le jeu et ne pas être timide», a-t-il résumé.