Claude Quesnel était souvent ému en voyant ses athlètes battre des records personnels ou monter sur le podium.

L'homme qui formait des champions

Claude Quesnel était souvent ému en voyant ses athlètes battre des records personnels ou monter sur le podium. Il lui arrivait de verser quelques larmes en les voyant célébrer de joie. Depuis quelques heures, ce sont ses anciens athlètes qui essuient des larmes pour l'homme qui a longtemps été à la barre du club d'athlétisme de la Petite-Nation. L'ancien ultra-marathonien de Saint-André-Avellin est décédé plus tôt cette semaine à l'âge de 67 ans.
« Ça me touche beaucoup. Je n'arrête pas de me souvenir de tous les moments vécus avec lui », avoue Marie-Hélène Ratel, qui a remporté une médaille aux Jeux du Québec en 2005 à Amos. Elle souligne que Quesnel s'était déplacé en voiture afin d'encourager elle et ses coéquipières en Abitibi, même s'il n'était pas l'instructeur désigné de la délégation outaouaise.
« Il a été mon entraîneur pendant une bonne dizaine d'années. Il a été un gros morceau de ma vie (...) Il avait tellement d'amour pour chaque athlète qu'il croisait sur son chemin. Il croyait tellement dans chacun d'eux. »
Sonia Chartrand a appris à lancer le javelot sous les ordres de Quesnel, participant même aux Jeux de la Francophonie en 2013 à Nice. Elle n'a pas oublié une des phrases favorites de l'entraîneur qui a formé plusieurs champions provinciaux, de l'entraîneur maintes fois primé par Loisir Sport Outaouais et la Fédération québécoise d'athlétisme.
« Quand il voyait un athlète réussir quelque chose à l'entraînement, ça lui arrivait souvent de dire : j'en ai des frissons... C'était sa fierté de nous voir progresser, a rappelé l'ancienne athlète devenue enseignante en éducation physique. C'était un homme passionné... plein de bonté. Il s'est donné corps et âme pour nous. Il était là pour nous autant dans les réussites que les moments difficiles. Il avait aussi beaucoup de patience. Et on sait tous que ce n'est pas toujours facile à l'adolescence. »
Les témoignages se sont succédé depuis l'annonce de sa mort jeudi par l'Association pour personnes handicapées de Papineau, un organisme pour lequel Claude Quesnel était bénévole. « Il a touché tellement de monde », a souligné Ratel, qui est maintenant journaliste à Toronto.
Donald Côté, lui, s'est recyclé en entraîneur d'athlétisme après sa carrière en tant que marcheur sur la scène nationale. Il a même fondé son propre club à Gatineau.
Quesnel a été son premier instructeur à l'âge de 16 ans.
Le Club d'athlétisme de la Petite-Nation a connu ses plus beaux moments en 2010 lorsque les Jeux du Québec se sont déroulés à Gatineau. Ses athlètes ont gagné 12 médailles pour l'Outaouais sur la piste et pelouse.
Tout ça malgré des moyens limités à l'entraînement. À l'hiver, les athlètes couraient dans les corridors et escaliers de l'école secondaire Louis-Joseph-Papineau. L'été, ils en faisaient de même sur une vieille piste extérieure en garnotte à Saint-André-Avellin.
Claude Quesnel avait une explication toute simple pour les succès du club qu'il a joint en 1989, puis dirigé entre 2003 et 2013. « La fierté », avait-il souligné au journaliste du Droit, il y a sept ans.
« Tu demandes aux gens de Gatineau de quelle région ils proviennent et ils te diront l'Outaouais. Tu poses la même question aux gens de la Petite-Nation et ils te répondront la Petite-Nation. Nos jeunes sont fiers. Ils sont aussi passionnés. »
Fiers et passionnés comme l'aura toujours été leur coach jusqu'au fil d'arrivée.