Les Olympiques remportent la Guerre de la 50

Les batailles ont été corsées. L'Armada de Blainville-Boisbriand a été une adversaire redoutable, mais dans le sixième duel, les Olympiques de Gatineau ont fini par couler la flotte laurentienne avec un gain de 4-1 et ainsi gagner la Guerre de l'autoroute 50.
C'était la fête dans les gradins du centre Robert-Guertin en ce dimanche de Pâques. Dans le temple de la rue Carillon, ils étaient près de 2700 croyants à assister au dernier assaut de leurs favoris. Ces partisans déchaînés ont été gâtés parce qu'ils n'ont pas eu à se ronger les ongles pendant les 60 minutes de jeu.
Après une première période sans but où les deux gardiens ont encore effectué des arrêts clés, deux défenseurs des Olympiques ont ouvert la marque dans la période médiane. Alex Breton a compté son premier but en carrière dans les séries éliminatoires de la LHJMQ à la quatrième minute de jeu. À mi-chemin dans la rencontre, Élie Bérubé a donné un coussin de deux buts aux siens. Ce but allait s'avérer celui de la victoire... pour cet ancien de l'Armada.
Joey Richard et Valentine Zykov ont mené l'attaque finale en portant la marque à 4-0 dans le dernier vingt. Danick Martel a privé François Brassard d'un deuxième jeu blanc consécutif en marquant le seul but de l'Armada avec moins de six minutes à faire au match. Le gardien de 20 ans était battu pour la première fois en 122 minutes et 15 secondes.
Quatorzième du classement général, la troupe de Benoît Groulx a ainsi renversé l'équipe de troisième position en six parties chaudement disputées. C'était de la musique aux oreilles d'Élie Bérubé.
«Cette victoire a une saveur particulière. Avant le début de la série, je ne nous voyais pas perdre contre eux. Ils m'ont échangé parce que dans le fond, ils ne me voulaient plus. Je voulais leur prouver qu'avec cette équipe, nous étions meilleurs qu'eux. J'étais vraiment content de marquer le but aujourd'hui! C'est un bel accomplissement pour notre équipe. Boisbriand a connu une grosse saison, mais de la façon dont nous avons fini la nôtre, ça nous a permis de rentrer fort dans les séries.»
Dans le camp perdant, Joël Bouchard n'avait pas à rougir. Son équipe a eu l'avantage du jeu dans la majorité des matches, mais elle n'est pas parvenue à aller chercher le but qui aurait fait mal.
«Nous avons manqué d'habiletés dans nos tirs. François Brassard a été très bon. Je suis déçu pour notre groupe parce que nous aurions mérité mieux. Contre Gatineau, nous savions que ce ne serait pas une partie de plaisir. Ce n'est pas une première ronde éliminatoire normale. Pour moi, c'était une demi-finale et il n'y a pas un match où nous avons été déclassés. Les Olympiques vont être fatigants dans leur prochaine série», a raconté l'entraîneur qui a vu son équipe s'incliner au premier tour des séries de la LHJMQ pour la première fois en quatre saisons.
Justement, la prochaine série des Olympiques les opposera à l'Océanic de Rimouski, gagnant du trophée Jean-Rougeau, remis à la meilleure équipe de la saison régulière. Elle sera disputée selon le format 2-3-2 et ça va débuter à compter de prochain.
Pour Benoît Groulx, la Bataille de la 50 aura été époustouflante du début à la fin.
«Nous venons de battre l'équipe la plus difficile à affronter. Maintenant, nous allons affronter l'équipe la plus talentueuse. On vient de battre Boisbriand. Ça veut dire qu'on peut battre n'importe qui.»
Les Gatinois ont sans contredit connu leur meilleur match de la série dimanche. Pour la première fois, ils ont dirigé plus de 20 rondelles vers le filet défendu par Samuel Montembeault. L'Armada a dominé la rencontre 32-27 au chapitre de tirs, mais la majorité des tirs venaient de loin et François Brassard a eu le temps de voir la grande majorité de ces tirs.
Le gardien de 20 ans a été un élément important dans les quatre victoires des siens. Il a complété la première ronde éliminatoire avec une moyenne de 1,95 but accordé par match et un pourcentage d'arrêt de ,936.
«De gagner cette série chez moi, c'est spécial. C'était très bruyant à Robert-Guertin et nos partisans nous ont apporté beaucoup d'énergie.»
Dire qu'aux Fêtes, il était sur le point de faire ses adieux à la LHJMQ. Il avait été libéré par les Screaming Eagles du Cap-Breton, mais une blessure de dernière minute à Brandon Whitney l'a ramené à la maison.
«Je suis content d'avoir la chance de jouer dans les séries pour la dernière fois de ma carrière. Dans notre vestiaire, il y a plein de gars qui ont soif de victoires.»
Benoît Groulx a d'ailleurs reconnu ce trait de caractère à la fin de la série.
«Trop de joueurs ont joué un grand rôle dans cette série. Contre une équipe comme l'Armada, c'est impossible de gagner avec la contribution d'un seul joueur. Les deux équipes méritent beaucoup de crédit. Nous sommes très choyés de pouvoir avancer. Nous avons des joueurs qui croyaient en nos chances et qui ont joué avec passion.»